Nolwenn Leroy a trouvé son âne

Posté par corto74 le 10 avril 2011

Nolwenn Leroy a trouvé son âne dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

Tiens, ce billet, c’est juste pour emmerder le Nouvel Obs ! Ce n’est pas que j’apprécie particulièrement Nolwenn Leroy, j’aime bien, sans plus. Par contre, je n’aime pas que l’on descende en flèche un artiste au seul tort qu’il n’aurait pas l’heur de plaire à un journaleux besogneux en quête de buzz. De nos jours, la polémique semble être devenue un art, monsieur Pliskin, il faut donc du talent pour polémiquer, vous semblez ne pas avoir été pourvu.

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monsieur Pliskin, vous êtes un âne, et pour la peine, je vous en remet une couche.

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Les chansons du dimanche (58)

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Les livres n’ont rien à dire !

Posté par corto74 le 27 mars 2011

Les livres n'ont rien à dire ! dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

FAHRENHEIT_451_by_aspius dans zOne Dimanche cuLture !Montag est un pompier, mais pas un pompier tel que nous le concevons aujourd’hui. Dans ce futur là, les pompiers brûlent les livres, fahrenheit 451 étant la température à laquelle ils brûlent. Un jour, Montag va commencer à douter et essayer de comprendre ce que contiennent ces livres, soit disant si dangereux. Beatty, son chef, voyant Montag réfléchir au « bien-fondé » de sa mission, va tenter de lui expliquer :


« Si vous ne voulez pas qu’un homme se rende malheureux avec de la politique, n’allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu’il oublie jusqu’à l’existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d’impôt, cela vaut mieux que d’embêter les gens avec ça.

La paix, Montag !

Proposez des concours où l’on gagne en se souvenant des paroles d’une chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel état ou de la quantité de maïs récoltée dans l’Iowa l’année précédente. Bourrez les gens de données combustibles, gorgez les de « faits », qu’ils se sentent gavés, mais absolument « brillants » côté information. Ils auront l’impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie. Tout homme capable de démonter un télécran mural et de le remonter, et la plupart des hommes en sont aujourd’hui capables, est plus heureux que celui qui essaie de jouer de la règle à calcul, de mesurer, de mettre l’univers en équations, ce qui ne peut se faire sans que l’homme se sente solitaire et ravalé au rang de la bête. Je le sais, j’ai essayé.

Au diable tout ça. Alors place aux clubs et aux soirées entre amis, aux acrobates et aux prestidigitateurs, aux casse-cou, jet cars, motogyres, au sexe et à l’héroïne, à tout ce qui ne suppose que des réflexes automatiques.»

Fahrenheit 451, publié en 1953 de Ray Bradbury.

Le texte du dimanche (57)

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( En liens, 2 extraits du film de François Truffaut )

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L’actu vue par Archischmock

Posté par corto74 le 20 mars 2011

L'actu vue par Archischmock dans zOne Blog it ! wikio4 Voter !

Vous ne connaissez pas Archischmock, avec une majuscule ? Vous devriez aimer. Allez, régalez-vous ! 

La diplomatie française qu’aurait des problèmes… 

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DSK, qui y va, qui y va pas…

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Un ex-parfumeur qui s’oublie…

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Et quand y en a plus, y en a encore !

Des vidéos et des petites phrases hautes en couleurs (c’est con comme expression, haut en couleur, non ?):

- A quoi sert d’avoir faim des meilleures choses puisque les meilleures choses ont une fin ?

- Quand on passe des vacances en polysémie, il suffit d’être prudent quand on commande un petit noir…

- Lycée de banlieue: institution dans laquelle les adultes ( appelés selon la coutume « professeurs ») respectent l’autorité naturelle des jeunes ( appelés selon la coutume « élèves »).

Archischmock, c’est ici !

Le texte truc du dimanche (56).

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Que je me perde en toi

Posté par corto74 le 13 mars 2011

Que je me perde en toi dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

« Je suis peut-être enfoui au sein des montagnes112155 dans zOne Dimanche cuLture !
solitaire comme une veine de métal pur;
je suis perdu dans un abîme illimité,
dans une nuit profonde et sans horizon.
Tout vient à moi, m’enserre et se fait pierre.

Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait,
et cette grande nuit me fait peur;
mais si c’est là ta nuit, qu’elle me soit pesante,
qu’elle m’écrase,
que toute ta main soit sur moi,
et que je me perde en toi dans un cri.

Toi, mont, seul immuable dans le chaos des montagnes,
pente sans refuge, sommet sans nom,
neige éternelle qui fait pâlir les étoiles,
toi qui portes à tes flancs de grandes vallées
où l’âme de la terre s’exhale en odeurs de fleurs.

Me suis-je enfin perdu en toi,
uni au basalte comme un métal inconnu?
Plein de vénération, je me confonds à ta roche,
et partout je me heurte à ta dureté.

Ou bien est-ce l’angoisse qui m’étreint,
l’angoisse profonde des trop grandes villes,
où tu m’as enfoncé jusqu’au cou?

Ah, si seulement un homme pouvait dire
toute leur insanité et toute leur horreur,
aussitôt tu te lèverais, première tempête de monde,
et les chasserais devant toi comme de la poussière_

Mais si tu veux que ce soit moi qui parle,
je ne le pourrai pas, car je ne comprends rien;
et ma bouche, comme une blessure,
ne demande qu’à se fermer,
et mes mains sont collées à mes côtés comme des chiens
qui restent sourds à tout appel.

Et pourtant, une fois, tu me feras parler.

Que je sois le veilleur de tous tes horizonsfriedrich
Permets à mon regard plus hardi et plus vaste
d’embrasser soudain l’étendue des mers.
Fais que je suive la marche des fleuves
afin qu’au delà des rumeurs de leurs rives
j’entende monter la voix silencieuse de la nuit.

Conduis-moi dans tes plaines battues de tous les vents
où d’âpres monastères ensevelissent entre leurs murs,
comme dans un linceul, des vies qui n’ont pas vécu

Car les grandes villes, Seigneur, sont maudites;
la panique des incendies couve dans leur sein
et elles n’ont pas de pardon à attendre
et leur temps leur est compté.

Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d’eux n’a vu la pauvre grimace
qui s’est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d’un peuple plein de foi.

Ils vont au hasard, avilis par l’effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s’usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.

La foule les bouscule et passe indifférente,
bien qu’ils soient hésitants et faibles,
seuls les chiens craintifs qui n’ont pas de gîte
les suivent un moment en silence.

Ils sont livrés à une multitude de bourreaux
et le coup de chaque heure leur fait mal;
ils rôdent, solitaires, autour des hopitaux
en attendant leur admission avec angoisse.

La mort est là. Non celle dont la voix
les a miraculeusement touchés dans leurs enfances,
mais la petite mort comme on la comprend là;
tandis que leur propre fin pend en eux comme un fruit
aigre, vert, et qui ne mûrit pas.

O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
donne à chacun la mort née de sa propre vie
où il connut l’amour et la misère.

Car nous ne sommes que l’écorce, que la feuille,
mais le fruit qui est au centre de tout
c’est la grande mort que chacun porte en soi.

C’est pour elle que les jeunes filles s’épanouissent,
et que les enfants rêvent d’être des hommes
et que les adolescents font des femmes leurs confidentes
d’une angoisse que personne d’autres n’accueille.
C’est pour elle que toutes les choses subsistent éternellement
même si le temps a effacé le souvenir,
et quiconque dans sa vie s’efforce de créer,van_gogh_cafe
enclôt ce fruit d’un univers
qui tour à tour le gèle et le réchauffe.

Dans ce fruit peut entrer toute la chaleur
des coeurs et l’éclat blanc des pensées;
mais des anges sont venus comme une nuée d’oiseaux
et tous les fruits étaient encore verts.

Seigneur, nous sommes plus pauvres que les pauvres bêtes
qui, même aveugles, achèvent leur propre mort.

Oh, donne nous la force et la science
de lier notre vie en espalier
et le printemps autour d’elle commencera de bonne heure.»

Le livre de la Pauvreté et de la Mort (1902),  Rainer Maria Rilke (1875-1926)

Le texte du dimanche(55)

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Toulouse

Posté par corto74 le 6 mars 2011

Toulouse dans zoNe à  mOi wikio4 Voter !

Allez, tenez, une manière fort sympathique de traiter la fatigue et ma flemme de ce dimanche soir. Un artiste que j’adore et une ville qui est chère à mon coeur:

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Bonne soirée à tous et à demain!

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Faim de l’autre

Posté par corto74 le 13 février 2011

Faim de l'autre dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

1001749648 dans zOne Dimanche cuLture !Sorry, les p’tits loups, aujourd’hui c’est service minimum, overbooké que je fus. En guise de texte du dimanche, une citation de Michel Tournier.

Vous savez, Tournier, Vendredi ou Les limbes du pacifique (1967), Le roi des Aulnes (1970) et toussa…

Une petite redif’, en somme, puisque déjà publiée, ici, à une époque où personne ne lisait ce blog.

 “Il est cependant un domaine où le plaisir et la joie se confondent indissolublement, c’est la sexualité, et c’est ce qui la rend incomparable. Car le désir sexuel est une faim de l’autre, et ressemble par bien des côtés à une pulsion cannibalesque. Le goût violent de la chair d’autrui, de son odeur, des humeurs qu’elle sécrète a un aspect évidemment anthropophage. Et quand le sexe en reste à ce niveau, il n’est pas loin de basculer dans le sadisme. Mais cet élan destructeur est en même temps un acte créateur, et le plaisir sexuel s’épanouit dans la construction d’une vie à deux. Car la rencontre de deux personnes qui s’aiment inaugure une vie nouvelle, imprévue, incomparablement plus riche que la simple addition de leurs qualités respectives”.

Michel Tournier

Le (petit) texte du dimanche (52)

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Les qualités d’un prince

Posté par corto74 le 6 février 2011

Les qualités d'un prince dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

3254475772_f65a2b7095 dans zOne Dimanche cuLture !« Ainsi donc, pour en revenir aux bonnes qualités (…), il n’est pas bien nécessaire qu’un prince les possède toutes ; mais il l’est qu’il paraisse les avoir. J’ose même dire que s’il les avait effectivement, et s’il les montrait toujours dans sa conduite, elles pourraient lui nuire, au lieu qu’il lui est toujours utile d’en avoir l’apparence. Il lui est toujours bon, par exemple, de paraître clément, fidèle, humain, religieux, sincère ; il l’est même d’être tout cela en réalité : mais il faut en même temps qu’il soit assez maître de lui pour pouvoir et savoir au besoin montrer les qualités opposées.

On doit bien comprendre qu’il n’est pas possible à un prince, et surtout à un prince nouveau, d’observer dans sa conduite tout ce qui fait que les hommes sont réputés gens de bien, et qu’il est souvent obligé, pour maintenir l’État, d’agir contre l’humanité, contre la charité, contre la religion même. Il faut donc qu’il ait l’esprit assez flexible pour se tourner à toutes choses, selon que le vent et les accidents de la fortune le commandent ; il faut, comme je l’ai dit, que tant qu’il le peut il ne s’écarte pas de la voie du bien, mais qu’au besoin il sache entrer dans celle du mal.

Il doit aussi prendre grand soin de ne pas laisser échapper une seule parole qui ne respire les cinq qualités que je viens de nommer ; en sorte qu’à le voir et à l’entendre on le croie tout plein de douceur, de sincérité, d’humanité, d’honneur, et principalement de religion, qui est encore ce dont il importe le plus d’avoir l’apparence : car les hommes, en général, jugent plus par leurs yeux que par leurs mains, tous étant à portée de voir, et peu de toucher. Tout le monde voit ce que vous paraissez ; peu connaissent à fond ce que vous êtes, et ce petit nombre n’osera point s’élever contre l’opinion de la majorité, soutenue encore par la majesté du pouvoir souverain.

Au surplus, dans les actions des hommes, et surtout des princes, qui ne peuvent être scrutées devant un tribunal, ce que l’on considère, c’est le résultat. Que le prince songe donc uniquement à conserver sa vie et son État : s’il y réussit, tous les moyens qu’il aura pris seront jugés honorables et loués par tout le monde. Le vulgaire est toujours séduit par l’apparence et par l’événement : et le vulgaire ne fait-il pas le monde ? Le petit nombre n’est écouté que lorsque le plus grand ne sait quel parti prendre ni sur quoi asseoir son jugement. »

Machiavel, Le Prince (1513), chapitre 18,   » Comment les princes doivent tenir leur parole. »

Le texte du dimanche (51)

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Le tyran n’aime jamais…

Posté par corto74 le 30 janvier 2011

Le tyran n'aime jamais... dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

salvador-dali-premonition-de-la-guerre-civile dans zOne Dimanche cuLture !… et jamais n’est aimé. 

Certainement le tyran n’aime jamais et jamais n’est aimé. L’amitié, c’est un nom sacré, c’est une chose sainte : elle ne peut exister qu’entre gens de bien, elle naît d’une mutuelle estime, et s’entretient non tant par les bienfaits que par bonne vie et mœurs. Ce qui rend un ami assuré de l’autre, c’est la connaissance de son intégrité.

Il a, pour garants, son bon naturel, sa foi, sa constance; il ne peut y avoir d’amitié où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l’injustice. Entre méchants, lorsqu’ils s’assemblent, c’est un complot et non une société. Ils ne s’entretiennent pas, mais s’entrecraignent. Ils ne sont pas amis, mais complices.

Or, quand bien même cet empêchement n’existerait pas, il serait difficile de trouver en un tyran une amitié solide, parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant point de pair, il se trouve déjà au-delà des bornes de l’amitié, dont le siège n’est que dans la plus parfaite équité, dont la marche est toujours égale et où rien ne cloche. Voilà pourquoi il y a bien, dit-on, une espèce de bonne foi parmi les voleurs lors du partage du butin, parce qu’ils sont tous pairs et compagnons, et s’ils ne s’aiment, du moins, ils se craignent entre eux et ne veulent pas, en se désunissant, amoindrir leur force.

Mais les favoris d’un tyran ne peuvent jamais se garantir de son oppression parce qu’ils lui ont eux-mêmes appris qu’il peut tout, qu’il n’y a, ni droit, ni devoir qui l’oblige, qu’il est habitué de n’avoir pour raison que sa volonté, qu’il n’a point d’égal et qu’il est maître de tous. N’est-il pas extrêmement déplorable que malgré tant d’exemples éclatants et un danger si réel, personne ne veuille profiter de ces tristes expériences et que tant de gens s’approchent encore si volontiers des tyrans et qu’il ne s’en trouve pas un qui ait le courage et la hardiesse de lui dire ce que dit (dans la fable) le renard au lion qui contrefaisait le malade : «J’irais bien te voir de bon cœur dans ta tanière; mais je vois assez de traces de bêtes qui vont en avant vers toi, mais de celles qui reviennent en arrière, je n’en vois pas une.»

Discours de la servitude volontaire. Etienne de la Boétie (1530-1563).

Le texte du dimanche (50)

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L’arrivée à New York

Posté par corto74 le 23 janvier 2011

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celine dans zOne Dimanche cuLture !Ben, oui, forcément, ce dimanche serait consacré à Céline. L’auteur que l’on ne peut pas célébrer, celui qu’il faudrait oublier

 

Le Céline caustique: « Ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde.»

Le Céline cynique: « La merde a de l’avenir. Vous verrez qu’un jour on en fera des discours. »

Le Céline réaliste: « Je voudrais voir un peu Louis XIV face à un « assuré social »… Il verrait si l’Etat c’est lui ! »

Le Céline… antisémite !

 

 

 

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« Pour une surprise, c’en fut une. À travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu’on découvrait soudain que nous nous refusâmes d’abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu’on était on s’est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous…

Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.
On en a donc rigolé comme des cornichons. Ça fait drôle forcément, une ville bâtie en raideur. Mais on n’en pouvait rigoler nous du spectacle qu’à partir du cou, à cause du froid qui venait du large pendant ce temps-là à travers une grosse brume grise et rose. et rapide et piquante à l’assaut de nos pantalons et des crevasses de cette muraille, les rues de la ville, où les nuages s’engouffraient aussi à la charge du vent. Notre galère tenait son mince sillon juste au ras des jetées, là où venait finir une eau caca, toute barbotante d’une kyrielle de petits bachots et remorqueurs avides et cornards.

Pour un miteux, il n’est jamais bien commode de débarquer de nulle part mais pour un galérien c’est encore bien pire, surtout que les gens d’Amérique n’aiment pas du tout les galériens qui viennent d’Europe. C’est tous des «  anarchistes  » qu’ils disent. Ils ne veulent recevoir chez eux en somme que les curieux qui leur apportent du pognon, parce que tous les argents d’Europe, c’est des fils à Dollar.

J’aurais peut-être pu essayer, comme d’autres l’avait déjà réussi, de traverser le port à la nage et de me mettre à crier : « Vive Dollar ! Vive Dollar ! » C’est un truc. Y a bien des gens qui sont débarqués de cette façon-là et qui après ça ont fait des fortunes. C’est pas sûr, ça se raconte seulement. Il en arrive dans les rêves des biens pires encore. Moi j’avais une autre combinaison en tête, en même temps que la fièvre. »

Louis-Ferdinand Céline, L’arrivée à New York, Voyage au bout de la nuit.

Le texte du dimanche (49)

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A propos de testicules…

Posté par corto74 le 16 janvier 2011

A propos de testicules... dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

 dans zOne Dimanche cuLture !« Ce mot est scientifique et un peu obscène; il signifie petit témoin. Voyez dans le grand Dictionnaire encyclopédique les conditions d’un bon testicule, ses maladies, ses traitements.

Sixte-Quint, cordelier devenu pape, déclara en 1587, par sa lettre du 25 juin à son nonce en Espagne, qu’il fallait démarier tous ceux qui n’avaient pas de testicules. Il semble par cet ordre, lequel fut exécuté par Philippe II, qu’il y avait en Espagne plusieurs maris privés de ces deux organes. Mais comment un homme qui avait été cordelier pouvait-il ignorer que souvent des hommes ont leurs testicules cachés dans l’abdomen, et n’en sont que plus propres à l’action conjugale? Nous avons vu en France trois frères de la plus grande naissance, dont l’un en possédait trois, l’autre n’en avait qu’un seul, et le troisième n’en avait point d’apparents; ce dernier était le plus vigoureux des frères.

Le docteur angélique, qui n’était que jacobin, décide que deux testicules sont de essentia matrimonii, de l’essence du mariage; en quoi il est suivi par Richardes, Scotus, Durandus, et Sylvius.

Si vous ne pouvez parvenir à voir le plaidoyer de l’avocat Sébastien Rouillard, en 1600, pour les testicules de sa partie enfoncés dans son épigastre, consultez du moins le Dictionnaire de Bayle, à l’article Quellenec; vous y verrez que la méchante femme du client de Sébastien Rouillard voulait faire déclarer son mariage nul, sur ce que la partie ne montrait point de testicules. La partie disait avoir fait parfaitement son devoir. Il articulait intromission et éjaculation; il offrait de recommencer en présence des chambres assemblées. La coquine répondait que cette épreuve alarmait trop sa fierté pudique; que cette tentative était superflue, puisque les testicules manquaient évidemment à l’intimé, et que messieurs savaient très bien que les testicules sont nécessaires pour éjaculer.

J’ignore quel fut l’événement du procès; j’oserais soupçonner que le mari fut débouté de sa requête, et qu’il perdit sa cause, quoique avec de très bonnes pièces, pour n’avoir pu les montrer toutes.

Ce qui me fait pencher à le croire, c’est que le même parlement de Paris, le 8 janvier 1665, rendit arrêt sur la nécessité de deux testicules apparents, et déclara que sans eux on ne pouvait contracter mariage. Cela fait voir qu’alors il n’y avait aucun membre de ce corps qui eût ses deux témoins dans le ventre, ou qui fût réduit à un témoin; il aurait montré à la compagnie qu’elle jugeait sans connaissance de cause.»

Testicules, prépuces et autres culs. Extraits du Dictionnaire Philosophique. Voltaire (1694 – 1778).

Le texte du dimanche (48)

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

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