Le spectacle continue – Le texte du dimanche (30)

Posté par corto74 le 22 août 2010

Le spectacle continue - Le texte du dimanche (30) dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

013 dans zOne Dimanche cuLture !Ce matin, dans le bigo, il m’a dit : « Je vais dormir comme cela je ne penserais pas à manger et ça m’aidera à attendre demain; quel demain ? J’espère que le chat lui aussi dormira, pas plus que moi, il n’a à manger… » La misère qui s’installe m’insupporte de plus en plus. La ville a beau être rose, qu’ils disent; rose ? pas pour tout le monde. T’inquiètes, bb, la vie continue, le spectacle aussi, avancer, avancer, toujours. La roue tourne, il y a des lendemains qui chantent, un jour, pour tout le monde; pour toi aussi. Les lignes qui suivent sont pour toi car elles ne te ressemblent pas, tu verras, tu n’as pas fini de sourire à la vie …

1170923426 » Marcher…. Avancer encore et toujours… Comme le reste de l’humanité qui s’agite autour de son propre nombril, pensant que se poser c’est mourir. Remarque, peut être qu’elle a raison cette humanité. S’immobiliser c’est prendre le risque de regarder derrière soi un instant. C’est se retourner sur tous ces rendez-vous manqués, sur tous ces mots qu’on n’a pas dit au bon moment, sur toutes ces histoires qu’on n’a pas vécues. C’est se regarder la vie… cette chienne de vie qui a toujours eu du décalage et du désordre dans ses hasards. Certaines destinées sont parfois chaotiques. Oh, pas de ce chaos qui t’emmènes plus bas que terre ou qui te fait bouffer de la misère à t’en faire une indigestion. Non, de ce désordre qui te donne un semblant de bonheur, une excuse pour accrocher un sourire à tes lèvres, comme un clown dessine son maquillage avant d’entrer en piste et de se projeter sous le regard des spectateurs. Mais qui le soir, dans la solitude de sa roulotte antédiluvienne ne se retrouve que face à son miroir de doutes et d’interrogations. Peut être aurait-il dû être trapéziste ou bien dresseur de fauves… Peut être que l’Amour est incompatible avec un nez rouge et que les chaussures trop grandes sont définitivement rédhibitoires pour ce genre d’histoire.

A la croisée des destins jaillissent parfois de froides étincelles qui d’apparence sont de feu mais qui de réalité sont froides et n’apportent qu’une impression de fourmillement là où on voudrait un brasier.

Est-ce que tout est en retard ou est-ce que je ne suis jamais satisfait et de mes actes et de ma vie ?

Un nouveau jour se lève sur la Seine paresseuse qui déambule sous le Pont Neuf. Indolente, insouciante, elle passe comme passent les heures de ma destinée, charriant son cortège d’immondices et parfois le reflet d’un rayon de soleil. Juste le reflet car le rayon est impalpable et restera toujours hors de portée. Il n’y a que les poètes à être capables d’en effleurer un du doigt.

Les heures et les minutes vont poursuivre leur course trop rapide qui ne me laisse plus de répit. M’abrutir de sommeil serait peut être un moyen… si le temps s’arrêtait aussi. Mais pas la peine de rêver, il continue inexorable sa folie déambulatoire, emmenant le monde là où il n’a peut être pas envie d’aller.

Un sax aphone lance un solo de Charlie Parker en provenance de la coulisse, côté jardin.

T’inquiètes…

Le spectacle continue. »

Anonyme, ici, nous le sommes tous, plus ou moins sur la toile.

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

14 Réponses à “Le spectacle continue – Le texte du dimanche (30)”

  1. Marianne ARNAUD dit :

    Quoique vous en disiez, mon cher Corto, le spectacle – quel spectacle ? – a bel et bien l’air d’être complètement en panne !
    Ou alors je n’y ai rien compris.
    La référence à Queen rend encore la chose plus flagrante.
    Ne m’en veuillez pas, je suis peut-être passée à côté de quelque chose, nobody’s perfect !
    Mais nous avons quelques experts littéraires sur ce blog, on verra bien ce qu’ils vont dire de ce texte.

  2. boutfil dit :

    le texte est si beau..et un solo de Parker, faut pas que je l’écoute en ce moment, ça me file encore plus le bourdon…
    continuer le spectacle, faire semblent de rire aux éclats, faire semblant de ne pas pleurer, faire semblant de s’en foutre…..
    oui, continuer cete chienne de vie…à moins qu’elle décide de s’arrêter d’elle même….

    comment va ta maman??

  3. corto74 dit :

    @marianne: nom d une pipe en bois, j’aurai aimé que vous perceviez l’intensité de ce texte: sa première partie qui m’appartient, la deuxième d’un anonyme du net ! Ne plus rien avoir, etre dans la galère mais il faut que la vie continue, faire le show, faire comme si tt allait bien… très, très difficile quand on est seul et sans famille … Bises a vous

    @boutfil: Comme tu dis, chienne de vie, faire comme si de rien n’était, ne pas faiblir, ne rien montrer, on n’aime pas ceux qui chutent, la vie continue ! A moins qu’elle ne s’arrête, cet ami est bien ds la galère et rien d autre a faire qu’a soutenir ,envoyer quelques sous et lui maintenir a distance la tete hors de l’eau !

    Pour la maman, pour 78ans et 25 agrafes sur le crâne et un trauma, elle s’en sort pas trop mal, quel caractère !
    bisous à toi

  4. LiKa dit :

    Corto, si j’entendais un ami me dire ça au téléphone, je lui dirais « attends-moi, je viens ! et ouvre-moi ! » Et me m’amènerais avec de la bouffe pour lui et le chat, des canettes, des bouteilles, de quoi fumer (s’il fume), et on parlerait ensemble de ce qui fait mal.
    Tout ça, je SAIS que tu sais le faire.
    Que le reste de l’humanité s’agite, qu’il s’agite. On peut pas changer les autres (on a tant de mal à se changer soi-même).
    Quand je me retourne sur le passé, sur les choses mal vécues, je me dis juste : « maintenant, j’agirai autrement. » Et foin de la culpabilité.
    Quant à l’Amour (tu vois, je suis ton billet, pas à pas) comme tu dis, je crois qu’il est plus sage de lui enlever ce grand A. L’amour est émouvant aussi avec son petit a, et si fragile, on doit s’y résigner. Et avec son petit a on le trouve partout, ce petit malin, t’inquiète.
    Ne pense pas (écoute Mémé Lika) à être satisfait de ta vie, de tes actes. Fais comme tu peux, et basta.
    On est comme la Seine, on passe. Et voilà. Le temps a la vitesse que tu veux bien lui donner. Tu as ce pouvoir. (Dans l’imbroglio des liens de ce billet, je suis tombée sur un chanson de Robert Lamoureux parlant de la paresse – qu’il refusait justement. La connais-tu ? Il n’y avait que les paroles, mais cela m’a fait du bien, comme un bon grog quand on a pris froid.)
    Toi, tu as l’air d’avoir froid à l’âme. Ce sont des choses qui arrivent. « T’inquiètes », comme tu dis.
    « Anonymes sur la toile » ? Pas tant que ça, Corto. Même que parfois, on reçoit de petites baffes. Mais on reçoit de l’amitié aussi. C’est justement pourquoi j’aime bien venir chez toi, parce que toi, tu sais être amical. Merci, précieux Corto. Et va dormir. Juste dormir. Pas t’abrutir de sommeil. Dans ton sommeil, je vais t’envoyer des ondes qui vont te redonner la pêche, tu vas voir. I kiss you good night.
    P-S : Oh, mon blog est stoppé momentanément : il était trop plein, et on n’a pas payé pour qu’il accepte les prochains textes. Phil va s’en occuper demain. Heureusement qu’on peut aller chez les amis ! Ca me rappelle une copine, qui me disait qu’elle était non seulement SDF mais SMF (Sans Mec Fixe).

  5. Marianne ARNAUD dit :

    Ah ! C’était donc cela ! Il ne s’agissait pas de littérature. Ce texte du dimanche c’était tout autre chose, et je suis tombée dans le piège.
    Je crois que Lika vous a fort bien dit ce que vous aviez sans doute besoin d’entendre.
    Quant à moi, mille regrets, mon cher Corto, je ne peux pas considérer la toile comme un lieu propice aux épanchements : show must go on !
    Cela ne m’empêche pas de vous embrasser très affectueusement et de souhaiter un très prompt rétablissement à votre maman.

  6. LiKa dit :

    J’ai eu l’impression d’avoir reçu une lettre, Corto, à laquelle j’ai répondre comme je pouvais. Bonne journée à toi.

  7. LiKa dit :

    @ Boutfil : je pensais aussi à toi… Quand ça va mal, pas évident de trouver la musique qui va panser les blessures. On fouille dans les CD, on hésite, on finit par trouver.
    Le spectacle ? Je ne sais pas, tellement dès que je suis ans une ambiance amicale, tout s’allège, et que le rire arrive, naturellement. Quand j’étais infirmière, dès que j’enfilais ma blouse, j’oubliais mes soucis devant ce réel où il fallait plonger. Ce doit être plus difficile d’être chômeur : solitude et manque de thunes, pas évident, je m’en rends compte. Toi, tu as ton épicerie (oh, délicieuses, les paupiettes hallal que boudent les musulmans), ta broderie, ton blog et ta petite Victoire ! A bientôt ! J’arrive avec des sachets, des livres, etc. Et ma bonne volonté helvétique…

  8. LiKa dit :

    Aïe, Corto, c’est encore moi. J’étais en train de penser à un passage de Rilke dans « Lettres à un jeune poète ». Je suis allée chercher le livre, et le passage où il dit : « Presque toutes nos tristesse sont, je crois, des tensions que nous éprouvons comme des paralysies, effrayés de ne plus nous sentir vivre [...] Mais bien des signes nous indiquent que c’est l’avenir qui entre en nous de cette manière [...]« . C’est dans la lettre VIII, du 12 août 1904.

  9. corto74 dit :

    @lika: merci pour ta « lettre » cela me va droit au coeur. L’ami en question habite loin à Toulouse, alors a defaut de frapper a sa porte chargé de victuailles, par la Poste, quelques sous lui ai envoyé…Et que « mémé Lika » ne s’inquiète pas, j’agis et je vis maintenant comme je peux, comme beaucoup d’entre nous. Le problème c’est qu(aujourd’hui effectivement le temps et la vie passe et nous n avons plus le temps, nous ne le prenons pas, d s’occuper des autres ou si peu ! Et cette misère qui s’installe si pres de chez nous m’insupporte tant. Que faire ! …
    Je connais bien ce texte de lamoureux, j’avais failli un jour le mettre en texte du dimanche, il y a peu. Bises, Lika et bonne journée !

  10. Francis dit :

    oups…j’ai l’estomac noué… et l’image est bien triste !! « il » doit avoir du courage…
    occupe toi bien de madame mère !! biz

  11. corto74 dit :

    @marianne: comme vous dites : show must go on ! C’est bien cela qui est dommage, tout doit avancer, pas ou peu le temps de se poser, et notre systeme et société ne le permet pas !
    madame Mère reviens de loin mais ça va !
    bises a vous

    @Lika: J’aime beaucoup Rilke, Bises

  12. corto74 dit :

    @francis: oh, il en a du courage mais aussi beaucoup de moments de découragement ! La chance ne sourit pas à tout le monde, ce serait trop facile ! bonne journée a toi Francis !biz

  13. Didier dit :

    De bien jolis textes sur ce blog « anonyme ». :P

  14. corto74 dit :

    @didier: oui en effet de biens jolis trouvailles tant celles de l’auteur que ses ajouts: lamoureux, Lavilliers etc…

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