Si présente… – Folie passagère 374

Posté par corto74 le 11 juin 2010

Si présente... - Folie passagère 374 dans zoNe à  mOi wikio4 Voter !

histoire_des_fleurs dans zoNe à  mOiAujourd’hui,tu aurais eu 53 ans, mais ton corps fatigué, il y a bientôt 6 ans, a laché prise. Alors ce même jour de juin, c’est toujours un peu difficile. On y pense mais on n’ose en parler, la douleur est toujours un peu vive, normal, si jeune c’est injuste; une soeur en moins, encore plus con. C’est d’autant plus couillon que tu n’avais rien demandé à personne, une saloperie t’a saisie, petite, elle t’a accompagnée le reste du temps; il n’aurait pas dû être compté ce temps puisqu’à pleines dents tu la croquais la vie. Bien plus que certains, bien mieux que moi ? Il est de coutume, quand les gens partent, de dire qu’ils étaient biens, beaux, bons. Ton cas a été vite réglé, pas besoin d’évoquer, tout le monde le savait, c’était vrai. Tes parents, les miens, avaient l’habitude de t’appeler « leur rayon de soleil », logique, tu étais, malgré l’usure, lumineuse. Une fleur qui se fane, ce n’est pas plaisant à regarder, te voir peu à peu, fatiguée, t’éteindre fut une douleur au quotidien. Sans doute un calvaire pour toi et ton homme, une déchirure pour nous tous: la lumière n’a pas à s’éteindre. Je ne te jouerai pas du violon en t’avouant que, chaque jour, j’ai une petite pensée… Non, non, mais bien souvent à la vue des choses que tu as aimées, humant des odeurs que tu aimais respirer, en regardant la mer ou des chevaux sauvages, à chaque date symbolique, forcément, tu es là. Ces dates, nous autres, nous n’en parlons pas, nous sommes comme cela, chacun garde sa douleur pour lui, nous n’aimons pas, tu le sais bien, les commémorations. Ces cérémonies, après tout, c’est pour éviter les trous de mémoire, avec toi pas de danger qu’on oublie, tu es encore si présente. Aux derniers jours venus, tu continuais à vivre, à t’amuser, à  faire rire. Tout le plaisir était pour nous, quoi de plus sympa à contempler que quelqu’un qui n’oublie pas de vivre, au quotidien; un quotidien s’amenuisant, peu à peu. Pas facile de t’oublier, c’est bien ainsi, Marie. Aujourd’hui, tu aurais eu 53 ans, à 47 ans, ton corps t’a fait sauter du train en marche, c’est con un train, c’est con la vie, parfois, avec mes mots.

30-insolite-05D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

 

 

12 Réponses à “Si présente… – Folie passagère 374”

  1. LiKa dit :

    Quand j’ai vu les fleurs, je me suis écris: « Que c’st joli ! » Et ensuite, te lisant, j’ai pensé que tu évoquais la joie de vivre de ta soeur. C’est un billet qui me touche beaucoup.

  2. LiKa dit :

    Présente comme ces fleurs que tu nous offres. Et pardon pour la fote(« écriée », n’est-ce pas). Relire ton billet fait du bien.

  3. Marianne ARNAUD dit :

    Nous sommes sans doute nombreux, mon cher Corto, à avoir un jour , comme vous, perdu « un rayon de soleil » dont chacun, vous lisant, se souviendra.
    Je vous embrasse.

  4. galoune dit :

    J’aime quand tu parles d’elle!
    C’est beau quand tu parles d’elle!
    Beau grâce à elle, grâce à toi, grâce à l’amour.
    Fais de beaux rêves quand même mister Corto, doux anniversaire coûte que coûte, parce que Marie, elle aimerait ça!
    Bises.

  5. galoune dit :

    Tu supprimes si tu veux, mais tu n’as pas fait de lien, dommage!

    « Marie, elle est partie il y a plus de 2 ans; Marie, elle nous a quitté un soir de Juillet alors que je faisais la fête avec 2 de mes frères et quelques amis. Sur le chemin du retour, en voiture, avec Christophe, le téléphone a sonné et m’a transmis la mauvaise nouvelle: Marie est partie, Marie est tombée, Marie s’en est allée..;

    Sur le moment, je n’ai pas réagi plus que cela et pourtant, Marie c’est ma grande soeur ! Je n’ai pas réagi plus que cela car je savais que cela arriverait un jour, malade depuis si longtemps; il y a un moment où le corps fatigue, il n’en peut plus, il dit stop !

    Marie nous a quitté des suites d’une longue maladie, très longue; elle a toujours eu les reins déconnants, ça l’a usée. Modèle du genre pourtant, jamais démissionnaire, toujours volontaire, amoureuse de Jean Mi et de la vie, elle est partie?elle nous a laissée et je devrais dire merci?

    Oui, car Marie, une pêche d’enfer, une volonté de vivre inébranlable, un moral d’acier, des hauts et des bas, un mari amoureux, une joie de vivre, un caractère de cochon, un sourire à dérider la reine d’Angleterre, un soleil permanent, j’en passe et des meilleures?

    Oui Merci, car quel exemple tu as été, quelle joie tu nous apportes quand aujourd’hui encore nous t’évoquons; quelle humilité tu nous inspires quand nous avons quelques peines et souffrances?

    Tu te souviens, Marie, quand je t’accompagnai à l’hôpital pour tes visites; tu te souviens quand nous faisions des ballades à cheval; tu te souviens de la barrière de dégel un après-midi d’hiver; tu te souviens quand on se pliait en quatre pour que tu passes un bon Noël; tu te souviens de tes putains de dialyses si dures à supporter; tu te souviens du jour de ton mariage, tu te souviens du Petit Jean?

    Bien sûr que tu te souviens de tout cela, forcément, et plus encore?

    Moi je me souviens de tes sourires Marie, de ta joie de vivre, du bonheur de Jean Mi, du rayon de soleil, de ton putain de caractère, des souvenirs que nous avons, de la joie de Jérôme quand il t’évoque, de la fidélité dont témoignent aujourd’hui encore ceux qui t’ont connue, de ton caniche Ubu, de tes voyages insolites; oui, je me souviens de tout cela et bien plus encore?

    Et tout cela ne vaudrait pas un grand ? je t’aime ? , un grand merci ? »

  6. corto74 dit :

    @lika: merci … bises

    @marianne:je n aime pas trop ce genre de souvenir, je préfère la notion de présence . Bisous

    @galoune: voila que tu fouilles dans mes archives, terrible les blogs,tout traîne sur le net …ceci dit, elle le valait bien, c’était un sacré numéro, bises

  7. boutfil dit :

    Quand le soleil s’éteint, tout est noir, puis le lendemain, un autre soleil se lève, parce que la vie est tenace, alors on revit, peut-être moins bien ,peut-être moins vite peut-être plus vite, mais on continu le chemin, pas avec le même soleil, un autre auquel on s’habitue mais on oublie jamais l’autre soleil…..

  8. Didier Goux dit :

    Vous verrez, mon ami : au bout d’un quart de siècle d’injustice de ce genre, on finit par s’y faire.

    En réalité, on ne s’y fait pas vraiment, mais le temps passe tout de même. Et on en arrive à se reprocher de s’y faire. Même si ce n’est pas vrai.

    C’est très amusant, la vie.

  9. Tambour Major dit :

    « Passent les jours et passent les semaines
    Ni temps passé
    Ni les amours reviennent
    Sous le pont Mirabeau coule la Seine »

    Une pensée pour toi, en ce jour de mémoire. Demain est un autre jour. Bises.

  10. Didier dit :

    Difficile à commenter sinon à lire et en apprécier toute la profondeur.

  11. corto74 dit :

    @didier goux: ben mon colon, heureusement qu’elle est tout de meme amusante la vie parce qu’il y a tt de meme plein de motifs de la trouver chiante et lourde

    @tambour:merci. j’adore la version chantée de marc Lavoine

    @didier:demain est un autre jour,la vie continue

  12. Jean-Charles Rey dit :

    J’y pense et repensse depuis ce matin,
    Rien de bien talentuex à ajouté ,si ce n’est que je ne me souviens pas d’avoir un jour ressenti quelqu’un d’aussi sensible évoqué un « souvenir »avec autant de force!Amicalement

Laisser un commentaire

 

weekend |
blogprotectionanimale |
NATURALITE SAUVAGE |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | jerome2008
| AHL EL KSAR
| pachasirdarlin