L’étranger – Le texte du dimanche (23)

Posté par corto74 le 27 juin 2010

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L%27Etranger dans zOne Dimanche cuLture !L’étranger c’est le portrait d’un homme qui se dessine en creux, par déduction, par interprétation de ses pensées, de ses actes. A travers son célèbre héros, Meursault, cet homme au comportement « étrange », rétif au masque, au jeu social, Albert Camus décrit avec une prose aussi limpide que minimaliste, « la nudité de l’homme face à l’absurde ». Extrait:

 » C’était le même soleil que le jour où j’avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal et toutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j’ai fait un mouvement en avant. Je savais que c’était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d’un pas. Mais j’ai fait un pas, un seul pas en avant.

Et cette fois, sans se soulever, l’Arabe a tiré son couteau qu’il m’a présenté dans le soleil. La lumière a giclé sur l’acier et c’était comme une longue lame étincelante qui m’atteignait au front. 

Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils a coulé d’un coup sur les paupières et les a recouvertes d’un voile tiède et épais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. Je ne sentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, le glaive éclatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette épée brûlante rongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux. C’est alors que tout a vacillé. 

La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. 

Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé mes mains sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil. J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux.

Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût.

Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.« 

Albert Camus (1913-1960) – L’Etranger.

albert-camus-letranger-romanD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

20 Réponses à “L’étranger – Le texte du dimanche (23)”

  1. Didier Goux dit :

    Mouais… L’Étranger… Roman « faux », à mon sens. On essaie de nous faire croire que Meursault est en quelque sorte puni par la société parce qu’il se serait exclu d’elle volontairement. Or, ce n’est pas vrai, Meusault n’a rien d’un exclu, et la société n’a rien à faire de tout petits bonhomme grisâtres dans son genre. Sauf quand ils tuent un homme, évidemment.

  2. eusebeetcie dit :

    J’ai lu ce livre au lycée… mauvais souvenir!

  3. Marianne ARNAUD dit :

    Je ne comprends pas pourquoi, moi non plus, mon cher Corto, je suis mal à l’aise avec ce personnage de Meursault. Je n’arrive pas à en penser quoi que ce soit.
    Pourtant si les autres m’ont bu trois cubi de rosé « Domaine de la Goujonne », que je vous recommande, moi, je n’en ai pas bu du tout. Alors ?

  4. corto74 dit :

    @didier goux: « on  » essaie de nous faire croire ! ne croyez pas, prenez le bouquin comme il vient.Laissez l’analyse aux analyseurs !

    @eusebe: au lycée j’ai souvenir que ce bouquin m ‘emmerdait au plus haut point comme d’autres et je crois ne l avoir jamais lu en entier. Une fois encore, beaucoup plus tard, peut-etre parce que pas obligé ni contraint, j’ai lu et apprécié en particulier ce passage.

    @marianne: les autres ? vous ont ravi le rosé, les cuistres !
    Relisant ce livre il y a peu, je l’ai découvert, enfin et surtout parce que je ne l’ai pris que pour ce qu’il est, peut etre: une chronique d’un mec ordinaire, paumé, victime d’un soleil ensorceleur !
    a part cela, comment va ? bises

  5. Nouvel Hermes dit :

    Tout est faux chez Camus. Sauf dans « La chute » qui est son seul grand roman. « L’étranger » ou « la peste » sont du gnangnan qui se passent dans une Algérie où les arabes sont quasiment invisibles ce qui rend compte de ses oeillères. Moitié romancier, moitié philosophe, il n’est ni l’un ni l’autre. De la gauche molle. Le Mac Do de la pensée.Le degré zéro du style disait, je crois, Barthes pour l’encenser. Oui, degré zéro…

  6. corto74 dit :

    @nouvel hermes: Bienvenue ici, me voici honoré ! c’est curieux comment certains encensent et d’autres obscurcisent ! Camus, sans vulgarité aucune, je m ‘en tape un peu…sauf que… il me fit braire autrefois lycéen, je l’ai redécouvert il y a peu. et comme dit a didier goux, je me refuse a analyser, un livre n’est bien souvent qu’un livre, je le prend comme tel. Et ce passage, allez savoir pourquoi, me plait; c’est bien ainsi !
    Reviens qd tu veux !

  7. Marianne ARNAUD dit :

    A 7 heures 26, nous étions quatre en ligne, mon cher Corto, ce qui augure d’une certaine vitalité de votre blog, non ?
    Je vais très bien, merci ! Et j’ai repris mes « activités webiennes ».
    De plus, j’ai été accueillie à mon retour, par une très belle chanson à la mémoire de Louise Michel, mais peut-être en avez-vous entendu parler ?
    Au fait, je vous embrasse !

  8. boutfil dit :

    ‘jour’ tout le monde….
    MARIANNE!!! vous fûtes reviendue!!!! quel bonheur!! vous nous manquiez……..

    A part ça, j’ai rien à dire donc je la boucle..j’ai jamais lu Camus et pour l’instant j’en ai pas envie…je me souviens des bagarres verbales de cette peste de Sartre contre lui…d

  9. boutfil dit :

    OUPS!!!!!! dans les années où il commençait à faire la tournée des usines…Sartre à l’usine…ça m’a toujours bien faire rire ça!!!!! le pauvre Camus en prenanit pour son grade…..un jour, peut-âtre si j’en ai anvie, je lirai Camus….

  10. Didier Goux dit :

    Je serais assez d’accord avec Hermès, même si je trouve qu’il pousse le curseur un peu trop loin dans l’autre sens. La Chute amorce précisément une sorte de virage, une réflexion sur la « posture » que l’auteur lui-même a pu prendre en écrivant l’Étranger. Et il est sans doute dommage que cette nouvelle voie n’ait pu être explorée, pour cause d’accident mortel.

    Sinon, « Noces » et « L’Été » ne sont pas mal non plus, si mes souvenirs (lointains) sont exacts.

  11. corto74 dit :

    @marianne: 7h26 ! ménagez vous en ce retour de congé:) n ai pas entendu parler de cette chanson ? bises du matin

    @boutfil:Sartre , un germanopratin ( j’adooore ce mot ) visitant les usines ! cela devait etre grand. Bises

    @didier goux: merci du conseil ! En tt cas , ce Camus là ne laisse pas indifférent !

  12. Marianne ARNAUD dit :

    La chanson est ici, mon cher Corto :

    http://rachelarnaud.unblog.fr/2010/06/12/dans-les-ourlets-de-louise/

  13. corto74 dit :

    @marianne: Vu ! Crénom quelle famille !

  14. boutfil dit :

    @ MARIANNE je viens d’écouter!!! c’est…comment dire ….très très chouette…en tous les cas, j’aime beaucoup!!!!!

  15. Marianne ARNAUD dit :

    Chers Boutfil et Corto, j’espère que Rachel passera par là et qu’elle sera heureuse que vous ayez apprécié sa chanson.
    Il faudrait si c’est possible, mon cher Corto, et si vous avez encore son adresse, envoyer le lien à Christophe Cerino qui demandait de ses nouvelles, naguère chez vous.
    Je vous embrasse, ma chère Boutfil. Pour ce qui concerne Corto, c’est déjà fait et point trop ne lui en faut, surtout venant des dames !

  16. corto74 dit :

    @marianne: c’est fait !

  17. Marianne ARNAUD dit :

    A propos de « Crénom quelle famille », vous avouerais-je, mon cher Corto, que j’ai l’impression, et pas que depuis hier, que vous faites partie de ma famille !
    D’aucuns vont trouver cela complètement idiot, je sais. Mais c’est un fait !
    Et pour marquer le coup je vous rembrasse !

  18. corto74 dit :

    @marianne: touché ! sincèrement, vous embrasse à mon tour !

  19. LiKa dit :

    @ Nouvel Hermès : Votre « tout est faux chez Camus », me choque. Le mot « tout », surtout. Manquent les arguments.
    Moi aussi j’ai préféré « La chute » : mais choisir, pour confesser une lâcheté – le sujet de ce petit livre – un personnage à la langue presque « gidienne », cela aurait pu vous paraître encore plus « faux »… Le vrai et le faux en littérature, c’est passionnant mais pas balancé comme vous le faites.

    @ Didier Goux : Peut-on savoir de quel « on » vous parlez ?

    @ Corto : Le passage que tu as choisi , je le trouve réussi. Tant de choses ont été dites, autour de ce livre… ! Tu as ouvert une boîte de Pandore ! Et pardonne-moi d’avoir négligé les blogs ces jours derniers. Tiens, sur mon blog en panne, je vais mettre un texte tiré de « Peut mieux faire » où « La chute » fait de la figuration ! Bises

  20. corto74 dit :

    @lika: Pour m’étre promené dans le désert djiboutien et donc connaitre ainsi le poids écrasant du soleil, je trouve ce passage de l’etranger parfait dans la « retransmission » d’une certaine ambiance et l’impact subi par Meursault! bsies , j’m »en vais chez toi lire. Bises

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