Le mensonge tue

Posté par corto74 le 21 novembre 2010

Le mensonge tue dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

catlin_wunnestoublackfmedma dans zOne Dimanche cuLture !Aux alentours de l’an mil de notre ère, un jeune Indien Béothuk, Anin, fait le tour de ce qu’il croit être « le monde » : l’île de Terre-Neuve. Fondateur d’un nouveau clan, Anin est l’ancêtre de tous les personnages dont la geste de huit siècles, ici racontée à plusieurs voix, finit par former, jusqu’au terme d’un lent et inexorable génocide, la saga d’une nation aujoud’hui disparue.

« Camtac disait que l’apprentissage durait toute la vie et que se perpétuer en ses enfants ne lui apporterait rien de plus que ce qu’il aurait enseigné à ses successeurs dans ce monde. Que la connaissance totale ne venait que de la mort et de la réincarnation en d’autres êtres. C’est ainsi que la connaissance vient aux humains. Dans une vie on se suffit à soi-même. Dans la réincarnation, on apprend aux autres. Dans la sagesse de la connaissance, on transmet à ceux qui viendront la mémoire de ceux qui ne sont plus. Et c’est ainsi que survit un peuple, une nation. Tout le savoir d’un homme ne sert à rien s’il n’est pas transmis. Toute transmission ne sert à rien si elle n’est pas comprise. Il faut donc toujours avoir les oreilles propres pour entendre et les yeux ouverts pour voir et comprendre. Voilà le secret de l’existence des Béothuks. C’est pourquoi, selon Camtac, les Béothuks vivraient toujours, même quand mourrait le dernier. Ils continueraient de vivre en d’autres. Dans d’autres mémoires. Dans d’autres apprentissages. Camtac disait que les Béothuks étaient éternels. Ils étaient la vie. Il y aurait toujours des Béothuks dans le monde entier. Car il y aurait des choses à apprendre. Ils sont éternels par leur besoin de savoir, de connaître, de donner.

Le Malouin avait écouté le père de sa première épouse sans jamais l’interrompre, selon une coutume béothuke que Le Guellec avait vite apprise.

 » Si tu veux apprendre, regarde et écoute. Ne pose pas de questions inutiles. Tu pourrais forcer les gens à mentir. Souviens-toi de ce qu’à dit l’aïeul Anin sur le mensonge dans son récit sur son voyage. Le mensonge est mal et mérite la mort. Le mensonge, c’est la mort. Seule la vérité existe. Seule la vérité doit vivre. Le mensonge tue, le mensonge fait mal à l’intérieur et ronge qui le commet. La vérité la plus laide vaut mieux que le plus beau des mensonges. « 

Si le mensonge tuait vraiment, tous les Français seraient morts depuis longtemps, songeait l’ancien marin de l’équipage de Jacques Cartier pendant son voyage vers les autres villages béothuks de l’île des Addaboutiks, les Hommes-Rouges. »

La saga des Béothuks, Bernard Assiniwi, extrait .

Le texte du dimanche (42)

bernard_assiniwi17D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

29 Réponses à “Le mensonge tue”

  1. Marianne ARNAUD dit :

    C’est un très beau texte, mon cher Corto, que vous nous proposez-là.
    C’est toujours émouvant de penser à ces peuplades d’Amérique qui ont disparu à cause des Européens. Et peu importe, si on ne peut pas qualifier leur action de « génocidaire ».
    Mais tous les Amérindiens n’ont pas disparu et je crois que dans certaines régions on assiste même à leur renaissance, car ainsi qu’il est dit dans le texte : « Ils sont éternels par leur besoin de savoir, de connaître, de donner. »

  2. Didier Goux dit :

    Je suis toujours très sceptique devant l’équation : primitifs exotiques = sagesse (proches de la nature, en harmonie avec les éléments, gnin-gnin-gnin). L’effet de distorsion avec ce que nous savons de nous-mêmes tient je crois au fait que l’on compare nos actes avec leurs textes (ou leurs récits, légendes, mythes, etc.) qui ne sont jamais que des déclarations d’intention. C’est un peu comme si une civilisation lointainement future se mêlait de nous juger sur la seule Déclaration des droits de l’homme en la prenant pour argent comptant, pour une règle de nos vies quotidiennes.

    Dans la réalité, vos Beothuks ont dû compter, comme n’importe quel peuple de la terre, un nombre considérables de connards et de basses crapules…

    Ugh, j’ai dit !

  3. Didier dit :

    Comme tout précepte fondateur, il n’en reste souvent plus grand-chose au bout de quelques générations…

  4. boutfil dit :

    plutôt d’accord avec Didier Goux, les civilisations anciennes sont valorisées, montées en épingles par les écolos merdos en particuliers qui pensent que tout était parfaitement en accord avec leurs principes et leurs définitions actuelles de la nature et du bon sauvage type Rousseau….m’est avis que ça devait pas être tout aussi biblique!!!
    comme aurait dit Coluche  » la zonz, y’

  5. boutfil dit :

    pufffff! c’est le Chinon… donc il disait,  » la zone, y’avait même pas un bistrot  »
    bon ,ok, je sors….

  6. corto74 dit :

    @marianne: le texte est sympa et me fait penser aux jeunes thailandais que j ai rencontré (tte resemblance avec un mnistre en exercie serait pure délire) qui roulant comme des fous en scooters me disaient qu’ils n’avaient pas peur de la mort puisque de tte façon ils seraient réincarnés.
    J’aime assez la façon dont l’auteur traduit la transmission du savoir.
    Les amerindiens, pour quelques uns « revivent » actuellement, certains deviennent meme des vrais businessmens casinos, lieux touristiques… mais comme le dit didier ci-dessous que reste-t-il apres quelques générations …

    @didier goux et boutfil: asssez d’accord avec ce que vs ecrivâtes. Je suis assez sceptique sur l’oeil que nous portons sur les cultures et civilisations passées soit en les mal jugeant soit en les idéalisant un peu trop, soit encore en interprétant à notre guise leur « heritage ». La sagesse des anciens, oui, pkoi pas, mais point trop n en faut !
    Et pas besoin d’aller chercher si loin avec les indiens d’amerique. Oui, se mefier de notre regard compatissant.

    @boutfil: Chinon ? moi Bourgueil ce soir :)

  7. galoune dit :

    Ben oui, disparu…
    Bonne route à toi! Et pleins de bises, de la chance pour le boulot, du succès à ton blog, de la santé à ceux que tu aimes, de l’amour , du sexe et un beau printemps dans tes jardins…
    Il y a des diférences trop compliquées pour moi…
    Alors plutôt que mon agressivité, je choisis un peu de distance…
    J’aime l’homme ouvert que tu es, je suis lasse du blog politique… Trop compiqué pour moi à gérer. Bonne route l’ami, et des bises sincères pourtant.

  8. Didier dit :

    Entièrement d’accord avec vous dans le sens où si nous laissons aller la nature, nous sommes faits comme des rats. Essayez d’aller vivre au milieu des bois et de laisser la nature faire son oeuvre autour de vous, si ce n’est pas l’infiniment grand qui a votre peau, ce sera l’infiniment petit qui l’aura. Nous ne connaissons pas un-millionième de ses pouvoirs ni de sa capacité à s’organiser en fonction des circonstances. Ses ressources sont infinies et l’humanité n’en est finalement qu’à ses balbutiements( pas besoin d’être grand clerc pour s’en rendre compte hein…) alors qu’elle, elle fait son bonhomme de chemin depuis 3 ou 4 milliards d’années sans rien demander à personne. L’humain moderne dans ses grandes prétentions fait simplement l’énorme erreur de croire qu’elle lui appartient alors qu’il en est issu, c’est en ce sens que les croyances indiennes ont leur intérêt. Pas pour faire de la propagande écolo bien évidemment mais pour rappeler à l’Homme qu’il n’est qu’une simple composante toute fraîche de cet ensemble, une composante absolument pas indispensable qui a d’ailleurs failli ne jamais exister. Si l’alchimie de la vie s’en était arrêtée aux deux premiers essais, nous ne serions pas là pour philosopher sur la chose. Côté écolo, il n’y a que les « ultras » qui justifient leurs combats avec des croyances ancestrales, ce qui ne tient pas la route face aux réels enjeux d’avenir. La problématique de l’humain est simple, il veut tout et n’importe quoi à n’importe quel moment alors que la question serait de savoir qui a besoin de quoi, quand et pour quoi en faire.

  9. LiKa dit :

    Cher Corto, je te remercie pour ce texte du dimanche. Il me parle.
    J’ai recopié : « Tout le savoir d’un homme ne sert à rien s’il n’est pas transmis. Toute transmission ne sert à rien si elle n’est pas comprise. Il faut donc toujours avoir des oreilles propres pour entendre et de yeux ouverts pour voir et comprendre. » Les bouddhistes raisonnent ainsi.
    Cela dit, je ne comprends pas ce que vient faire là l’équation de Didier Goux; et toi, Boutfil, qui lui emboîtes le pas… !? J’en suis tout étonnée.

  10. boutfil dit :

    LIKA je dit simplement qu’il ne faut pas voir les civilisations anciennes à notre aune….tout n’était pas si rose qu’on veux bien nous le faire croire, par contre, quelque soit la civilisation,la transmission du savoir, de la mémoire est une question de survie, là dessus bien d’accord avec toi, sauf que nous, nous ne transmettons pas grand chose de positif ces temps ci…

  11. Marianne ARNAUD dit :

    Permettez-moi d’être complètement ébarnouflée par le commentaire de Didier Goux, sur le texte d’un écrivain qui n’est donc pas un texte d’anthropologue mais plutôt une sorte de conte sur les dangers du mensonge et l’importance de la transmission.

  12. le gaga gaspard dit :

    IL n’est pas inutile de rappeler en effet que Bernard Assiniwi est un écrivain et non un anthropologue.
    L’anthropologie, au court de sa récente histoire, a défendu deux raccourcis intellectuels qu’elle a maintenant abandonné. Le racisme pur et simple, qui rejette hors de l’humanité tout ce qui ne s’apparente pas à la culture originelle de celui qui juge et le phénomène inverse, celui de rejeter sa propre culture au profit d’une autre jugée meilleure.
    Car dans ces deux cas, ces jugements de valeur n’expliquent pas pourquoi il y a une unité de l’homme et une diversité des cultures. Malheureusement on ne peut que regretter en plus qu’ils continuent à participer à la diffusion de l’obscurantisme.

  13. Didier Goux dit :

    Eh bien, moi, si j’ai réussi, et d’une seule main encore, à ébarnoufler Mme Arnaud, ça suffit à mon bonheur du jour !

  14. Marianne ARNAUD dit :

    @ Didier Goux
    Serait-il indiscret de vous demander ce que vous faisiez de l’autre main, pendant ce temps ?

  15. corto74 dit :

    @didier: rien a ajouter, tu exprimes posément ce que Didier Goux et Boutfil ont dit avec leur style particulier en une phrase:
    « L?humain moderne dans ses grandes prétentions fait simplement l?énorme erreur de croire qu?elle lui appartient alors qu?il en est issu, c?est en ce sens que les croyances indiennes ont leur intérêt. Pas pour faire de la propagande écolo bien évidemment mais pour rappeler à l?Homme qu?il n?est qu?une simple composante toute fraîche de cet ensemble »

    @lika et marianne: le septicisme de boutfil et de didier est parfaitement légitime lorsque l’on lit ou entend les écolos « modernoeuds ». J’adhère aussi a ce septicisme. Le texte est bien sur tres chouette mais il faut le voir uniquement pour ce qu’il est et peut etre pas chercher à l’interpreter. J’ai lu que l’auteur a mis plus de 20 ans a écrire cette saga. Il l a donc fait avec sérieux et precisions. Lisons le comme un témoignage , non comme un conte, et mefions nous des sens qu’on voudrait lui preter.

    @gaga gaspard: hey, cela faisait longtemps ! Unité de l’homme , diversité des cultures et l’usage que l on fait de ces diversités.

    @didier goux et marianne: ebarnouffler, késako, m’en vais aller chercher.

    @marianne: de l’autre main ? m’enfin ! :)

  16. REY dit :

    Un texte bien senti…Un fond bienveillant et bienvenue!Chacun peut en faire ce qu’il veut!Apres tout il y en a pour tous le monde.
    Cordalement

  17. corto74 dit :

    @rey: ben toi aussi ca faisait longtemps ! C’est vrai ça apres tout: chacun en fait ce qu’il veut :)

  18. Sweeney Todd dit :

    C’est un beau texte, mais je ne suis pas vraiment d’accord.
    Un peuple qui disparaît ne ressuscite jamais, la transmission du savoir est réversible. Par cela je veux dire que l’on se remet toujours d’une mauvaise éducation alors que la disparition « physique » en tant que peuple est définitive. Ce ne sont plus que des songes. Mais ils ont eu au moins la chance de vivre sur un territoire, difficilement accessible. Il y a des frontières que l’homme avisé devrait s’abstenir de franchir si il tient sincèrement à préserver ce qu’il nomme la diversité. Qui selon moins est une réalité qui n’a nul besoin d’être un théorème parce que ces amérindiens sont maintenant en grande partie -et je le déplore- des petits mecs qui ont rejoint la ronde.

  19. LiKa dit :

    @ Didier et Gaga Gaspard : Merci de m’avoir intéressée.

    @ Boutfil : Bien sûr, Boutfil, qu’il ne faut pas voir les civilisations à notre aune (D’ailleurs, notre aune, ce serait quoi ? Hum, n’est-ce pas…) Et pourtant je suis sûre que tu transmets beaucoup de choses à ta petite-fille Victoire – je l’envie.
    « Nous devons être le changement que nous voulons voir dans le monde ». Matthieu Ricard met cette phrase de Gandhi en exergue de son livre « L’art de la méditation » (Pocket Evolution).
    Dès le début du livre, le Matthieu écrit : »[...]j’ai eu la grande chance de vivre auprès de maîtres spirituels authentiques qui ont inspiré ma vie[...]« . Alors la Lika, dans la marge : « Moi, par contre, j’ai eu la malchance de vivre longtemps auprès d’authentiques crétins. »
    Réaction à de saintes lectures : on y voit rarement de l’humour…

  20. corto74 dit :

    @sweeney Todd: bienvenue ici, plus on est de fous, plus on …disserte et c’est bien.

    @lika: Comment va ? je note , desespéré, que je ne t’interesse pas, à la difference de Boutfil et Didier ainsi que mes beothuks ! bisous à toi
    Ce texte est étonnant; de mes 42 textes du dimanche c’est celui qui a entrainé avec lui le plus de visiteurs !

  21. Didier Goux dit :

    Chère Marianne, un vieux lecteur de San-Antonio comme moi ne serait nullement peine de vous dire ce qu’il faisait de l’autre main, et de le faire en mille et une expressions fleuries propres à déconcerter le commun des mortels…

  22. Marianne ARNAUD dit :

    @ Didier Goux
    Sauf si ce « commun des mortels » était lui aussi « un vieux lecteur de San Antonio », et que ce soit précisément cette raison qui ait induit sa question.
    J’ai remarqué chez les « vieux lecteurs de San Antonio », comme une seconde nature tournée vers la gaudriole de manière irrépressible et souvent dérangeante pour les autres.
    Peut-être bien que nous formons un « peuple » qui aura plus de chance, dans l’avenir, que les Béothuks ?

  23. Didier Goux dit :

    Chère Marianne, je ne voudrais pas me montrer mesquin à l’excès, mais généralement les « vieux lecteurs de San-Antonio » n’oublient pas le trait d’union de son nom…

  24. Marianne ARNAUD dit :

    @ Didier Goux
    Et ces points d’interrogation à la place des guillemets, cela ne mériterait-il pas une petite remarque mesquine aussi ?
    Et ne venez pas me raconter une salade informatique à ce sujet.

  25. corto74 dit :

    @marianne: ben si, justement c’est une salade informatique que je viens de corriger :)

  26. Didier Goux dit :

    Et toc !

  27. Marianne ARNAUD dit :

    @ Corto et Didier Goux
    Vous n’avez pas fini de me faire ch…aque fois la même chose ?

  28. Dissertation dit :

    Hi… I read your post and I want to say that it is very good and informative. I like it and I appreciate you for your effort.Thanks..

Laisser un commentaire

 

weekend |
blogprotectionanimale |
NATURALITE SAUVAGE |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | jerome2008
| AHL EL KSAR
| pachasirdarlin