Salles de shoot, oui ! – Folie passagère 427

Posté par corto74 le 19 août 2010

Salles de shoot, oui ! - Folie passagère 427 wikio4 Voter !

iStock_%C2%A9-Daniel-LoiselleEn langage technocratique, on appelle cela: « une salle de consommation supervisée pour usagers de drogue »; en gros, un endroit où les drogués de la seringue peuvent venir consommer en toute sécurité et avec toutes les garanties d’hygiène leurs cames préférées: coke, opiacés, héroïne… Un open shoot space où associations, médecins et bénévoles offrent aux drogués-paumés la possibilité de sortir du glauque des rues, des caves et autres squatts pour s’innoculer la mort en douceur, proprement. Les avantages du système, pratiqué dans une cinquantaine de sallles de 8 pays européens, sont connus: diminution des risques de transmission des infections (HIV, hépatite,…), prise en charge et accompagnement (vers un sevrage ?) des camés, connaissance de la population concernée, éviter les abandons de seringues usagées sur la voie publique, sécurisation de certains quartiers-refuges… Et force est de constater que les expériences menées ici ou là sont plutôt positives.

Chez nous en Gaule, le sujet a été évoqué par Dame-Roselyne-qui-me-fait-rire, elle proposait d’ouvrir un centre à Paris, un autre à Marseille. Elle était soutenue dans sa démarche par les assoc’ habituelles ( SOS Hépatite, Act-up, Safe…) mais aussi par le prix Nobel de médecine, Mme Barré-Sinoussi. Tollé général des culs-bénis, des assoc’ de parents de toxicos, de ceux qui n’y connaissent pas grand chose et d’une foultitude d’antis-drogue: Veto immédiat de notre 1er ministre Fillon-que-j’aime-bien. Mais, ne pouvant afficher ouvertement le clash avec sa ministresse, une réunion est organisée par Fillon pour débattre du projet, … nous verrons.

Parler de la drogue est chose délicate et périlleuse pour ceux qui n’ont jamais été confronté au problème, je peux donc, moi, en parler aisément.

Je comprends parfaitement que ce projet puisse effrayer certains: permissivité supposée, blanc seing donné par les autorités à la consommation de drogue ( donc au trafic…), approuver la consommation, dénigrer la lutte contre la drogue, annuler les discours préventifs, j’ai tout entendu sur le sujet et surtout pas mal de conneries… jusqu’à  » faire bonne pub à la came ».

A Paris, la population concernée est estimée à environ 1000 personnes autant à Marseille, le phénomène est donc relativement marginal et le projet vise essentiellement une population de paumés en rupture avec la société: doit-on les laisser mourir à petit feu dans la rue ? Dans le glauque, l’insalubrité, la prostitution…? Ces expériences visent ceux qui, abandonnés, seuls, n’ont d’autre choix que de continuer à se droguer ou périr, faute d’avoir un entourage, une famille ou des amis pour les soutenir, les encadrer, les conduire, qui sait, vers le sevrage et la guérison. En quoi, ces salles de shoot peuvent-elles gêner, offusquer, scandaliser ? je ne vois pas bien, certains pourraient s’en sortir ( ceux qui ne sont pas en rupture avec la société) et d’autres n’auraient aucune autre alternative: le glauque ou la mort ( ce qui à terme…). Rassurez-vous, craintifs apeurés, il ne s’agit pas de banaliser la consommation de drogue, il ne s’agit pas de légaliser la piquouse, il ne s’agit pas de baisser les bras devant ce fléau, il ne s’agit pas de fournir gratos, les substances illicites; il s’agit juste d’accompagner les toxicos qui le souhaitent dans une démarche de « déghettoïsation ». Si, à l’occasion de leurs passages dans ces salles, on peut en récupérer un ou deux, petit à petit, cela n’en vaut-il pas le coup?

Alors à ceux qui sont opposés au truc, ne vous cachez pas derrière le petit doigt d’une morale bien-séante, sachez que face à la drogue, toutes les solutions sont bonnes à prendre pour éviter le pire !

20100723183029064095220D’accord, pas d’accord: http://corto74.unblog.fr

 

 

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Georges, Joseph et Adolf … – Folie passagère 426

Posté par corto74 le 18 août 2010

Georges, Joseph et Adolf ... - Folie passagère 426 dans Zone c'eSt chez noUs! wikio4 Voter !

012 dans Zone c'eSt chez noUs!En fait, Georges Frêche, on devrait s’en méfier. Quand on n’en entend plus parler, c’est qu’il nous prépare quelque chose de grand ou de petit. Aux électeurs de la région d’apprécier, mais aussi à vous ou à moi, c’est selon.

Le Président du Languedoc Roussillon, Maître en son domaine de Septimanie a décidé de procéder à l’érection d’une dizaine de statues de bronze, hautes de 3, 33mètres, pesant 850 kilos chacune afin de rendre hommage aux Grands Hommes du XXème siècle. Enfin grands, grands selon lui, grands comme lui, en somme. Des illustres qui ont façonné le monde, des gens bien sous tous rapports; ne rend-on pas hommages qu’aux Illustres ? Il y a donc De Gaulle (bien), Roosevelt (okay), Churchill (why not), Jaurès (fallait bien…) et Lénine ( ben voyons, ça se gate). Curieux choix que d’associer Lénine aux 4 autres célébrités. Mais Frêche, gouverneur en ses terres, fait ce qu’il veut et en veut plus, toujours plus, pour faire rayonner urbi et orbi sa Gallia Nova. Cinq autres monuments similaires seront ultérieurement dressés à la gloire de Mandela (le Dieu vivant), Golda Meir (la Terre Promise), Nasser (l’Egyptien), Gandhi (la légende) et… Mao, le doux dingue, grand humaniste s’il en est.

Dans les milieux autorisés, on se plaît à dire et colporter que Georges aurait été seul décisionnaire du choix des bonhommes à statufier, il le revendique aussi. Il considère, non sans raison, que Lénine et Mao ont fait, en partie, le XXème siècle, certes pas à coup de fleurs et de bons sentiments, mais néanmoins. C’est vrai ça, quoi, si on ne peut plus, au nom de la décence et du politiquement incorrect, honorer les  grands dictateurs du siècle passé, nous sommes en démocratie que diable, même en Septicémiemanie ! De la carrière de Lénine, le Georges (dixit) retient 2 « moments lumineux »: la révolution douce et guillerette d’Octobe et la décolonisation, 2 moments intenses dénués de tout abus mortifères. A Mao, il concède que la Révolution culturelle était comme-ci, comme-ça, mais que le Timonier s’est largement rattrapé en rendant à la Chine sa dignité; précisant, tout de même, que par la suite, le barreur bridé avait été bien nul (re-dixit). Tiens, on fait des statues pour les nuls maintenant (ndlr)? Bref, pour 8 vedettes de l’histoire, non exemptes de quelques reproches pour certaines, 2 dictateurs à honorer vont trôner dans la belle ville de Montpellier… J’aimerais bien savoir ce qu’en pense madame le Maire…

Ceci dit, aux grands hommes, la région reconnaissante ne saurait reculer devant aucun sacrifice: 200 000 euros le bout, parce qu’ils le valent bien sans doute, eux. Apparemment, il n’y a ni crise, ni disette au royaume de Seigneur Frêche.

J’ai juste une requête à exprimer, une demande: Si Mao et Lénine, Georges, pourquoi pas Adolf  et Joseph ?

hitler-babyD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Scoop dernière: J’apprends, à l’instant de la bouche du Georges, qu’il n’est pas exclu, un jour, d’adjoindre aux 2 dictateurs précités, l’aimable compagnie de Joseph Staline ! C’est bien ce que je disais, il ne manque plus qu’Adolf.

NB: A Didier Goux, par ce bobillé, Corto reconnaissant !

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Diaboliques vacances – Dans le sac de Marianne (3)

Posté par corto74 le 17 août 2010

Diaboliques vacances - Dans le sac de Marianne (3) dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

2211460267_small_1 dans zOne Le sAc de MarianneLes journaux regorgent, en ce moment, de ces articles et de ces sondages où on nous explique à quel point tous les dirigeants que l’Occident connaît sont, tous autant qu’ils sont, impopulaires.

Et de nous les partager en deux groupes : ceux qui n’oseront pas se présenter aux prochaines élections, et ceux qui seront sûrs de les perdre.

Sarkozy et Obama faisant partie de ce dernier groupe.

Dans ces funestes conditions, on aurait pu croire que la trêve des vacances serait une trêve dans la dégringolade dans les sondages. Or il n’en est rien, bien au contraire ! Les vacances ne font qu’accélérer la descente aux enfers. Tout le mal vient de ce que ces grands hommes ne savent choisir, ni le lieu, ni le mode de leurs vacances.

Trois ans après les faits on a encore sur l’estomac, la mini-croisière de Sarkozy sur le yacht de Bolloré ! L’année suivante, son séjour aux Etats-Unis où on l’a vu ramer sur un lac avec le petit Louis, fut un véritable désastre ! Et maintenant qu’il va sagement faire des tours à vélo autour de la propriété de belle-maman, les manifestants, pancartes à l’appui, lui font comprendre à quel point ils apprécient peu, le luxe dans lequel il vit.

Les Obama n’échappent pas non plus, à cette malédiction. L’an dernier, leur choix d’une île trop chic sur la côte Est avait été une catastrophe. Cette année, Obama va prudemment aller passer un week-end en Floride, un état très touché par la crise économique, ce qui devrait plaire aux électeurs. Mais patatras ! Ne voilà-t-il pas que la First Lady a eu l’idée saugrenue de s’offrir un séjour de presque une semaine dans un hôtel cinq étoiles de Marbella qui a tout fichu par-terre ? Et la voilà maintenant affublée du surnom de « Marie-Antoinette », ce qui ne va certainement pas arranger les affaires de son président de mari qui doit subir, en novembre, des élections de mi-mandat.

Quand donc les hommes qui nous gouvernent comprendront-ils enfin, que pour garder intact l’amour du bon peuple, il faut qu’ils prennent leurs vacances au camping « Les Flots Bleus », comme tout le monde ?

Marianne A.,

yachtD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Billets d’humeur, clins d’oeil, drôleries et autres palinodies, un poids sur le coeur ou ras la patate, Marianne, fidèle de ce blog nous livrera sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

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Dura lex, sed lex – Folie passagère 425

Posté par corto74 le 16 août 2010

Dura lex, sed lex - Folie passagère 425 wikio4 Voter !

La-loi-est-elle-la-meme-pour-tout-le-monde-Petit-rappelExpulsions. Exclusions. Rafles. Nazis. Stigmatisations. Déchéances. Discriminations. Racisme. Xénophobie. Pétain. Dédains. Camps… Voila ce que je lis et entends de droite comme de gauche. Dites donc les amis, il faudrait peut-être raison garder. Le discours de Grenoble, la destruction de campements illégaux, l’insécurité, l’immigration semblent aiguiser les appétits de surenchères imbéciles dans les propos de beaucoup, médias inclus. Faudrait voir à se calmer et appeler un chat, un chat !

Prenons le cas des campements illégaux de roms ou autres. S’ils sont ILLEGAUX, il paraît donc normal de les détruire, non? Ce qui est illégal n’a pas vocation à le  demeurer, question de bon sens. Des jeunes caïds, acoquinés à des dealers, mettent le bronx dans les quartiers, on les pourchasse et au gnouf, non? Des gens escroquent la CAF, les Assedic et autres bontés de l’Etat providence, quoi de plus logique de remettre un brin d’ordre dans tout cela. Des abrutis rebelles ne respectent pas l’autorité légitime ( Etat, forces de l’ordre…), est-ce si débile de vouloir les poursuivre et les condamner ? Certaines municipalités ne respectent pas la loi et les quotas de logements sociaux ou l’aménagement de places pour les gens du voyage et il faudrait ne rien dire ? Des parents se foutent royalement du bordel que mettent, ici et là, leurs progénitures mineures et nous devrions ne rien dire à ces adultes consentants ? Des patrons voyous exploitent de pauvres sans-papiers; ces mêmes sans-papiers bossent alors qu’il y a plus de 3 millions de chômeurs en règle, et il faudrait laisser faire ?

Vous en voulez encore ? L’inventaire des incivilités et des comportements illégaux est aussi long que celui des niches fiscales. Le laisser-faire de ces 30 dernières années peu glorieuses ne peut plus continuer. Si ? Non ! C’est une évidence. Oui, il est peut-être temps de revenir aux fondamentaux de façon raisonnée. Quand un pays de droit laisse couler au fil du temps, par humanisme idiot, par bien-pensance faite dogme ou par tolérance démissionnaire, l’application simple de la loi, faut-il s’étonner que la gabegie et le bordel ambiant deviennent insupportables et enjeux politiques ? Pas vraiment. Alors, oui, ce qui est illégal doit être combattu fermement; que le traitement de ces illégalités se fasse en prenant compte l’aspect humain, d’accord, mais force doit rester à la loi. Faute de quoi, et tous les discours actuels en sont la preuve, la remise d’équerre n’en sera que plus difficile. Dérive sécuritaire pour les uns, lutte contre les illégalités pour d’autres; je m’en tape, je respecte la loi, je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas ainsi pour tout le monde. Question de bon sens et d’équité !

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Le frère précédent – Le texte du dimanche (29)

Posté par corto74 le 15 août 2010

Le frère précédent - Le texte du dimanche (29) dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

beigbeder-brive_0 dans zOne Dimanche cuLture !Récit intime sans être impudique, Frédéric Beigbeder, dans Un roman français, raconte sa relation fraternelle avec Charles, « son frère précédent ».

 » Et si Freud s’était trompé ? Et si l’important n’était pas le père et la mère, mais le frère ? Il me semble que tous mes actes, depuis toujours, sont dictés par mon aîné. Je n’ai fait que l’imiter, puis m’opposer à lui, me situer par rapport à mon grand frère, me construire en le regardant. Un an et demi d’écart, ce n’était pas assez : nous étions des faux jumeaux. Le problème, c’est que Charles est imbattable, il est l’homme parfait. Il ne m’a donc laissé qu’une option : être un homme imparfait…

Asticoter mon frère aîné fut ma manière de briser la fatalité familiale. Charles et moi ne voulions pas imiter la génération précédente : mon père était brouillé avec son frère, ils étaient même en procès à cause de la succession et en désaccord complet sur la gestion des Établissements de Cure du Béarn. Mes moqueries continues étaient ma façon tordue de dire « Charles, je t’aime », ça y est, c’est dit, je ne le répèterai jamais, une fois par vie suffit. Pontalis dit qu’entre deux frères peut exister de l’amour, de la haine ou de l’amitié, et parfois un mélange des trois : une passion destructrice. Sur une échelle du sentiment fraternel qui irait de l’inceste homosexuel au crime fratricide, je nous situerais au beau milieu, oscillant entre la fascination réciproque et l’indifférence feinte. J’ai très vite perdu la bagarre et compris que c’était plié : il aurait une vie structurée et moi chaotique. Mais nous étions unis dans l’adversité : dès qu’un intrus attaquait l’un des deux, l’autre était prêt à se faire tuer pour le défendre. Charles était autoritaire mais protecteur. Et notre humour méchant, cruel, taquin, nous reliait, nos vannes incessantes, et je ne pouvais m’empêcher de rire quand il me traitait de « laquais » et m’ordonnait d’apporter « les mets » à table…  
J’ai grandi sous le joug de ce dictateur splendide, mais, Dieu merci, son totalitarisme était tempéré par l’autodérision. Il est né le même jour qu’Adolf Hitler, combien de fois le lui ai-je rappelé ! C’était, selon moi, la preuve que l’astrologie est une science exacte. Ma mère devait constamment s’interposer. Quand Chloë se plaint d’être fille unique, je lui dis : « Tu ne connais pas ta chance! » C’est ainsi dans toutes les familles, je n’en veux pas à mon frère. J’étais le suivant, il lui fallait me vaincre, écraser l’usurpateur, l’enfant surnuméraire, pour demeurer le grand Charles, et moi je devais lui résister pour faire accepter au monde ma singularité, mon indépendance, et devenir Frédéric. C’est ainsi que Charles a donné de la force à son petit frère.
 
Comment voulez-vous tuer le père quand il n’y en a pas à la maison ? Restait le frère. Chacun s’y employa à sa façon…
 
… À dix-sept ans, rue Coëtlogon, mon frère et moi dormions dans la même chambre aux murs tendus de tissu bleu. Il nous arrivait de recevoir des petites amies dans nos lits à une place ; parfois Charles faisait l’amour discrètement, la main sur la bouche de sa copine, tandis que je faisais semblant de dormir. La nuit, quand Charles me demandait d’arrêter de tousser ou de me branler, je lui disais d’arrêter de grincer des dents et de ronfler. Quand il révisait Math Sup, je montais le son de Blue Oyster Cult. La cohabitation était parfois rude. Chacun s’est empressé de foutre le camp de son côté dès sa majorité, et l’on s’est éloigné depuis. Lui a dû être soulagé ; je ne m’en suis jamais remis.
 
Je n’arrive pas à savoir si nous nous sommes éloignés parce que nous étions différents ou si c’est le contraire : peut-être ai-je fait exprès d’être différent parce que je savais que la vie nous séparerait, et qu’être son antithèse était ma seule chance de supporter ce nouveau divorce. Nous avions nos deux vies à vivre et je savais que nous ne pourrions pas les vivre ensemble. C’est quand nous nous sommes quittés que j’ai réalisé à quel point je tenais à mon faux jumeau…

Comprenez-moi : Charles donne vraiment son sens à ma vie. Je me suis bâti en opposition à lui. Ma méthode pour exister consistait à être son contraire. C’était stupide, peut-être, mais à dix ans, être différent, c’est tout ce que j’ai trouvé pour me définir. Être son yang, son côté face, sa part d’ombre, son reflet difforme, sa mouche du coche, son double inversé (en allemand « Doppelgänger »), son envers du décor, son Shadow Cabinet, son alter-ego (celui qui altère son ego), son Mister Hyde. Il aime construire ? J’aimerai critiquer. Il est fort en maths ? Je bosserai le Français. Il aime les jeux de société ? Je lirai dans mon coin. Il sort avec plein de filles ? Je jouerai au flipper avec mes potes. Il est catholique pratiquant ? Je serai un mécréant moqueur. J’aimais les bonbons à l’anis et au réglisse PARCE QU’il ne les aimait pas. Aux jeux de société de mon frère, je préférais les jeux video solitaires d’arcade, dans lesquels je glissais une pièce de deux francs pour tirer hystériquement sur tout ce qui bougeait… On n’évolue pas, l’enfance nous définit pour toujours puisque la société nous a infantilisés à vie…

Sans Charles, je ne sais plus qui je suis, je suis paumé, cet homme est mon ancre et il ne le sait pas, il croit que je me fiche de lui. Jusqu’à aujourd’hui il est mon principal repère. Vous croyez que ces simagrées s’arrêtent à la majorité ? Vous plaisantez : il est marié depuis douze ans, je suis deux fois divorcé. Il est membre du MEDEF, j’ai conseillé le Parti Communiste Français. Dès qu’il a eu la Légion d’Honneur, je suis allé en prison. La distance est très courte entre l’Élysée et le Cachot. Un frère va faire fortune et se voir épingler la rosette ; l’autre, qui est presque le même, qui a grandi avec lui, élevé par la même personne, sera à poil entouré de flics et grelottera sur une planche en bois. J’espère que ce chapitre impudique ne le blessera pas. Dans le livre qu’il a publié l’an dernier, il donne sa version : « il n’y a jamais eu la moindre compétitionentre nous ». Évidemment, puisqu’il l’a remportée.
 
Le vrai révolté, le seul fou, le grand rebelle de la famille, c’est lui, depuis toujours et je ne le voyais pas, alors que mes fêtes défoncées d’adolescent attardé ne sont qu’obéissance docile à la marche du monde. L’injonction capitaliste (tout ce qui est agréable est obligatoire) est aussi stupide que la culpabilité chrétienne (tout ce qui est agréable est interdit). Je m’étourdis, incapable de grandir, quand lui bâtit son bonheur sur un mariage solide, des enfants présents, une religion éternelle, une maison avec jardin fleuri. Je jouis la nuit en prenant des airs supérieurs sans voir que je suis le plus bourgeois des deux. En fuyant ma famille, je ne me rendais pas compte que j’abdiquais face à une aliénation bien pire : la soumission à l’individualisme amnésique. Privés de nos liens familiaux, nous sommes des numéros interchangeables comme les « amis » de Facebook, les demandeurs d’emploi de l’ANPE ou les prisonniers du Dépôt.
 
J’ai perdu mon père à l’âge de 7 ans et mon frère à l’âge de 18 ans.
C’étaient les deux hommes de ma vie
. « 

Frédéric Beigbeder, « Un roman français », Grasset, Prix Renaudot 2009.

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Balconing… Folie passagère 424

Posté par corto74 le 14 août 2010

Balconing... Folie passagère 424 dans Zone pas cool ! wikio4 Voter !

29275_86650 dans Zone pas cool !Dans la série  » Plus con, tu meurs; la connerie humaine n’a pas de limite… » 

A chaque été, sa mode, ses tubes musicaux calibrés, ses incendies, ses bouchons, ses plages bondées, et … ses conneries. Car, nous le savons, l’être humain n’est jamais à court d’imagination pour se hisser au Panthéon universel de la connerie.

Le jeu à la mode cet été s’appelle le balconing. Les premiers cas révélés semblent s’être manifestés en Espagne et plus particulièrement à Ibiza, île bénie de la déjante estivale. Les règles du jeu sont assez simples. Il faut, les cas examinés tendent à le montrer, être plutôt jeune, entre 20 et 30 ans; ne pas avoir d’aversion saugrenue pour l’alcool, en abuser semblerait être le booster principal des participants. Ceux-ci sont en majorité des individus de sexe mâle, généralement aussi bien foutus que cons, ayant, confidences de légistes à l’appui, un QI avoisinant celui d’un serin hydrocéphale. Bien, une fois, que vous êtes chaud comme la braise à coup de vodka daubée, de whisky bon marché ou de petites pillules multicolores, vous faites péter les watts de la sono. Vous convoquez potes et potesses; ceux-ci, bienveillants et délicats seront munis d’appareils photos pour une postérité éventuelle en diffusion internétée de l’exploit imbécile. Au top départ, vous vous jetez (torse nu, c’est plus hot) de votre balcon en espérant atterrir dans la piscine ciblée 2, 3, 4 ou 5 étages plus bas! Voila, c’est tout, c’est le balconing. Les survivants deviennent des stars du net, les défunts et autres estropiés pourront compter sur la gentillesse de leurs amis pour que l’exploit soit diffusé, avec ou sans autorisation, sur Youtube ou DailyMotion.Une activité en plein essor qui ne nécessite que l’évidente présence d’une piscine dans l’hôtel que vous aurez choisi.

Sauf que ce nouveau sport extrème – qui renvoit les Jackass jouer au bac à sable - a déjà fait plus de 11 morts en Espagne et que l’intérêt semble si extraordinaire que la contagion gagne peu à peu les différentes stations balnéaires à la mode. Certains craignent même que cette nouvelle folie passagère gagne les spring breaks estudiantins aux USA. D’autres opportunistes, comme les faiseurs de la dernière pub Perrier, surfent sur le move. Tant qu’il s’agit d’inspirer et de montrer l’exemple… et 11 vraies fashion victims !

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

 

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A l’attention du CFCM – Folie passagère 423

Posté par corto74 le 12 août 2010

A l'attention du CFCM - Folie passagère 423 dans Zone pas cool ! wikio4 Voter !

lapidation dans Zone pas cool !Depuis ce début de ramadan (hasard ?), hier, je vois fleurir, ici et , enfin, quelques billets qui s’élèvent contre les exactions, meurtres, tortures, lapidations et autres joyeusetés dont sont victimes dans le monde les chrétiens (mais aussi, bien des minorités: homosexuels…). Dans la majorité des cas, ces horreurs sont commises au nom d’un Islam triomphant; certes, un Islam bien chargé d’ismes et d’istes en tout genre, mais un Islam tout de même. Vous noterez, amis lecteurs, que je me garde bien d’associer les musulmans de France, plutôt modérés dans leur ensemble, à toutes ces monstruosités inhumaines. Il ne s’agit pas de faire d’amalgames débiles ou de stigmatiser inutilement mes compatriotes.

Néanmoins, et après avoir tapé sur Google et autres pourvoyeurs du net la requête suivante :  » Le CFCM condamne » ou  » Le Conseil Français du Culte Musulman condamne », force est de constater que je n’ai pas trouvé beaucoup de traces d’hauts-le-coeur ou de condamnations de ces actes barbares de la part des autorités religieuses musulmanes de France.

Je demande donc, sachant néanmoins que la caisse de résonnance de ce blog est bien faible, aux autorités musulmanes de France ( CFCM et autres ) de condamner ouvertement, clairement et sans détours, toutes les exactions commises et toutes les barbaries perpétrées à l’encontre des chrétiens d’ici et d’ailleurs et de toutes autres minorités dont le seul malheur serait de ne pas être « conformes » à une drôle de lecture du Coran.

Et sauf évènements regrettables majeurs, j’en ai fini avec le ramadan, l’Islam et autres musulm’âneries.

Conseil Français du Culte Musulman: 270, rue Lecourbe, 75015 Paris.

pendaisonD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

 

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Ramdam et ramadan – Folie passagère 422

Posté par corto74 le 11 août 2010

Ramdam et ramadan - Folie passagère 422 wikio4 Voter !

031-public-iftar-in-zamalek-by-claudia-wiensL’évènement est d’importance, et les médias se sont saisis sans retenue de l’affaire, seuls les sourds ne sauront rien.

Aujourd’hui, et parce que le mercredi 11 août correspond au premier jour du mois sacré de l’an 1431 de l’Hégire, le ramadan débute. Pendant un mois, 70% des 5 à 6 millions de musulmans de France vont respecter le jeûne rituel: je ne boirai pas, je ne mangerai pas, je ne cracboumerai pas, je ne fumerai pas, du lever au coucher du soleil. Patiemment, j’attendrai chaque soir l’iftar pour me sustenter, en principe, d’un peu de lait et de quelques dattes. Après quoi, parce que cela est recommandé par les autorités compétentes, j’irai veiller une partie de la nuit au rythme des versets du Coran. Les entreprises du pays se mettront à l’heure coranique en adaptant, pour ceux qui le souhaitent, tâches et horaires. Les têtes de gondoles et rayons de nos hypers seront pleins à craquer de produits halals, les agapes nocturnes n’en seront que plus belles. Les mosquées apprêtées seront pleines et animées de la ferveur des fidèles. A cette occasion, « le Conseil Français du Culte Musulman présente ses meilleurs voeux à toute la communauté musulmane de France et lui souhaite de vivre en ce mois sacré de grands moments de piété, et de partage. » Le CFCM profite de cette annonce « pour exprimer à l’ensemble de la communauté nationale ses voeux de prospérité, de solidarité et de fraternité »…

Bientôt, ils vont me parler d’amour, de tolérance, d’oecuménisme, de vivre ensemble, de fraternité; et que sais-je encore… Il me semble que le carême ou Yom kippour ne perturbent pas autant l’activité économico-politico-religieuse du pays, logique, me direz-vous, ne sommes-nous pas dans un pays laïc ? Et bien si, sauf si c’est ramdam pour le ramadan !

Il n’empêche qu’avec l’Islam, mais peut-être ne faut-il pas en parler, j’ai comme qui dirait quelques problèmes de compréhension et d’acceptation: lapidations, humanitaires zigouillés, homosexualité condamnée et réprimée, polygamie autorisée,  libertés des femmes restreintes, excisions permises, visages voilés, fatwas vengeresses, chrétiens massacrés, prosélytisme encouragé, oecuménisme déconseillé, terrorisme subventionné,… Islam ou folie des hommes, les deux sans doute.

De tout ce qui précède, j’aimerai bien que ceux qui vont donc respecter ce mois de jeûne, de prières et d’amour m’expliquent en quoi une si belle religion peut-elle justifier, voire légitimer de telles ignominies.

Oui, j’ai comme un problème avec l’Islam, je veux bien essayer de piger, qui plus est puisque 5 à 6 millions de mes compatriotes n’ont pas encore réussi à me convertir convaincre du bien-fondé de cette religion fraternelle, mais comprenez que cela puisse être ardu !

ramadan1D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

(photo: partage de l’iftar au Caire)

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Le déni du déni de grossesse – Dans le sac de Marianne (2)

Posté par corto74 le 10 août 2010

Le déni du déni de grossesse - Dans le sac de Marianne (2) dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

7410419 dans zOne Le sAc de Marianne » Dans une société comme la nôtre, où chaque année 210 000 avortements sont pratiqués en toute légalité, il faudrait pouvoir garder « tact et mesure » lorsqu’on apprend qu’une femme en proie à un déni de grossesse a tué un ou plusieurs nouveau-nés à la naissance.

Car aussi horrible que soit son crime, on ne peut que constater que le résultat est le même : dans les deux cas il s’agit d’empêcher un être d’atteindre à la vie.

Si ces femmes n’étaient pas victimes d’une grave maladie psychologique aux ressorts inconnus de la plupart des médecins eux-mêmes, elles s’ajouteraient à la cohorte des femmes qui avortent et jouiraient de la considération sociale à laquelle chacun aspire.

Alors, qu’on écoute le professeur Nisand qui estime qu’une grossesse sur 500 est un déni de grossesse qui, s’il n’est pas diagnostiqué, a toutes les chances de se terminer en catastrophe.

Qu’on arrête de stigmatiser ces femmes en les traitant comme des monstres dans les journaux.

Mais que tout soit mis en oeuvre pour former les médecins à cette pathologie et leur permettre de soigner cette maladie, même si pour cela il faudra qu’elles passent par la case justice et la case prison.

Le procès Courjault nous a montré toute l’importance qu’il avait eu dans la prise de conscience de Véronique face à la gravité des actes qu’elle avait commis. Il avait été le premier pas vers une thérapie. Ce n’est qu’au dernier jour de son procès qu’elle a pu enfin prononcer les mots « nos enfants » et donner un nom à ce qui jusque là, n’était rien pour elle, et pour tous les autres n’avait été que « les bébés congelés ». Il est vrai que dans son malheur elle a eu la chance d’avoir le soutien sans faille de son mari et de sa famille.

En sera-t-il de même pour toutes les autres qui auront vu leur nom traîné dans la presse sous les vocables les plus déshonorants ? N’a-t-on pas peur, ce faisant, de détruire de manière irrémédiable l’image de ces femmes aux yeux de leurs conjoints et de leurs familles ?

Alors, de grâce, un peu de compassion, et ne perpétuons pas encore et toujours, ce que le professeur Nisand appelle « le déni du déni de grossesse ». « 

Marianne A.,

e18e3752-551c-11de-9e74-39365ab5b829D’accord, pas d’accord: Dans le sac de Marianne, c’est tous les mardis…

Billets d’humeur, clins d’oeil, drôleries et autres palinodies, un poids sur le coeur ou ras la patate, Marianne, fidèle de ce blog nous livrera sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

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Le voyou de la république, lol… – Folie passagère 421

Posté par corto74 le 9 août 2010

Le voyou de la république, lol... - Folie passagère 421 dans Zone meDias wikio4 Voter !

 dans Zone PolititruCCa fait le buzz dans les kiosques et sur le net: La Une du journal (ou du torchon, c’est selon) Marianne. Ils ont fait fort les journaleux auto-proclamés arbitres de l’anti-sarkozysme de Marianne (p.12 & p.13); un numéro presque entier consacré à se vautrer dans ce qu’ils veulent dénoncer: l’injure, l’insulte, la folie comme moteur politique ! Sarkozy n’est pas pétainiste, il est fou; Sarkozy est ni raciste ni xénophobe, il est juste cynique; Sarkozy n’est pas nazi ( même si les propos de Rocard sont publiés ), il est prêt à tout ! Bref, le journal sort l’artillerie lourde pour dégommer Sarko, celui-là même qui est qualifié par l’inénarrable JF Kahn de « ni gaucho,ni facho: voyou! ». Et la charge de la brigade journalistique est si légère qu’ils font appel via des interviewninouchettes* à du lourdingue: Bayrou, Rocard, Dame Boutin, Dupont Aignan, la porte-parole villepinesque Marie-Anne Montchamp; tous unis pour dégommer le caïd de Neuilly, le voyou de la République… Et comme cela ne semble pas suffire, le boss du journal se fend d’une lettre ouverte à Simone Veil. Mézavi qu’il attendra longtemps une réponse, il y a trop longtemps qu’elle a compris, Simone, qu’il n’y avait aucun intérêt, ni grandeur à se vautrer dans la fange avec les cochons.

Mais que nous vaut ce mariannesque courroux: la « mercuriale grenobloise », le discours du « voyou » à Grenoble, la logorrhée du caïd « sans vertu ni impératif moral ». Bref, le journal en question, vigile de notre démocratie, gardien et protecteur de nos libertés , ne digère pas, s’offusque et vomit les différentes propositions et mesures annoncées par Sarko lors de son passage en Isère. Et tant pis, si un grand nombre de Français semble s’être rangé du côté de l’homme « dépourvu d’éthique », un Président de la République légitimement élu. Non, à trop vouloir en faire, le journal Marianne, tombe dans le ridicule qu’il conspue chez Sarko et se décridibilise de la même façon.

Le mot de la fin sera, et il n’a pas peur des comparaisons douteuses,  pour Maurice Szafran dans sa lettre à Simone Veil: « Il vous est interdit de vous ( Simone ) résigner à ce que le président de la République, votre ami, s’égare à ce point, qu’il joue, par calcul électoral, avec des idées, des concepts, des méthodes mortifères qui auraient provoqué la rage de tant de vos camarades disparus.(…) Si nous avons osé ce titre, « Le voyou de la République », c’est que nous sommes convaincus que Nicolas Sarkozy ne croit pas à ses récentes propositions, c’est ainsi que raisonnent les caïds des cités. »

Et dire que je me suis fendu de 2,50€ pour vous faire partager cela ! pffff… France, ta presse fout le camp…

MarianneD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

*interviewninouchettes: petites interviews sans grand intérêt.

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