La beauté et Platon – Le texte du dimanche (12)

Posté par corto74 le 4 avril 2010

La beauté et Platon - Le texte du dimanche (12) dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter ! peinture-1 dans zOne Dimanche cuLture !                                                                                                                                         La prêtresse Diotime, instruit Socrate de la sagesse dans les choses de l’amour:

 » DIOTIME – Toi-même, tu pourrais t’initier aux mystères de l’amour. Mais je ne sais si tu seras capable de parvenir au degré ultime de cette démarche. Je vais quand même t’en expliquer les étapes. Essaye de me suivre. Pour suivre ce chemin et atteindre son but, il faut commencer dès son jeune âge à rechercher la beauté physique. Il faut n’aimer qu’un seul corps et, à cette occasion, dire de belles paroles. 

Ensuite, il faut comprendre que la beauté d’un corps est semblable, comme une sœur, à la beauté d’un autre corps. Il convient de rechercher la beauté des formes, celle qui se trouve dans tous les corps. Arrivé à cette vérité, on doit devenir l’amant de tous les beaux corps, abandonner l’amour impétueux pour un seul, comme une chose qui ne mérite que dédain. Puis, on considérera la beauté de l’âme comme plus précieuse que celle du corps, jusqu’à ce qu’une belle âme, même dans un corps peu attrayant, nous suffise à engendrer de belles paroles. On sera alors amené à considérer la Beauté dans les actions et dans les lois, à voir qu’elle est toujours la même, dans tous les cas. On en arrivera à regarder la beauté du corps comme peu de chose. 

Enfin, on passera aux sciences et on en découvrira la beauté. On sera alors parvenu à une vision globale de la Beauté. On ne s’attachera plus à la seule beauté d’un seul objet. On cessera d’aimer un enfant, un homme, une action. On sera désormais tourné vers l’océan de la Beauté, en contemplant ses multiples aspects. On enfantera sans relâche de beaux et magnifiques discours. La sagesse et la pensée jailliront de l’amour qu’on a, jusqu’à ce que notre esprit aperçoive la science unique, celle de la Beauté en soi. 

Celui qu’on aura guidé sur le chemin gradué de l’amour découvrira une beauté merveilleuse, une Beauté éternelle qui ne connaît ni la naissance ni la mort, qui jamais ne change. Cette Beauté qui ne se présente pas comme un visage ou comme une forme corporelle, elle n’est pas non plus un raisonnement, ni une science. Cette Beauté existe en elle-même et par elle-même, simple et éternelle, et d’elle découlent toutes les belles choses. Lorsque grâce à l’amour bien compris des jeunes gens, l’on s’est élevé au dessus des choses sensibles jusqu’à cette Beauté en soi, on est proche du but. C’est cela le véritable chemin de l’amour, que l’on s’y engage soi-même ou que l’on s’y laisse conduire. Il consiste, en partant des beautés sensibles, à monter sans cesse vers la Beauté surnaturelle en passant, comme par des échelons, d’un beau corps à deux beaux corps, puis de deux beaux corps à tous les beaux corps, enfin des beaux corps aux belles actions, et des belles actions aux belles sciences. Pour aboutir à cette science qui n’est autre que celle de la Beauté absolue, et pour connaître enfin le Beau tel qu’il est en soi.

Si la vie vaut la peine d’être vécue, c’est à ce moment: lorsque l’humain contemple la Beauté en soi. Si tu y arrives, l’or, la parure, les beaux jeunes gens dont la vue te trouble aujourd’hui, tout cela te semblera terne. Songe au bonheur de celui qui voit le Beau lui-même, simple, pur, sans mélange, plutôt que la beauté chargée de chairs, de couleurs et de cent autres artifices périssables… »

Platon – Le banquet – ( extrait )

i2fuj9uzD’accord, pas d’accord: vous pouvez envoyer votre texte du dimanche à : atoilhonneur@voila.fr

17 Réponses à “La beauté et Platon – Le texte du dimanche (12)”

  1. Didier Goux dit :

    Prem’s ! (Bon, je vais lire)

    Didier Goux, blogueur infantile.

  2. Marianne ARNAUD dit :

    Oh la la ! tout ça c’est trop fort pour moi. J’attends de voir ce que Didier Goux va en dire !
    Moi je dirais, qu’avant de sortir, ce matin, je me suis regardée dans la glace et je n’ai pas aimé ce que j’y ai vu. Malheureusement je n’ai pas pensé à regarder ma beauté intérieure.
    J’ai eu un très bon ami qui avait eu une petite copine particulièrement belle qui me disait : « L’ennui avec la beauté c’est qu’on s’habitue et au bout d’un moment on ne la voit plus ! »
    Voilà c’est tout ce que m’inspire ce sermon de Platon.
    @ Didier Goux
    Eh bé ! c’est pas trop tôt !

  3. boutfil dit :

    après un gigot arrosé copieusement et un super dessert chocolaté, comment veux-tu que je penses autant?? d’autant que ma beauté…maintenant……
    biz l’intello-du-week-end……

  4. corto74 dit :

    @didier goux: et donc ?

    @marianne:fut une époque où seule la beauté physique m interessait, un jour, il y a 7 ans environ j ai lu ce banquet et Platon m’ a bien plu. La beauté physique ne suffit pas pour rendre un homme heureux et comme le dit ton ami, seule , elle ne peut que lasser, on s y habitue.Mon vécu d’alors me le rappelait chaque jour. Bisous

    @boutfil: Il se fait tard, ce dimanche de Paques fut fort sympathique aussi,mon gigot parfait, le bordeaux jouissif, une BELLE journée. La soirée moins raisonnable, il falait feter la victoire et franchement, je n ai rien d un intello, en tout cas a cette heure , bises

  5. Marianne ARNAUD dit :

    Donc rien, mon cher Corto, du moins pour le moment.
    A mon avis il faut laisser Didier Goux cogiter.
    Son dernier papier concernant Benoît XVI est extrêmement percutant.
    L’Eglise catholique est devenue le bouc émissaire de toute une société imbécile et féroce.
    Et cela nous éloigne du « bonheur de celui qui voit le Beau lui-même ».
    @ Didier Goux
    J’espère que vous me pardonnerez de ne pas commenter sur votre blog. Mais quand j’ai commencé à écrire sur le net, Dieu sait pourquoi, je me suis donné certaines limites. Et s’il m’arrive d’aller traîner mes guêtres ici où là je ne commente que chez Corto, je ne suis inscrite nulle part sauf sur Slate.

  6. Didier Goux dit :

    Marianne : pas de problème, commentez où vous voulez, bien sûr !

    Pour le reste (Platon, je veux dire), eh bien… joker ! Je ne sais pas si ce sont les cloches de Pâques qui carillonnent sous ma caboche (wekk-end pascal à l’eau minérale, pourtant…), mais je n’ai aucune idée sur rien. Que Platon aille se faire reluire la membrane sans moi…

  7. corto74 dit :

    @didier goux: allons bon, la nuit fût sèche ? Ce pauvre Platon ne merite pas votre courroux matinal, lui qui sut éclairer 20 ou 25 siècles de philosophie à venir ! pffff. allez un p’tit pastaga et ca ira mieux !

  8. Marianne ARNAUD dit :

    Et bien, mon cher Corto, voilà qui s’appelle une défausse, et pas des plus glorieuses de la part de l’ami Didier Goux !
    Mais je lui pardonnerai beaucoup ce matin car j’ai lu son « Mariage polonais » en attendant que tout le monde se réveille et c’est un véritable bijou : bijou contemporain, bien sûr, baroque et salace (mais juste ce qu’il faut, salace) avec un fond de tendresse (pas si courant que cela dans nos sociétés postmodernes plutôt portées sur le cynisme).
    Je vais arrêter là mes compliments, car la dernière fois que j’en ai fait un à un de vos blogueurs linkés, j’ai pris en retour une bonne claque qui m’a guérie à tout jamais d’aller commenter chez les uns et chez les autres.
    Ici, je sais qu’il y aura mes copines qui me défendront si d’aventure cela devait m’arriver encore !

  9. corto74 dit :

    @marianne: ce n est pas une défausse, c’est du Didier Goux pur jus ! C’est vrai que son mariage polonais était bien pondu mais faut pas lui dire, il va en rougir!
    Par ailleurs, un de mes linkés vous aurait mal reçu ? Pas possible, il n a pas du comprendre votre message…

  10. Didier Goux dit :

    C’est en effet une défausse ! Je débite assez de conneries comme ça à propos de la littérature voire de la musique pour ne pas en plus m’attaquer à la philosophie, à laquelle je n’entends à peu près rien.

    Marianne : votre appréciation me fait grand plaisir et je ne songe ni à m’en cacher ni à ne le pas savourer, ce plaisir.

    (Et attendez de lire mon mariage zoulou et mon Pacs guatémaltèque !…)

  11. Marianne ARNAUD dit :

    @ Didier Goux
    Ah bon ! Vos mariages à la queue-leu-leu ?

  12. boutfil dit :

    Allons ma chère Marianne, pourquoi penser que Didier Goux vous collerai une baffe? l’as l’air bien policé ce garçon
    ceci dit, moi, je ne commente plus chez lui, c’est des caids!! j’ai bien essayé et un intello m’a sommé de produire des pièces justificatives…..
    non, non, je reste ici aussi comme vous…. avec les copines…..chez notre Corto bien-aimé…..
    je ne suis suis qu’une petite mamie limitée moi!!!!

  13. Marianne ARNAUD dit :

    Ma chère Boutfil, je me méfie de ces intellos à l’ego surdimentionné, voilà tout !
    Vous leur faites un compliment et ils vous font sentir qu’il se sentent supérieurs à vous. Notez que c’est un peu bête parce que cela signifie qu’ils pensent qu’il n’y a que des gens qui leur sont inférieurs qui peuvent les admirer.
    Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé avec Didier Goux où c’est plutôt moi qui l’ai un peu cherché.
    De toutes les façons, vous avez raison, on est très bien chez Corto, alors pourquoi aller ailleurs ?

  14. Didier Goux dit :

    M’âme Boutfil, ne vous laissez pas impressionner par mes commentateurs : ils adorent faire leurs intéressants dès qu’il y a une nouvelle dans la classe…

  15. LiKa dit :

    Ouais, moi j’ai fait l’inverse de ce que préconise la Diotime, et je fais les gros yeux à Platon.
    Combien d’années, dites, pour enlever de mon vocabulaire (et de mon esprit) les mots « absolu », « parfait », « suprême », « éternité », et j’en passe.
    Maintenant, paisible, je regarde le visage grave et les yeux aimants de Putzi, la tigrée, j’obéis au désir de Nora, qui veut que je brosse sa fourrure, trop épaisse pour la saison qui vient, et heureuse je l’écoute ronronner. J’attends, le soir venu, que rentre mon homofourbus, et on mange et on trinque.
    Le poète Omar Khayyâm, le plus grand astronome de Perse au XIème siècle, un grand inventeur en algèbre, ne pensait à la fin de sa vie qu’à s’enivrer de bon vin. Pour lui, la beauté, c’était cette jeune fille qui passe, ou ce jeune garçon. Les sciences, il s’en foutait, autant que de l’autorité des puissants. Nous restent ses superbes quatrains, émouvants et désabusés.
    En deux mots comme en mille, la plupart des idéalistes me tapent sur les nerfs. Mais le début de ce texte de Platon était intéressant, avant de se gâter.

  16. LiKa dit :

    J’ai oublié d’ajouter que Marianne m’a fait éclater de rire !
    Sur ce, je vais me cadrer,comme dit mon eau-frère. L’autre jour, en attendant que j’aille me coucher, Putzi sommeillait, la tête dans la main ouverte de Philippe endormi.

  17. corto74 dit :

    @lika: prendre les gens et la vie comme ils viennent, c’est cela ? ou n’ais je pas tout compris de ton commentaire ? Accrocherais-tu plus avec Epicure ? Bisous à pluche !

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