Où est passé le père ?

Posté par corto74 le 9 novembre 2010

Où est passé le père ? dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

10208 dans zOne Le sAc de MarianneLe dernier samedi du mois d’octobre, toutes les radios et journaux télévisés nous rappelaient que la « trêve hivernale » était commencée et qu’elle durerait jusqu’au mois de mars, comme chaque année. Pendant les mois d’hiver, il était donc interdit d’expulser de leur logement les locataires contre lesquels avait été prononcé un jugement d’expulsion.

Et chaque radio ou télé de nous servir, qui son reportage concernant, ici, une mère de trois enfants, travaillant la nuit, là, une mère de cinq enfants vivant déjà dans un logement minuscule et insalubre, dont elle ne pouvait plus payer le loyer.

Dans le JDD du 31 octobre, Marie Christine Barrault, marraine de la Fondation Abbé Pierre, écrit : «…jusqu’au dernier moment, on va se hâter de jeter d’autres gens dehors. Mettre des familles avec leurs enfants à la rue, c’est un comportement de sauvage. Même les bêtes n’agissent pas comme cela. »

Or que ce soit dans cet article ou dans les émissions de radio ou de télé, pas une seule fois n’apparaît le père !

On ne nous parle que de « familles mono-parentales », mais lorsqu’on creuse le sujet, on s’aperçoit que 85% de ces « familles », sont en réalité, des femmes seules avec enfants, et que leur nombre ne fait qu’augmenter avec le temps.

Mais où sont donc passés les pères ?

Quelle est cette société où jusqu’au mot « père » a disparu du discours pour être enterré dans ce néologisme sibyllin : « famille mono-parentale » ?

Il convient de rappeler ici, qu’en France, un mariage sur trois se termine par un divorce et, dans plus de la moitié des cas, des enfants mineurs sont concernés; que 30% des « familles mono-parentales » connaissent la précarité; et que les tribunaux ont à traiter 50 000 contentieux par an, dont plus des deux tiers se terminent par une condamnation pour abandon de famille, c’est à dire pour le non paiement pendant plus de deux mois, de la contribution à l’entretien des enfants.

Mais c’est lorsqu’on se penche sur les derniers chiffres de la délinquance des mineurs, qui concerne en premier lieu ces « familles » , qu’on prend peur.

Entre 2004 et 2009 :

-        Les atteintes aux biens ont augmenté de 4,5% chez les garçons et de 28,2% chez les filles.

-        Les vols avec violence de 3,3% chez les garçons et de 45,1% chez les filles.

-        Les violences physiques gratuites de 65% chez les garçons et de 100% chez les filles.

Au secours ! Père Fouettard, reviens !

Marianne A., Dans le sac de Marianne (15)

famille-monoparentale-4D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

26 Réponses à “Où est passé le père ?”

  1. Stef dit :

    Très bon article, même si je n’aime pas la dernière phrase, inutile. Oui, les divorces et les séparations avec enfants creusent le sillon de la pauvreté, notamment en région parisienne où les prix du logement dépassent l’entendement. Face à cette urgence, il y a même de plus en plus de couples qui continuent de vivre sous le même toit, pour des causes économiques, en dépit de leur séparation (bonjour l’ambiance !). Il n’y a pas de solution car on ne reviendra pas au passé avec des couples capables de tenir le choc pendant 30 ou 50 ans. La seule question qui vaille: pourquoi construit-on si peu de logement en France et notamment en Ile de France où se concentre une grande partie de cette misère ?

  2. boutfil dit :

    Nous connaissons bien, hélas, ce sujet, puisque plus de la moitié des familles accueillies chez nous sont dans ce cas
    Les pères sont très souvent inexistants et pour la pension alimentaire, n’en parlons pas, elle n’est pratiquement jamais réglée
    Les tribunaux, lorsqu’ils peuvent mettre la mains sur le fautif, ne les punissent pas vraiment, la plupart se rendent insolvables artificiellement et les juges, tout en sachant ce qui se passe,estiment qu’on ne peux rien faire
    Mais il y a aussi celles qui se déclarent seules alors que l’on est devant et manifestement des cas de polygamie, elles perçoivent toutes les aides possibles et le mec vient faire le tour des popottes le 5 de chaque mois,
    Sans compter celles qui ont 2 voir 3 gosses et qui arrivent enceintes jusqu’aux yeux, sans père, opération du St Esprit….
    Ceci dit, les pères sont de plus en plus absents, physiquement mais quand ils sont là, on peux vérifier que leur action sur l’éducation des enfants est quasiment nulle et déléguée aux femmes, qui ne viennent pas à bout de leurs loustics, d’où les chiffres que vous donnez
    absenteîsme à l’école, violence dans la rue et ailleurs, la vision que nous avons de ces enfants  » perdus » est hélas, très préocupante

    Nous sommes d’ailleurs en train de mettre en place un atelier d’aide à la parentalité….si c’est pas désastreux d’en arriver là !!!

  3. Marianne ARNAUD dit :

    @ Stef et Boutfil
    Merci pour ces commentaires particulièrement intéressants.
    C’est vrai que si j’avais pu lire les liens de Corto, où j’ai trouvé le « référent d’autorité », cela aurait peut-être moins choqué les lecteurs. Mais j’assume mon Père Fouettard qui m’est venu spontanément devant ces chiffres de la délinquance des mineurs, alors que par ailleurs la délinquance a diminué.
    Vous parlez de construire des logements, mais ces gens qu’on expulse ont un logement. A quoi sert-il de construire des logements si les gens ne peuvent pas les payer.
    Le familles polygames posent encore d’autres problèmes. L’idée de l’aide à la parentalité est sans doute à soutenir mais son efficacité dépendra beaucoup du niveau socio-culturel de ces populations qui sont pour la plupart acculturées.

  4. corto74 dit :

    @marianne: expulsions,précarité, femmes seules, délinquance… je me fais provocateur mais le coupable désigné n’est-il pas ce damné paternel ?

  5. Marianne ARNAUD dit :

    Que nenni ! mon cher Corto.
    Il me semble que quand les choses en sont au point où elles en sont on ne peut pas accuser uniquement les pères.
    Il me semble que la « prise de pouvoir » par les femmes dans les familles a désinvesti les pères, d’une partie de leur responsabilités.
    Et la société a suivi, d’où la disparition du mot. Je crois qu’au regard des résultats on est allé trop loin dans ce sens. Saura-t-on faire machine arrière ? Là est toute la question.

  6. Carine dit :

    Ce que vous dites est vrai, bien sûr.
    Mais le divorce n’est pas la seule cause!
    Pourquoi ne pas parler des « dames » dont le compagnon doit se partager entre elle et 4 autres femmes? Les enfants ne vivent pas non plus avec leur père et ces familles vivent comme des familles mono-parentales. En outre, il leur faut dorénavant plusieurs apparts, un par femme… Les familles classiques européennes peuvent toujours essayer de se loger…
    Sans parler des « pères pondeurs » qui existent partout, mais surtout dans les sociétés africaines. Vous savez ceux du style « je ne fais que passer et je te laisse un petit souvenir pour les soirées d’hiver », à l’américaine (quid de la prévention sida, entre parenthèse?)
    Aux USA, c’est un vrai problème, ces mères afro-américaines seules qui élèvent plusieurs enfants, sans moyens. Pourquoi voudrions-nous que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets en France et en Europe?

  7. boutfil dit :

    il existe aussi ce que nous appelons les  » enfants alibi » un sans papiers rencontre une fille, lui fait croire au grand amour, lui colle un moutard et il n’est plus expulsable, même s’il ne vit plus avec la mère, et les plus malins se marient, obtiennent les papiers et au revoir clarisse!! ils se contrefichent des gamins et la nana n’a plus que les yeux pour pleurnicher, on en voit tellement des comme ça !! on a beau leur dire, fait attention il n’a pas de papiers, mais la réponse de ces sottes est toujours la même  » lui, il est pas comme ça  » tu parles !!! ça nous donne des enfants métissés, sans repères et une mère qui doit se débrouiller seule, parfois, elles sont suffisament connes pour recommencer la même chose….avec un autre !!!

  8. galoune dit :

    Il y a des pères lavettes, des pères absent, mais aussi des femmes qui ne laissent pas de place, qui se veullent libres et fortes, trop fortes…
    Les deux existent, mais nous sommes bien d’accord, sans triangulation, point de salut!

  9. Marianne ARNAUD dit :

    @ Carine et Boutfil
    Je suis sûre que les exemples que vous donnez existent, mais s’il faut en croire le lien de Stef les familles monoparentales étrangères ne comptent que pour 29% de ces familles.
    Les autres sont des femmes françaises avec enfants, telles que je viens d’en voir deux aux actualités de France2.
    @ Galoune
    Il est indéniable que certaines femmes sont les artisans de la situation dans laquelle elles se trouvent parce que, comme vous le dites, elles ont voulu être trop libres et se sont crues très fortes.
    D’autres subissent ce fait accepté par la société : des hommes qui ne sont pas ou peu concernés par leurs enfants.

  10. LiKa dit :

    @ Boutfil : Ca m’intéresse, ton atelier. S’il avait pu exister il y a quarante ans, cela m’aurait aidée.

    @ Marianne : Je suppose que cet atelier d’aide à la parentalité comporte justement une formation pour ceux que tu appelles « acculturés »… et pour les autres.

    @ Stef : En effet ce n’est pas d’un Père Fouettard dont l’enfant a besoin, mais d’un père présent, responsable, attentif à ce qui se passe – et capable, en accord avec la mère, de sanctionner le cas échéant.

  11. LiKa dit :

    @ Corto : Je m’immisce chez ta locataire du mardi pour te dire que demain je penserai à toi. Je sais que ton petit frère va subir une cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique. J’espère que ce n’est pas un examen trop désagréable. Bisous à toi, cher Corto. Tiens-nous au courant ? Je viendrai jeudi sur ton blog. Re-bisous

  12. Didier dit :

    Il est clair que notre système n’est absolument plus adapté aux aspirations des gens et, de plus, il permet toutes les filouteries possibles et imaginables.

  13. Marianne ARNAUD dit :

    @ Lika
    Vous avez tout à fait raison, mon Père Fouettard c’était de l’humour noir !
    Mais l’école de parentalité, dans une société qui a accepté la perte de ses pères et de ses repères ?
    @ Didier
    Je pense que c’est parce qu’on ne s’est occupé que des « aspirations » des gens vers plus de liberté, moins de contraintes, qu’on a fini par accepter l’inacceptable.

  14. Stef dit :

    Malheureusement, Marianne, comme vous le dîtes, un mariage, aujourd’hui, a de bonnes « chances » d’échouer -c’est dans l’air du temps et cela n’évoluera pas favorablement dans la mesure où tout est désormais histoire de zapping dans la société actuelle, y compris dans la vie amoureuse (au-delà du simple vagabondage sexuel). Dans un contexte économique dégradé (on voit que la classe moyenne « inférieure » est de plus en plus touchée par la crise), l’enfant est forcément la victime, que l’on soit blanc, noir, gris ou jaune. Et l’école ne peut pas recoller les morceaux d’une enfance blessée et ballotée. Malgré ces chiffres alarmants, je suis frappé de voir autant de femmes enceintes dans les rues de notre pays, signe d’une confiance dans l’avenir. Les femmes ont encore cette forme de positivisme en elles alors que les hommes ont des tendances destructrices. A elles de prendre le(s) pouvoir(s) pour secouer l’immobilisme et le pessimisme de la France.

  15. corto74 dit :

    @lika: pas douloureux c’est sous anesthésie générale, je te dirai ! bisous à jeudi

    @marianne: J’entend et vois ici et là des reportages ou infos sur ces nouvelles écoles de parentalité !! A chaque fois,Ca me troue le fondement des écoles pour apprendre à etre de bons papas et mamans ! On ne marcherait pas un peu sur la tête ? Si nos aieux voyaient cela , il y a fort à parier que pour rien au monde ,z’auraient envie de revenir sur terre !

    @galoune: sans triangulation point de salut ! j’aime bien.

    @stef: c’est tout a fait cela , une societé « zapping » pour le mariage comme pour pas mal , trop, de choses

  16. Marianne ARNAUD dit :

    @ Stef
    Je comprends tout à fait ce que vous voulez dire : lorsque vous écrivez : « à elles de prendre le(s) pouvoir(s) ».
    C’est vrai qu’une femme amoureuse fera tout pour avoir un enfant de l’homme qu’elle aime, c’est la nature qui le veut, et comme vous je trouve encourageant toutes ces femmes qui, dans notre pays, font encore des bébés. C’est leur manière à elles d’affirmer qu’elles sont près de leur nature, même si elles n’en sont pas conscientes.
    Après… à elles de se débrouiller dans une société, qui n’a plus que le mot « écologie » à la bouche et qui n’a jamais été aussi éloignée des besoins naturels des gens sur le plan affectif et moral.

  17. Marianne ARNAUD dit :

    J’imagine, mon cher Corto, que l’école de la parentalité c’est un peu comme les cours qu’on fait aux professeurs qui consistent à leur donner des « tuyaux » pour « tenir » leurs enfants ou leur classe.
    Les parents, dans la majorité des cas aiment leurs enfants, mais souvent ils se trompent en croyant agir dans leur intérêt, comme ce couple qui est allé « casser la gueule » d’un professeur parce qu’il avait osé exclure leur fille pour quelques jours.

  18. corto74 dit :

    @marianne: en allant casser la gueule du prof, je ne suis pas sur que ce soit les interêts de l’enfait qu’ils aient voulu servir/ Plutot une sorte de vengeance de parents pris la main ds le sac d’une éducation pas géniale. Et quel bel exemple pour la gamine !

  19. Stef dit :

    On parle des pères absents d’aujourd’hui, mais ne l’étaient-ils pas hier ? Même si le couple était préservé dans les générations précédentes, le père était souvent bien loin des préoccupations de ses progénitures, trop accaparé par son travail et à une époque où la femme devait tout assumer. Je suis issu d’un milieu où je n’ai manqué de rien, sans plus, mais j’ai eu le sentiment d’avoir aperçu mon père pendant bien des années…

  20. Marianne ARNAUD dit :

    @ Stef
    Sans doute avez-vous peu vu votre père, et votre mère assumait tout à la maison, mais votre père, lui, travaillait pour sa famille.
    De nos jours il se trouve des pères pour organiser leur impécuniosité pour ne pas avoir à payer de pension alimentaire.
    Cela fait tout de même une différence.

  21. galoune dit :

    Triangulation parce qu’il s’agit aussi de mettre « du » tiers, deux hommes, deux femmes, cela me parait aussi succeptible de donner des repères, c’est le parent seul qui se noie faute de recul…
    Ton frère???
    (croisement de doigts)
    Bises!

  22. corto74 dit :

    @galoune: les examens s sont bien passés, attente des résultats demain matin, bisous

  23. galoune dit :

    C’est toujours bon à prendre!!!
    Bisous et donne nous d’autres nouvelles.

  24. galoune dit :

    D’autres nouvelles???

  25. corto74 dit :

    @galoune: le petit frere a donc une pancréatite en flamme ! Et… une aiguille ou une épingle à cheveu ou un truc y ressemblant qui se ballade par là bas… Je sais ça parait surprenant et pourtant : ingestion volontaire ou oubli ? peu importe opération a suivre vers le 22/11

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