Raboter les journalistes – Folie passagère 445

Posté par corto74 le 20 septembre 2010

Raboter les journalistes - Folie passagère 445 dans Zone meDias wikio4 Voter !

xxx dans Zone meDiasLa crise venue, l’Etat s’est retrouvé fort dépourvu. Il lui faut donc trouver de la thûne, beaucoup de thûnes pour combler les déficits et rentrer, entre autres choses, dans les cadres imposés par l’Europe. Alors, on taxe et on rabote au grand dam des classes moyennes principalement. Ce grand coup de rabot est fort impopulaire, on peut le comprendre, et la presse et les médias, à gauche comme à droite, s’en donnent à coeur joie pour, une fois encore, villepiner™ * le gouvernement, assassin malgré lui de quelques niches fiscales.

Alors, je voudrais apporter ma contribution à l’effort de crise que nous impose le gouvernement en lui soumettant l’idée de raboter, menu, les journalistes; il y a un paquet de pognon à récupérer. Et comme moi, vous n’avez jamais entendu le moindre journaliste se plaindre de l’illégitimité des avantages dont ils bénéficient. Il est évident que, de la même façon, ils ne sauront se plaindre si on leur rabote, à eux aussi, les niches qui les abritent.

Ainsi, en remplacement d’un vieil abattement de 30%, tous les détenteurs de la carte de presse bénéficient aujourd’hui d’un rabais sur leurs impôts de 7650 euros. Cet abattement est applicable aux professions journalistiques énumérées au 1er paragraphe de l’article 81 du code général des impôts, à savoir :  les journalistes,  les rédacteurs, les photographes, les directeurs de journaux, les critiques dramatiques et musicaux. A condition que les intéressés exercent à titre effectif leur activité journalistique, peu importe qu’elle soit exercée à titre principal ou accessoire. Vous noterez l’accessoire ! Mais là où c’est encore plus drôle, c’est que même sans carte de presse, vous pouvez bénéficier de cet abattement, il suffit que l’activité journalistique exercée soit mentionnée sur le bulletin de paye et que l’employeur soit soumis à une convention collective de la presse. On peut donc imaginer que telle secrétaire pulpeuse d’un rédac’chef ou tel rewriter prolifique, ou que sais-je encore, bénéficient de cette gentillesse…

Alors faisons les comptes. Près de 40 000 détenteurs du sésame auxquels on ajoute 10 000 « heureux élus » auxquels, pour faire bonne mesure, on retranche 8% de chômeurs éventuels plus 3% (au hasard) d’intermittents qui ne produisent rien, je secoue la calculette, j’arrondis et, hop, roulements de tambour, 300 millions d’euros dans les fouilles de Bercy ! En gros, la moitié de ce que coûte le bouclier fiscal. On dit merci qui ?

Et bien vous savez quoi, je suis prêt à parier mon RSA de septembre, que cette manne n’intéresse personne: ni les bénéficiaires, ni le gouvernement. On se demande bien pourquoi…

diaboloD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

* Villepiner, néologisme cortosien signifiant: dire du mal, critiquer sans mesure, vilipender, railler, le tout avec hargne, méchanceté ou condescendance.

59 Réponses à “Raboter les journalistes – Folie passagère 445”

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  1. eusebeetcie dit :

    Postules au Trésor mon cher !! J’aime ta façon de penser !!

    Non d’ailleurs j’aime pas, j’adore !! :)

  2. eusebeetcie dit :

    Parce que tu le vaux bien… :)

  3. corto74 dit :

    @eusèbe: ben dis donc ! tant de compliments, j en suis tout retourné !

  4. eusebeetcie dit :

    Cette mesure plus la fin du bouclier fiscal on économise presque 1 milliard d’un coup…

    On ne devrait plus que 1499 milliards… une paille !! On est sur le bon chemin. Avec un peu de chances dans 1499 ans on aura le compteur à zéro :)

  5. Marianne ARNAUD dit :

    Mon très cher Corto, ce n’est pas aujourd’hui où je me suis fait retoquer quatre commentaires ( sur Slate, ndlr) que je vais avoir le moindre état d’âme concernant ces messieurs de la presse qui piquent honteusement l’argent des contribuables.
    Et en plus voilà que vous vous mettez en devoir d’enrichir la langue française…
    Alors là, tout comme eusebe, je suis comblée.
    Un tout petit regret pour notre Didier Goux, il faudrait faire de lui, une exception qui confirmerait la règle.

  6. Didier Goux dit :

    Excellent billet ! Voilà des années que je me fous de la gueule de mes collègues, à propos de leur silence vertueux à ce sujet ! J’ai même croisé le fer avec le calamiteux Olivier Bonnet, il y a quelques mois, là-dessus, lui qui n’a que le mot « privilège » à la gueule… dès lors qu’il ne s’agit pas de SON privilège.Il m’avait répondu, à la fois agacé et piteux, que ce n’était pas le sujet de son billet. Ben tiens…

    Cet abattement forfaitaire a été mis en place en remplacement des 30 %, il y a une bonne douzaine d’années si ma mémoire est bonne, au moment où le gouvernement du non moins calamiteux Jospin a supprimé tous les abattements supplémentaires, pour en effet faire taire les journalistes. On sait donc que la vertu et l’intégrité morale d’un journaliste coûte 7650 ?. Le but était bien évidemment de supprimer aussi les 30 % des journalistes mais en douceur, en les remplaçant par un abattement forfaitaire fixe qui, le temps passant, les salaires augmentant ainsi que le coût de la vie, serait en quelques années réduit à quia sans jamais avoir été vraiment supprimé. Un peu, si vous voulez, comme le montant du prix Goncourt qui est resté en francs fixes depuis 1903…

    Quant à moi il ne me concerne pas car, du fait de mes revenus « Brigade mondaine », je me suis mis dès l’entrée en vigueur de cette mesure aux « frais réels ». Donc, chère Marianne, vous pouvez remiser dans votre poche votre gracieuse petite dentelle de Cholet.

  7. Didier Goux dit :

    Et pardon pour toutes ces ignobles fautes de frappe…

  8. Marianne ARNAUD dit :

    @ Didier Goux
    Et voilà que je me fais gracieusement envoyer sur les roses, pour une fois que j’essayais d’être gentille.
    Qu’importe, je vous pardonne, parce que je ne sais pas résister, ni à vos dentelles, ni à vos culottes qui sont toujours petites. Et ça c’est mignon tout plein !

  9. corto74 dit :

    @didier goux: je vois donc que mon billet plait au moins à un membre assimilé de la corpo ! Vous m en voyez fort content !
    Olivier Bonet, c’est le journaliste qui réclame poliment 1 euro à toute personne se pointant sur son blog ?… manque pas d’air celui-là.

    @marianne et didier goux: Cette corporation, du jour elle s’est defini comme le 4eme pouvoir, et que comme le 1er, le 2eme ou le 3eme, elle en use et abuse, elle m’est devenu insupportable. Rarement vu une corpo pratiquer aussi bien l’auto-congratulation et l’auto-satisfaction tout en décriant à qui mieux mieux ce qui ne lui plait pas. bref… Un mal, juste un mal , nécessaire, ni plus, ni moins.

  10. boutfil dit :

    tiens, je connais même un mec qui écrit dans le quotidien du médecin, qui se targue d’être journaliste parce qu’il est aussi mauvais médecin que journaleux!! c’est dire où ça va se ‘nicher » le pognon!!!!

  11. galoune 16 dit :

    Euh, j’adore aussi!
    Bises à toi!

  12. Nachu dit :

    Tenir un blog,est-ce du journalisme?
    Une niche est toujours justifiée,lorsqu’on en est l’heureux bénéficiaire… :)

  13. Didier dit :

    C’est pas idiot! Ce qui m’ennuie dans ces « rabotages » n’est pas l’idée qu’il faille faire des économies mais le fait que le produit de cette chasse aux niches fiscales ne serve pas à combler les gouffres d’état existants. Ils sont juste prévus pour alimenter ceux à venir. C’est vrai quoi, du plus loin qu’il m’en souvienne on nous demande de se serrer la ceinture, de faire la chasse au « gaspi » et de céder à l’aumône fiscale. Et vous savez quoi, ben si ça n’a fait qu’empirer en quarante ans et des kyrielles de serrages de ceintures, ça m’étonnerait fort qu’un cran de plus ou de moins ne change quoi que ce soit.

  14. boutfil dit :

    NACHU à raison, voilà qui pourrait nous ouvrir des horizons de niches….
    Bon, à la niche Boutfil……

  15. Marianne ARNAUD dit :

    Le problème de la démocratie, mon cher Corto, ce sont tous ces « maux nécessaires » que le contribuable doit financer de ses deniers et qui lui pourrissent la vie !
    Je ne suis, ni contre les associations, ni contre les syndicats, mais il m’insupporte d’avoir à les financer à la place de leurs adhérents. On me dit qu’ils n’ont pas assez d’adhérents. Eh bien tant pis, qu’ils disparaissent, alors !

  16. Cléo Schweyer dit :

    Salut !

    Journaliste moi-même, je suis d’accord pour dire que notre niche fiscale n’est pas toujours justifiée.

    Je voulais apporter un peu d’eau à ce moulin en faisant remarquer que, comme beaucoup d’autres, la profession de journaliste est aujourd’hui tellement hétérogène que dire « les journalistes » risque de ne plus avoir beaucoup de sens si on ne précise pas de qui on parle.

    Par exemple, je suis en CDD plein temps dans une petite agence et gagne 1400? net. Je ne m’applique pas l’abattement (il suffit de ne pas le demander au moment de la déclaration d’impôts), même si franchement ça ne me ferait pas de mal, parce que je ne le trouve pas forcément justifié dans mon cas : mes rares frais professionnels sont pris en charge par mon employeur.

    En revanche, plus d’un tiers des journalistes aujourd’hui sont pigistes et en situation de précarité. Ils travaillent à leur frais et tirent franchement la langue (pour info, un canard comme Le Monde ou le Nouvel Obs paye autour de 76? brut pour 1500 signes) : pour eux, la niche fiscale représente ni plus ni moins qu’un abattement pour frais professionnels. Sa suppression risque de faire une sacrée différence.

    Pour celles et ceux, notamment en télé, qui sont plutôt autour de 3500-4000? net/mois 9 semaines de CP, la niche fiscale en est bien une et sa suppression paraît normale.

    Pour conclure, cette niche est accordée à ceux qui détiennent une carte de presse.

    Pour avoir la carte de presse (renouvelée chaque année), il faut être salarié d’un canard ou d’une agence. Salarié, et non rémunéré en factures. Ce qui veut dire que la dame qui écrit l’horoscope du programme télé, si elle salariée, peut très bien avoir sa carte de presse la niche fiscale (cf Elizabeth Tessier en son temps), alors que le journaliste d’investigation free-lance que les journaux payent en facture pour faire des économies n’y aura pas droit. Et donc pas d’abattement fiscal non plus.

    Il me semble qu’il faudrait commencer par là, non ?

  17. Marianne ARNAUD dit :

    @Schweyer
    J’ai été très intéressée de vous lire. Il y a une telle défiance dans le public à l’égard de la profession de journaliste, dont eux-mêmes ne semblent pas se douter, qu’il était très utile de pouvoir mettre le doigt sur les disparités criantes qui existent au sein de cette profession.
    Il semblerait donc que la première des choses à faire serait de remettre un peu d’équité dans ce qui ressemble à une belle pétaudière où, comme chez ceux que les journaux dénoncent à longueur de colonnes, il en est exactement de même chez eux.
    En haut, les vedettes, dont nos écrans sont saturés, et qui tirent toute la couverture, en bas, les besogneux, les sans grade, payés au signe !
    Merci pour ce commentaire.

  18. Stef dit :

    Je précise que ces avantages fiscaux ont été créés pour faire contrepoids aux mauvaises rémunérations de pas mal de professionnels (notamment en presse régionale où on est loin des salaires de Mme Ferrari alors qu’il y a beaucoup de travail le week-end). Dans les négociations patronat-salariés, cet avantage fiscal a souvent été utilisé comme argument par le patronat pour ne pas faire ce qu’il devait faire, c’est-à-dire, augmenter les rémunérations. De ce point de vue, ton billet est très sévère. Tout n’est pas aussi blanc ou noir. Là encore, le paysage est nettement plus contrasté. L’abattement est justifié pour ceux qui sont payés une misère (et ils sont nombreux) et injustifiés à partir d’un certain niveau de revenus. Il ne faut pas non plus stigmatiser excessivement cette profession sous prétexte qu’une partie d’entre elle ch… dans les bottes de Sarkozy. Pas de chasse aux sorcières, McCarthy est mort. Ton idole Sarko est loi d’être irréprochable. La maîtrise de soi doit être selon la première qualité d’un président de la république. Il en est visiblement dépourvu. Mais c’est vrai qu’il est lassant de voir toujours les mêmes petits marquis du journalisme (Ch. Barbier, Giesbert, Joffrin,Tréard…) faire les beaux à la télé. Eux, qui émargent à plus de 10 000 euros par mois, font beaucoup de tort à cette profession tant ils agacent par leurs faux duels (ils ressemblent en fait aux politiques qui s’écharpent à l’assemblée et vont casser la croûte après). Ras le bol de cette démocratie bidon…

  19. Marianne ARNAUD dit :

    @ Stef
    Vous avez oublié Aphatie !

  20. corto74 dit :

    @Avis !: oh la la, que de commentaires arrivés ici ! difficile de répondre à tous.

    @Schweyer: bienvenue ici et merci de ton commentaire. Il est évident que mon billet est plus humoristique qu’autre chose même s’il soulève un aspect curieux de votre corpo: se plaindre pour beaucoup de la politique du gvt en matière de niche: y en a trop c’est injuste, mais pas touche à n’importe lesquelles !
    Je sais bien qu’il y a des journalistes qui tirent la langue comme ds toutes professiosn , tout n’est pas rose, je précise donc que je raille volontiers toutes ces « stars » qui se gargarise sur les écrans ou a la radio. Point.

    Tu dis que « cette niche est accordée à ceux qui détiennent une carte de presse. », il semblerait que non,et je l’explique dans mon billet.

    @stef: comme d’hab, j’apprécies ton commentaire à ceci près que où as tu vu que Sarko était mon idole ?
    « Il ne faut pas non plus stigmatiser excessivement cette profession sous prétexte qu?une partie d?entre elle ch? ds les bottes de sarko » Vois tu, je serais presque d’accord avec toi mais qd un torchon a succès comme Marianne se permet en Une « NS: le voyou de la République » sans rien prouver, si ce n’est la recherche d’audience, il jette un discrédit total sur sa profession. La surenchère à laquelle on assiste de la part d’une certaine presse vis a vis de NS est scandaleuse, certains d’ailleurs le reconnaissent mais ils ne sont pas …journalistes, Luc Ferry par exemple.

    @nachu & Boutfil: Tenir un blog est-ce du journalisme, je ne sais pas ce qui est sur c’est que quasi toutes les « stars » du « journalisme » en tiennent un !

    @didier: je sais bien et ça fait 40 ans que cela dure … tiens ça c’est une marotte d’Aphatie !

    et puis je ne dois pas dire que des conneries dans ce billet puisqu’il est repris par Guy Birenbaum… sur son blog

    http://guybirenbaum.com/

  21. Cleo Schweyer dit :

    @ Marianne : merci ! Effectivement nous ne sommes pas non plus à l’abri de la casse des acquis sociaux. Et nombreux à déplorer qu’un petit nombre d’éditorialistes monopolise la parole en multipliant les casquettes (presse écrite, télé, radio), au détriment d’une presse véritablement pluraliste.

    @ Steph : Sans vouloir jouer les Causettes, j’ajoute que la pub, qui nous fait les yeux doux pour notre carnet d’adresses et notre métier (au sens artisanal) d’écriture, paye 2 à 3 fois mieux que la presse. D’où un nombre croissant de journalistes qui « font des ménages » (arrondissent leurs fins de mois avec un job de comm, pratique en théorie interdite par la déontologie). Parce que bon, Bac 5 pour gagner le SMIC, ça va bien quelques années…

    J’en profite pour poser une question à la cantonade : comment se fait-il que les lecteurs déplorent la mauvaise qualité de l’information et dénoncent les dérives journalistiques, le plus souvent à juste titre, sans se poser la question des conditions de production de cette info ?

    L’image des journalistes que renvoie ce billet et certains commentaires est tellement éloignée des conditions de travail réelles que ça porterait presque à sourire si l’info n’était pas, au mon sens du moins, qqc de l’ordre du service/bien public. Mais je m’égare…

  22. Didier Goux dit :

    Cleo Schweyer se trompe : la carte de presse (qui n’a rigoureusement aucune valeur légale) n’a rien à voir avec l’abattement fiscal, lequel ne dépend que de ce qui est inscrit sur vos bulletins de salaire (ou de pige).

    Stef se trompe également : la vraie raison de tous ces abattements ayant vécu jusqu’à la fin des années 70, c’était le clientélisme électoral, rien de plus.

  23. Cleo Schweyer dit :

    @ Corto : merci pour ton accueil !J’avais bien capté le côté humoristique, mais le corporatisme, tout ça : je me devais de réagir :-)

    Les secrétaires peuvent effectivement avoir une carte de presse et donc l’abattage fiscal ; dans certains canards, même les ouvriers du livre (qui impriment le journal) l’ont. Mais ça se fait rare.

    Quand au rewriter, si au moins 51% de ses revenus (réels ou déclarés) proviennent du salariat dans la presse, idem.

    D’où mon petit speech pour que la remise à plat du job commence par une remise à plat des conditions d’attribution de la carte. Et si au passage on mettait en place des sanctions type Ordre des toubibs en cas de violation de la déontologie, ça serait pas plus mal. Et ça ferait un peu de place :)

  24. corto74 dit :

    @cleo Schweyer: nous écrivions en meme temps !
    « l’info n?était pas, au mon sens du moins, qqc de l’ordre du service/bien public » 100% d’accord, le problème étant que les médias, la presse et les chroniqueurs vedettes ayant audience et notoriété ne sont pas forcément les plus rigoureux ou « propre » d’où la mauvaise presse dont vous bénéficiez si j ose dire.

    Je reviens toujours a cet exemple la Une de Marianne  » le voyou de la République « : outrance et exagération et rien permettant d’affirmer, apres lecture approfondie, que NS est un voyou au sens propre du mot. Cette une et son contenu n’était donc pas de la presse d’info mais « une » expression, un billet d’humeur, comme sur un blog. Mais dans l’esprit des gens c’est la presse, dans le mien, non, cela n’en est pas !

  25. Cleo Schweyer dit :

    @ Didier : Vous avez raison, la carte de presse n’a aucune valeur légale. Elle permet quand même de rentrer gratuit dans les musées nationaux (oui oui) et de faire payer moins de charges à votre employeur. Ça n’empêche pas mon inspecteur des impôts de m’en demander systématiquement la photocopie (il est très très consciencieux). Là n’était pas le fond de mon propos, toutes mes confuses s’il n’était pas clair.

    Sur l’aspect électoral : comme disait l’autre, les promesses et les flatteries n’engagent que ceux qui y croient :)

    @Corto : malheureusement, il y a des cons partout ! On pourrait multiplier les exemples des deux côtés de l’échiquier politico-médiatique.

  26. Stef dit :

    Cher Didier, puisque je suis journaliste, il s’avère que les impôts voilà deux ans, m’ont demandé une copie de ma carte de presse ainsi qu’une attestation de la commission qui la délivre. Cette carte de presse a donc une vraie valeur « légale » auprès des impôts, encore plus quand vous êtes pigiste où vous devez justifier de vos rémunérations (fiches de paie uniquement) pour l’obtention de la carte auprès de ladite commission. Sinon, ce n’est peut-être pas la première raison de cet abattement, mais c’est un argument qui a souvent été utilisé par les organisations patronales, à genoux en revanche devant les ouvriers du livre de la CGT qui ont plombé, et plombent encore, une grande partie de la presse.
    A Corto, pour Marianne, que je ne lis pas, chacun est libre de l’acheter ou non. A l’inverse, les reportages « putassiers », ou mièvres, de Paris-Match sur la vie de nos grandes personnalités, qui y font leur com’ (je me souviens d’un reportage « commandé » sur Strauss Kahn avec Anne Sinclair dans le sillage de son « affaire ») me met tout aussi mal à l’aise. Sache que de nombreuses vedettes donnent l’exclusivité du reportage à Match contre espèces sonnantes et trébuchantes pour accepter d’être photographié dans leur salon avec les enfants.

  27. corto74 dit :

    @cleo schweyer: J’ai lu hier quelque part sur un site de votre profession que l’administration fiscale n’avait pas le droit de vous réclamer photocopie de votre carte de presse pour justifier l’abattement des 7650e.De la meme façon les impots n’auraient pas à vous demander les justificatifs de vos frais à hauteur de ces 7650e, car je le rappelle, à l’origine, cet abattement a été crée pour compenser ( :) ) le fait que vos frais n’étaient que rarement remboursés. Des procès auraient déjà eu lieu en ce sens. Info ou intox ?

  28. Cleo Schweyer dit :

    @ Steph : je plussoie.

  29. cyceron dit :

    Bonjour,

    Je vous donne raison et tort à la fois pour plusieurs raisons.
    Je précise que je suis journaliste sur Internet depuis 15 ans, mais ne bénéficie plus de l’abattement fiscal depuis plusieurs années, depuis que je n’exerce plus majoritairement une activité en rapport avec l’actualité.

    Car il existe bien des critères précis selon les tribunaux pour justifier cet abattement :
    - Que l’essentiel de ses revenus (51%) soit liée à une activité journalistique
    - Que le travail soit une activité intellectuelle, de création, originale, en rapport avec l’actualité et d’intérêt public (pas les journaux commerciaux, ni de propagande municipale)

    Vous avez raison de souligner certains abus et j’ai connu un paquet de rédacteurs-graphistes (metteurs en page)ou autre assistants de rédaction qui, sans répondre aux critères précédemment énoncés, bénéficiaient de cette largesse indue.

    Vous avez aussi raison de dénoncer le corporatisme de ma profession qui n’applique pas à elle-même les leçons qu’elle sert aux autres.

    En revanche, il faut comprendre quelque chose de fondamental dans notre système vacillant d’information : cette remise fiscale est une aide indirecte à la presse qui vise à aider les éditeurs de presse, les patrons, pas les salariés. Car cet abattement permet de réduire d’autant les salaires et rémunérations versées pour réduire les coûts de production. Enlevez cet avantage qui sur le papier ne se justifie plus (remboursement de frais de déplacement pour garantir l’indépendance du journaliste) et la profession dans sa grande majorité va se retrouver vraiment dans une plus grande précarité : http://www.snj.cgt.fr/profession/baremes.html

    Car ne vous y trompez pas, la majorité des journaleux que je forme en région ne roule pas sur l’or, fait de très grosses journées et ceci après de longues études pour la plupart…

    Je suis favorable à la diminution progressive des subventions à la presse ou à un meilleur contrôle public de l’emploi de celles-ci. mais les salariés eux-mêmes ne sont pas les plus profiteurs, hormis une microscopique élite de l’audiovisuel ou du magazine news qui eux, se gavent…

    Méfiez-vous des solutions faciles, elles cachent généralement une grande complexité
    ;-)

    Cordialement

    Cyrille Frank aka Cyceron

  30. Cleo Schweyer dit :

    @ Corto : J’avoue que je n’en sais rien : l’aspect fiscal n’est pas ce qui m’intéresse le plus dans mon boulot et, comme je le disais plus haut, j’ai arrêté de demander l’abattement dès lors que j’ai eu un employeur régulier (par chance assez vite).

    J’imagine que si les sites pro prennent la peine de préciser que le fisc n’a pas à exiger la carte, c’est que la pratique existe… Et elle est peut-être motivée par des fraudes, genre des faux journalistes qui demandent l’abattement :)

  31. corto74 dit :

    @cycéron: bienvenue ici et merci d’éclairer mon billet qui était, je le reprécise, plutot humoristique. Comme dans toute profession, j’imagine assez bie que pour 10 qui se font des couilles en or, il y en a bien 30 qui rament. L’image de votre profession est cependant ternie par comme vous dîtes ceux trop nombreux qui  » n?appliquent pas à eux-mêmes les leçons qu?ils servent aux autres. ». La profession de journaliste est fort mal a l aise avec l’avènement d’internet (pure players, blogs,…)car aujourd’hui, chacun peut se faire sa propre opinion sans besoin des « vérités » énoncées par les journalistes comme il y a encore une dizaine d’année. Alors pour exister, elle se complait dans l’évènementiel au détriment de l’info objective. Cette dernière étant balayée par l’immédiateté que l’on croit necessaire pour exister.

    @stef: les reportages putassiers, on en trouve partout et pas seulement chez PM ! Et je sais bien que certains politiques « monnayent » leurs apparitions. Un certain lectorat y trouve son compte, pas moi, une certaine presse aussi.

    @cleo schweyer: il y aurait donc des fraudeurs chez les journalistes, ces mêmes défenseurs de la vérité à tout prix ? :)

  32. Marianne ARNAUD dit :

    Mon cher Corto, vous parlez comme un livre !(petit bonhomme jaune qui rigole)
    Moi, je voudrais juste dire merci à ces journalistes qui sont venus dialoguer avec nous, comme des êtres humains avec d’autres êtres humains.
    Peut-être, qui sait, aurons-nous le plaisir de vous relire ici ?

  33. Cleo Schweyer dit :

    @ corto : bien sûr que non, quelle idée ! :) je pensais plutôt aux quidams mentionnés par cyceron, graphistes, éditeurs et consors, qui demandent l’abattement sans être scribouillards pour autant…

  34. Francis dit :

    si j’ai bien suivi, il n’y a pas une réelle justification…. donc on supprime…. je me permets d’ajouter un mot à une remarque de Cléo Schweyer « …. des conditions de travail réelles…. »…. s’il faut s’apitoyer sur la condtion de travail des journaliste, il y a je pense quand même beaucoup d’autres métiers prioritaires….

  35. corto74 dit :

    @marianne: moi aussi je trouve sympa que des journalistes commentent sur mon « misérable » blog mais c’est curieux Aphatie ou Joseph « Perry » Scaron ne l’ont pas fait ! Grrrrr …:)

    @francis: il est évident que certains journalistes galèrent maintenant effectivement, je ne suis pas sûr qu’il faille s’appitoyer sur leurs conditons de travail, il ya hélas bien plus précaire et ds la rémunération et ds les conditions de vie et de travail. En aucun cas, je n’aurai l’outrecuidance de plaindre un journaliste ! biz a toi
    (bon qd est-ce qu’on graille avec Boutfil ?)

    @AVIS aux pros et à ceux qui connaissent !!: Par curiosité, Roberd Ménard a-t-il un statut de journaliste ?

  36. Cleo Schweyer dit :

    @ Francis : Je ne vous demande pas de vous apitoyer :-)
    Effectivement, on ne pousse pas des wagons au fond d’une mine, et je ne me compare pas d’autres salariés qui ont des métiers autrement plus difficiles. Ceci dit, je gagne deux fois moins que mon frère qui travaille dans le bâtiment et les concepts de week-end ou de 35 heures ne font pas partie de l’équation. Vous me direz, c’est le cas de beaucoup de gens : simplement, tous ne se font pas traiter d’escrocs et de vendus :-)

  37. Marianne ARNAUD dit :

    Qu’est-ce que vous êtes encore en train de vouloir manigancer, mon cher Corto, avec votre Robert Ménard ?

  38. Robinson dit :

    Je ne viens pas pour défendre les journalistes ni leur avantage fiscal, mais vous faites une grosse erreur : l’abattement s’applique au revenu imposable, pas aux impôts.
    En gros, un journaliste qui gagne 2000 euros par mois ne déclarera pas 24 000 euros pas an mais 16 350. Et au lieu de payer à peu près 2000 euros d’impôts (à la louche), il en paiera à peu près 1200. Soit 800 euros de manque à gagner par tête de pipe.
    Avec 50 000 journalistes on arrive à (50 000 x 800) = 40 000 000 = 40 millions. C’est pas mal ! Mais on est loin des 300 millions que vous dites.

  39. Didier Goux dit :

    Cléo : Corto a raison : les gens des impôts n’ont rien à vous demander de pareil (mais eux-mêmes, très souvent, l’ignorent…). si vous les envoyez chier (poliment, on ne sait jamais), vous aurez tout de même votre abattement.

    Marianne : voyez comme vous êtes ! Tout ému de vous avoir fait pleurer, je m’empressais de vous donner une raison de sécher vos larmes et voilà que vous me comprenez de traviole ! Ah la la…

  40. corto74 dit :

    @robinson: c’est evident que cet abattement s’applique au revenu imposable et il est « forfaitaire » ainsi un journaleux qui gagne 37650 ne déclare au fisc que 30 000 euros. Il economise donc bien 7650 euros qu’en plus contrairement à ce que croient certains il n a même pas à justifier. Et pi 40 ou 300, c’est rien par les temps qui courentCeci dit bienvenue ici !

    @marianne: Pour Menard, rien, rien :) , c’est juste pour savoir et comme il commence à me chauffer, je vais peut etre bien lui consacrer un de ces jours un billet

    @didier goux: ne brusquez pas Marianne, d’abord parce que c’est une e-copine et ensuite parcequ’elle est très sensible :)

  41. Marianne ARNAUD dit :

    Je suis surtout sensible, mon cher Corto, à l’heure qui tourne !
    Je disais ça comme ça ! Ne vous fâchez pas !

  42. Gilbert dit :

    @ stef

    C’est pas parce que l’employé des impôts réclame une carte de presse pour justifier de la profession de journaliste qu’il a raison. Ce qui est dit dans l’article est juste. On peut être journaliste sans carte de presse. La loi, qui est une tautologie, est claire. Est journaliste quiconque exerce la profession de journaliste et il faut gagner plus de 50 % de ses revenus de cette activité, dans une entreprise de presse, pour être journaliste.

  43. Marianne ARNAUD dit :

    Moi aussi, mon cher Corto, j’ai un avis aux pros à faire passer :
    Mon petit doigt m’a dit que les correspondants de presse des journaux sont payés au noir !
    Peut-on attacher un quelconque crédit à cette odieuse calomnie, ou bien ?

  44. corto74 dit :

    @Gilbert: Merci d’avoir confirmé ! bienvenue ici !

    @Marianne: Alors là, je n en sais fichtre rien ! Si on demandait à Benillouche ?

  45. cyceron dit :

    Bonsoir à tous (et oui le temps passe)

    @corto74 J’avoue n’avoir pas bien saisi de prime abord le second degré de votre propos et d’ailleurs votre argumentation dans les commentaires n’en laisse rien paraître ;-)

    Il n’empêche que je ne vous donne pas tort sur le principe. j’ai moi-même sciemment renoncé à cet avantage pendant quelques années, avant de craquer. J’ai mis mes grands principes dans la poche pour compenser le salaire assez misérable (7500 francs nets en 1997) que je touchais à Bac 6 et deux concours assez pénibles.

    Certes nous les journalistes ne sommes pas les plus à plaindre et je ne me suis d’ailleurs jamais plaint (allez peut-être une fois ou deux ;-)

    Mais, je vais sortir du cadre de ma profession pour vous montrer le côté pernicieux de la chose. Aujourd’hui les chercheurs français à bac 10 ou bac 12 (j’en connais huit dan ce cas là) sont payés moins cher que les commerciaux sortis de BTS. On leur fait comprendre qu’ils ont déjà pas mal de chance d’exercer un métier qui les passionne.
    « tu vas pas en plus réclamer des ronds ? Moi je me fait caguer toute la journée à vendre des aspirateurs, merde, c’est normal je gagne pusse »

    On justifie ainsi une dépréciation du savoir, de l’expertise, de la passion qui du coup s’en va ou abandonne (j’en connais bcp du côté journaliste, y compris de très grands)

    Alors qui y perd dans l’histoire ? Tout le monde. Les passionnés éconduits et leur public, la France.

    Je ne dis pas qu’il faille nécessairement augmenter les journaleux. Je dis qu’aujourd’hui leur carte de presse et les avantages qui s’y rapportent maintient en vie une profession qui se tourne de plus en plus vers la com’ tellement plus rétributrice.

    Le niveau du journalisme en France aujourd’hui traduit déjà cette désaffection progressive, sauf exception (notamment chez les mieux payés des news mag, tiens…)

    Il y a certes des cas plus urgents à traiter : les retraités pauvres, les smicards, les précaires… Mais croyez-vous que c’est en déshabillant Paul que vous rhabillerez Jacques ? Malheureusement l’Histoire des luttes sociales montre qu’on déshabille Paul et… on déshabille Paul.

    Voilà, croyez-moi, j’ai bien réfléchi à la question qui turlupinait ma conscience…

    A bientôt

    Cyceron

  46. corto74 dit :

    @cyceron: Mon billet était humoristique mais mes commentaires sont on ne peut plus sérieux. Je n’ai aucune pitié pour les journalistes « vedettes » qui travestissent un des plus beaux metiers selon moi. La caricature la plus évidente etant evidemment, le Grand Journal sur Canal, le vendredi soir où il y a auto-satisfecit à tout va .
    Autre exemple, ce soir sur TF1, la blonde en fin de journal ns demande d’avoir une pensée pour un journaliste (que seule la corpo connait) hélas décédé: qu’est-ce qu’on en a à foutre au JT de 20h sur TF1 qu’un des collègues de ferrari soit décédé. Juste un « squattage » d’antenne pour la corpo. Tu veux d’autre exemples où cette profession se décrédibilise ?
    Alors comme tu le dis, un niveau de professionalisme pas brillant qui pourtant occupe la première place au détriment de ceux qui tentent de bien faire leur métier. Le pire, c’est que nous ne sommes pas dupes ! ( Tiens , ce soir, il y a Harry qui se met en scène chez les talibans, je rêve !)
    En tout cas merci pour tes éclairages.

  47. cyceron dit :

    @Corto74 d’accord avec ces exemples agaçants

    Les journalistes portent une responsabilité dans la désaffection qui les touche. Du moins ceux enfermés dans leur tout d’ivoire du beau savoir, ou ceux au contraire payés grassement à passer des plats. Au grand journal, vous avez affaire à des animateurs, pas des journaleux (sauf Aphatie peut-être). L’émission cultive un volontaire mélange des genres « l’info-tainment » qui s’adapte à son époque du plaisir permanent.

    Je ne sais s’il faut le déplorer ou simplement l’admettre, mais je ne pense pas que les médias soient à l’origine de cette évolution. Ils la reflètent et au pire l’accentuent, mais ce n’en sont pas les initiateurs.

    TF1 hélas, fait appel aux instincts et besoins primaires de l’individu. Sa fortune se nourrit aux sources de la pauvreté culturelle et éducationnelle de son public. Elle ne produit que ce qu’elle suppose digestible par ce dernier, considéré avec une condescendance au mieux paternaliste.

    C’est l’antithèse du métier de journaliste qui doit chercher à élever et apporter une diversité de points de vues enrichissants et porteurs de sens. Servir c’est fournir ce dont son public a besoin et aussi ce dont il ne sait pas (encore) qu’il a besoin. Le journaliste en ce sens doit être un peu pédagogue, mais pas trop au risque également de tomber dans le totalitarisme de la « bonne et juste parole ».

    Mais le problème vient d’abord de l’école¨, origine de toutes les inégalités devant la culture et le reste. Ce sont les clubs populaires, les lectures publiques, les journaux gratuits ou bon marché distribués entre 1750 et 1789 qui ont forgé une opinion publique un peu moins naïve et passive. Ce fut leur école à eux, vecteur de sens critique.

    Aujourd’hui l’école n’a plus les moyens de forger cet esprit critique (pour plein de raisons que je citerai pas ici au risque de vous assoupir une centaine d’année:) et TF1 en récolte les fruits chaque jour. Au XIXes les bourgeois souhaitaient maintenir les classes populaires dans l’ignorance comme un moyen de domination calculé. C’est à se demander si ce n’est pas toujours le cas…

    Allez bonne nuit

  48. corto74 dit :

    @cyceron: petite précision, le vendredi soir au Grand Journal, seuls des journalistes sont invités pour etre interrogés par des journalistes-animateurs !
    et merci encore pour tes commentaires !

  49. cyceron dit :

    @Corto74 j’avoue ne pas être un familier de cette émission ;-)

    Je vous (t’en prie) toujours du mal à tutuoyer, reliquat d’éducation un peu traditionnelle…

    Bonne continuation !

  50. Marianne ARNAUD dit :

    @ Didier Goux
    (et juste pour que ce billet fasse ses 50 commentaires)
    Ah non, Didier Goux ! Ne nous dites pas qu’en plus de tout cela il va falloir qu’on achète France-Dimanche ?
    Signé Mildred, bien sûr.

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