Paroles de rats – Le texte du dimanche (9)

Posté par corto74 le 14 mars 2010

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m078401_0001854_p dans zOne Dimanche cuLture !Qui mieux que La Fontaine pouvait étudier avec une telle acuité l’Homme et ses contemporains ? Nous pourrions relire, aujourd’hui, chacune de ses fables et se dire, sourire pointant: quel visionnaire !

« Conseil tenus par les rats.

Un Chat, nommé Rodilardus
Faisait des Rats telle déconfiture
Que l’on n’en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu’il en restait, n’osant quitter son trou,
Ne trouvait à manger que le quart de son sou,
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
Non pour un Chat, mais pour un Diable.
Or un jour qu’au haut et au loin
Le galant alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat qu’il fit avec sa Dame,
Le demeurant des Rats tint chapitre en un coin
Sur la nécessité présente.
Dès l’abord, leur Doyen, personne fort prudente,
Opina qu’il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
Qu’ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis, ils s’enfuiraient en terre ;
Qu’il n’y savait que ce moyen.
Chacun fut de l’avis de Monsieur le Doyen,
Chose ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d’attacher le grelot.
L’un dit : « Je n’y vas point, je ne suis pas si sot »;
L’autre : « Je ne saurais. »Si bien que sans rien faire
On se quitta. J’ai maints Chapitres vus,
Qui pour néant se sont ainsi tenus ;
Chapitres, non de Rats, mais Chapitres de Moines,
Voire chapitres de Chanoines.
Ne faut-il que délibérer,
La Cour en Conseillers foisonne ;
Est-il besoin d’exécuter,
L’on ne rencontre plus personne. »

Jean de La Fontaine ( 1621/1695 ) - Fables – Livre II – Illustration d’Auguste Delierre

74163635jean-de-la-fontaine-jpgD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

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La femme assise… – Le texte du dimanche (8)

Posté par corto74 le 7 mars 2010

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revolution1848 dans zOne Dimanche cuLture !… Chronique de France et d’Amérique, extrait de  » La femme assise «  de Guillaume Apollinaire.

« … La constitution morale des nations européennes est si différente de celle qui régit les Américains que je ne sais si vous comprendrez les motifs des luttes intestines qui divisent les Français. Ici, rien n’est véritablement démocratique ; l’Egalité qui est inscrite sur les façades des édifices publics n’est souhaitée par aucune classe de la population.

Chez nous, tout est issu du populaire : la religion, les arts le pouvoir et la richesse. La nation américaine est une échelle dont les degrés égaux entre eux n’offrent à l’observateur qu’une différence d’élévation. Et cette parabole demeure aussi véritable dans le monde spirituel que dans le monde matériel. De temps en temps on retourne l’échelle et rien n’est changé.

En France, au lieu d’une seule échelle, on en trouverait plusieurs destinées à gravir la même cime. Chaque classe de la population, pour m’exprimer d’une manière plus directe, forme ici un Etat dans la nation, un Etat avec son aristocratie, sa bourgeoisie et sa plèbe, les arts sont organisés en cette guise et ne connaissent pas cette unité démocratique que l’on admire chez nous ; les sciences et les métiers sont divisés selon ce système. L’art de la guerre n’est pas compris autrement. La science des fortifications même a trouvé, chose invraisemblable, une application plébéienne dans la barricade, et, tandis que les guerriers savants, portant très haut l’enseignement qu’ils tiennent des ingénieurs italiens du XVème et XVIème siècle, continuent d’appliquer leurs connaissances au perfectionnement des fortifications, le peuple a inventé la barricade, forteresse improvisée et imprévue, faite de pavés, de poutres, de tonneaux, d’omnibus renversés, de paniers et de matelas. Ces remparts montent parfois jusqu’à la hauteur d’un deuxième étage et il est arrivé que les défenseurs de ces informes amas de débris et de matériaux disparates aient eu raison des troupes régulières et de l’artillerie… »

Guillaume ApollinaireLa Femme assise, roman inachevé, édition posthume, Gallimard, 1920.

apollinaire2D’accord, pas d’accord: Envoyez vos propositions de texte du dimanche à :   atoilhonneur@voila.fr

 

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Une lectrice de Proust – Le texte du dimanche (7)

Posté par corto74 le 28 février 2010

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la_lecture_-_picasso1 dans zOne Dimanche cuLture ! » A Gaspard,

Il y a bien longtemps, j’avais de temps à autre la visite de monsieur Fournel. Monsieur Fournel était un homme d’une quarantaine d’années élégant et affable. Il se présentait avec une énorme serviette de cuir. Il vendait des livres en éditions de luxe. Je le recevais dans mon salon-chambre-à-coucher et nous bavardions. Enfin, quand je dis nous bavardions, c’était surtout moi qui bavardais. Lui, me regardait gentiment de ses bons yeux marron un peu exorbités, cernés de bistre. Je n’avais quitté le pensionnat des soeurs de Saint-Joseph que depuis quelques années et j’avais déjà trois enfants. Aussi lors des visites de monsieur Fournel j’étais heureuse de pouvoir parler « littérature ». En effet ma solide instruction classique en la matière me permettait un pépiement inlassable. A cette époque je pouvais encore réciter des tirades entières de Corneille et Racine, des scènes hilarantes de Molière : « Montre-moi tes mains. Non, pas celles-là, les autres. » etc, des sonnets en veux-tu, en voilà, des auteurs de la Pléïade, jusqu’à Vigny et Lamartine. Pour ce qui est de Baudelaire, Verlaine et Rimbaud, les soeurs les avaient largement expurgés pour protéger nos chastes jeunes âmes. Je me souviens qu’une fois elles nous avaient donné à étudier un poème de Baudelaire « au choix » et au lieu de me jeter sur L’Albatros comme tout le monde, j’avais été déterrer Une charogne de derrière les fagots. Consternation ! Donc, avec tout ça, je pouvais tenir une conversation à monsieur Fournel. Or il arrivait toujours un moment où, profitant du fait que j’étais obligée d’aller ouvrir la porte à un patient de mon mari qui exerçait dans le même appartement, monsieur Fournel ouvrait sa grosse serviette de cuir et en sortait les échantillons magnifiques des livres en préparation chez les éditeurs qu’il représentait. Et c’est ainsi qu’il m’a vendu au fil des années « Le Roman de la Rose » d’après les caractères de l’édition incunable de Jehan du Pré. Illustré par André Hubert et mis en couleurs à la main. Numéroté 244. Bref une merveille. Dans la même collection un fac-simile du livre ayant appartenu à Catherine de Médicis, des poèmes de Charles d’Orléans. Numéro 304. Je crois que ces deux ouvrages sont les fleurons de ma bibliothèque, du moins du point de vue de leur valeur marchande, encore qu’on m’a assuré que les « beaux » livres n’intéressaient plus personne. Avec le temps nous avons pu acquérir l’appartement d’en face, et je recevais monsieur Fournel dans un vrai salon avec canapés, fauteuils et tutti quanti. Bien sûr il m’avait déjà vendu une Bible en quatre volumes dont chacun pesait un kilo et demi sur la balance. Mais là, il avait changé car il me proposa tour à tour, la trilogie de Pagnol illustrée par Dubout, « Justine » de Sade illustrée par Dubout aussi, et, cerise sur le gâteau, à l’intention de mon mari, « Chansons de salle de garde », paroles et musiques, illustré par le même Dubout, qui eut à la maison un succès plus que mérité. Entre temps j’avais eu mon quatrième enfant et on avait fait construire. Je recevais maintenant monsieur Fournel dans ma maison de verre, face à la piscine. Ses livres étaient de plus en plus chers, mon mari faisait de plus en plus la grimace, d’autant que j’avais acheté à prix d’or l’édition complète des oeuvres de Colette en seize volumes dite Edition du Centenaire de Colette, plus les douze volumes adorables, format livre de messe, des Petits maîtres galants du XVIII ème siècle. Donc lors d’une visite de monsieur Fournel où je n’avais rien acheté, voyant sa mine déconfite, je lui dis tout à trac : «  Ecoutez, monsieur Fournel, je n’ai jamais lu Proust. S’il vous arrivait d’avoir une belle édition de Proust, je vous l’achèterais. » Il est parti, un peu mélancolique, disant : « D’accord, d’accord ! » et je ne l’ai plus revu pendant assez longtemps. Or, un beau jour, il se présente à nouveau : « Je vous ai apporté le Proust que vous m’aviez demandé ». Il était aux anges et souriait. Je me souviens de ses « dents du bonheur » jaunies par le tabac. Il me regardait, toujours aussi bienveillant. Moi-même j’étais très heureuse aussi, car ne rien pouvoir dire sur Proust à personne, commençait à être difficile à assumer. Et c’est ainsi que Proust est entré chez moi sous la forme de huit volumes à couverture en toile bleu marine, pesant chacun en moyenne deux kilos et numérotés 1558 (eh oui, je sais bien !). Je crois que c’est la dernière fois que j’ai vu monsieur Fournel qui avait bien compris que la famille avait tourné ses dépenses vers des produits beaucoup plus vulgaires que ce qu’il pouvait nous offrir. J’ai tout de suite vu que si Proust avait mis une vie entière pour écrire son oeuvre, moi, j’allais mettre une vie entière pour la lire. J’ai souvent entendu les gens parler de livres en les comparant à de la pâtisserie : « Lis ce livre, disent-ils, c’est un régal ! ». Proust, lui, peut se comparer à un énorme gâteau comme on en sert dans les mariages à épate. Donc de temps en temps, je me dis : « Et si je me payais une tranche de Proust ! ». J’attends d’être seule à la maison Je sors le livre. Je l’ouvre sur la table et je commence à lire à voix haute. Et c’est un régal. Je ris. Je pleure. Je goûte la musique des phrases. Je jubile du choix des mots. C’est un véritable enchantement. C’est vrai que parfois je triche et je vais plus loin voir ce qu’il s’y passe. Je reconnais que je n’ai certainement pas pris autant de plaisir à lire tout ce que Proust raconte sur Saint-Loup, que lui n’en a eu à l’écrire. Mais bah ! Ce sont des broutilles que je me pardonne. Peut-être vous demandez-vous où j’en suis de ma lecture ? Je n’ai pas encore terminé de lire « Le côté de Guermantes » et « Sodome et Gomorrhe » m’attend. Je ne suis pas pressée. J’ai entendu dire que Françoise Sagan avait commencé la lecture de la Recherche par la fin. Peut-être que moi aussi je vais me lancer dans « Le temps retrouvé » un de ces jours. J’hésite. 

Ah ! Une dernière chose, mon écrivain préféré c’est Emmanuel Bove.  »

Marianne Arnaud, le 21 février 2010 

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Aftalion Alexandre – Le texte du dimanche (6)

Posté par corto74 le 21 février 2010

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2-905344-08-3 dans zOne Dimanche cuLture !Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais entendu parler de ce gars là. Emmanuel Bove, un écrivain français totalement ignoré et pourtant une oeuvre dense et abondante. 2 gillemets pour un  extrait d’une de ses nouvelles…pour découvrir:

Aftalion Alexandre

 » Quatre années durant, Alexandre Aftalion vécut sur le chemin de Paris, se rapprochant peu à peu de la France, peinant dans les gares, les scieries, les dépôts de charbon, les usines, couchant n’importe où, se nourrissant à peine, franchissant, chaque fois qu’il changeait d’emploi, soit à pied ainsi qu’un vagabond, soit dissimulé dans un wagon de marchandises, soit encore sur la carriole d’un paysan, un nouveau bond de quelques kilomètres. Bûcheron, il passa un hiver au milieu d’une forêt des environs de Prague. En compagnie d’autres hommes, il couchait dans une cahute et vivait à l’état de bête sauvage. Au fond de son panier se trouvaient des livres. Et la nuit, lorsque ses voisins reposaient, il faisait de la lumière et lisait. De temps à autre un sourd juron retentissait. Il se hâtait alors de souffler la veilleuse, puis, au bout d’un instant, quand les respirations devenaient régulières, il la rallumait. A Trieste il fut embauché au port. A Milan il demeura trois mois dans  un sous-sol de restaurant. Au moindre instant de répit, il se plongeait dans l’étude. Il ne se liait avec personne. Il craignait que les railleries ne le décourageassent. Le but qu’il s’était fixé il fallait qu’il l’atteignît seul. L’ardeur qu’il mettait à s’instruire était d’autant plus grande que tout s’opposait à sa réussite. Il étudiait en mangeant, parfois même en travaillant. Rien ne le distrayait de ses efforts. Jamais il ne parlait à une femme. Pour tout ce qu’elles apportaient de distractions, de douceur, de plaisir, il les redoutait. Le soir, quand les filles l’accostaient, il s’enfuyait tellement il avait peur de faiblir. Il lui semblait qu’en suivant l’une d’elles, ce serait fini de ses ambitions et que toute sa vie il resterait semblable à ce qu’il était aujourd’hui. Le feu qui brûlait en lui était si pur que, quoi qu’il endurât, il ne se plaignait jamais ni ne se lamentait sur son sort. Pour que personne ne lui fît d’observations, il travaillait plus que tout le monde. Il ne cherchait pas à se représenter le bonheur. L’idée fixe de devenir un docteur, un magistrat, un savant ne le quittait pas. Le reste au monde, n’existait pas pour lui. Il s’était mis en tête d’apprendre le français. Ses nuits, il les passait à traduire des textes, à chercher des mots dans le dictionnaire, et cela, seul, sans aide et sans encouragement. Quand vers trois heures du matin, il s’endormait exténué, les épaules courbaturées, les mains brûlantes, il trouvait encore assez de ressort en lui pour vaincre, deux ou trois heures plus tard, son sommeil, pour se lever et gagner l’atelier où il était employé…  »

Aftalion Alexandre d’ Emmanuel Bove – (1898 – 1945) –  éditions Le Dilettante

main2275D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Avec la participation de Marianne.

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La Verlaine Gaytitude – Le texte du dimanche (5)

Posté par corto74 le 14 février 2010

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Paul_Verlaine_104 dans zOne Dimanche cuLture !Lika et son  » Antoine, jamais « , il y a quelques temps, m’avait mis la puce à l’oreille, Paul Verlaine était un drôle de zigoto. Monument de la poésie française, il ne cesse, au fur et à mesure de mes lectures de m’étonner. Dans son recueil, Hombres, il nous poésie ces écarts amoureux.

« Mille et Tre:

Mes amants n’appartiennent pas aux classes riches :
Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux,
Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêt sont mal chiches
De force assez brutale et de procédés gros.
Je les goûte en habits de travail, cotte et veste;
Ils ne sentent pas l’ambre et fleurent de santé
Pure et simple; leur marche un peu lourde, va preste
Pourtant, car jeune, et grave en l’élasticité;
Leurs yeux francs et matois crépitent de malice
Cordiale et des mots naïvement rusés
Partent non sans un gai juron qui les épice
De leur bouche bien fraîche aux solides baisers;
Leur pine vigoureuse et leurs fesses joyeuses
Réjouissent la nuit et ma queue et mon cul;
Sous la lampe et le petit jour, leurs chairs joyeuses
Ressuscitent mon désir las, jamais vaincu.
Cuisses, âmes, mains, tout mon être pêle-mêle,
Mémoire, pieds, cœur, dos et l’oreille et le nez
Et la fressure, ou gueule une ritournelle,
Et trépigne un chahut dans leurs bras forcenés.
Un chahut, une ritournelle fol et folle
Et plutôt divins qu’infernals, plus infernals
Que divins, à m’y perdre, et j’y nage et j’y vole,
Dans leur sueur et leur haleine, dans ces bals.

Mes deux Charles l’un jeune tigre aux yeux de chattes
Sorte d’enfant de chœur grandissant en soudard,
L’autre, fier gaillard, bel effronté que n’épate
Que ma pente vertigineuse vers son dard.

Odilon, un gamin, mais monté comme un homme
Ses pieds aiment les miens épris de ses orteils
Mieux encore mais pas plus que de son reste en somme
Adorable drûment, mais ses pieds sans pareils!

Caresseurs, satin frais, délicates phalanges
Sous les plantes, autour des chevilles, et sur
La cambrure veineuse et ces baisers étranges
Si doux, de quatre pieds, ayant une âme, sûr !

Antoine, encor, proverbial quant à la queue,
Lui, mon roi triomphant et mon suprême Dieu,
Taraudant tout mon cœur de sa prunelle bleue
Et tout mon cul de son épouvantable épieu.

Paul, un athlète blond aux pectoraux superbes
Poitrine blanche, aux durs boutons sucés ainsi
Que le bon bout ; François, souple comme des gerbes
Ses jambes de danseur, et beau, son chibre aussi !

Auguste qui se fait de jour en jour plus mâle
(il était bien joli quand ça nous arriva)
Jules, un peu putain avec sa beauté pâle.
Henri, me va en leurs conscrits qui, las ! s’en va;

Et vous tous! à la file ou confondus en bande
Ou seuls, vision si nette des jours passés,
Passions du présent, futur qui croît et bande
Chéris sans nombre qui n’êtes jamais assez »

Paul Verlaine – Hombres – 1891

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Zemmour, un porc ? – Le texte du dimanche (4)

Posté par corto74 le 7 février 2010

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sigeimmigitalie_20071023_apx_470__w_ouestfrance_ dans zOne Dimanche cuLture !Hier soir, rentré tardivement, j’assiste, par écran interposé, à une passe d’arme policée entre Eric Zemmour,le poil à gratter et Patrice Leconte, l’abonné aux films sans succès. Assez justement et fable aidant, Leconte, un brin énervé par la critique vinaigrée de sa dernière pièce, traite (voir ici) le Zemmour de porc. Ce Zemmour est bien souvent insupportable sauf qu’il n’écrit pas que des conneries. Dans sa chronique du Figaro daté du 20 janvier, il dégaine et tire sur les magistrats à propos des relaxes d’immigrés clandestins:

«  Au bonheur des passeurs !

 Les lecteurs du Camp des saints n’ont pu retenir un rictus en voyant les images de ces 123 Kurdes débarquant sur les plages corses. Dans son livre prophétique, écrit il y a près de quarante ans, Jean Raspail imaginait l’arrivée irrésistible de centaines de milliers d’Indiens sur les plages de Provence. L’ONU évalue à 200 millions le nombre de migrants à travers le monde. Raspail croyait à l’invasion de la misère. Les prix exigés par les mafias de passeurs sont tels que ce ne sont pas les miséreux qui peuvent partir. Comme s’il valait mieux être pauvre dans un pays riche que riche dans un pays pauvre. En revanche, Raspail montrait fort bien le désarroi des politiques, et l’activisme militant pour empêcher toute réaction des pays d’accueil… forcé. La libération des Kurdes ne doit pas surprendre. Depuis vingt ans, certains magistrats, surtout ceux du Syndicat de la magistrature, utilisent tous les moyens de procédure, mais aussi les grands principes des droits de l’homme, ou les conventions internationales, pour saper le travail de Sisyphe des policiers. Sur les 100 000 clandestins arrêtés désormais par an, les juges en libèrent près de la moitié. Soutenus par les médias, ils agissent au nom d’un internationalisme révolutionnaire qui estime que tout étranger est un citoyen du monde qui a le droit de s’établir où il le désire. Comme si ces juges – et les médias – se trompaient de siècle en utilisant le droit, la liberté de la presse, ou encore les principes surannés du droit d’asile, pour contenir la puissance des Etats. Aujourd’hui, c’est la faiblesse des Etats – face aux grandes entreprises comme face aux mafias – qui est source de malheur. Ces magistrats ont oublié la grande leçon des Romains, inventeurs après tout de notre droit : «Summum jus, summa injuria». A savoir : un excès de droit a pour conséquence la plus grande injustice.«  Eric Zemmour.

zemmourD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

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Peuple souverain ? – Le texte du dimanche (3)

Posté par corto74 le 31 janvier 2010

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Marianne dans zOne Dimanche cuLture !Comme quoi, il y a des textes qui ne devraient jamais tomber aux oubliettes. Je ne l’avais jamais lu jusqu’à présent. Ces bonnes intentions fondatrices devraient être sans cesse mises en amont de toutes décisions prises par nos chers élus.

Préambule de la constitution du 27 octobre 1946:

« Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et les libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des Droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.  

Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :
La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme. Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République.
Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.
Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.
Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.
Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.
La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.
La Nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales.
La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État.
La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.
Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à l’organisation et à la défense de la paix.
La France forme avec les peuples d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion.
L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.
Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus.
  »
 

coluche-rireD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

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Sales jeunes – Le texte du dimanche (2)

Posté par corto74 le 24 janvier 2010

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 dans zOne Dimanche cuLture !

On ne peut pas oublier Pierre Desproges et ses textes corrosifs et… je n’ai pas choisi le pire :)

- « Et vous, qu’est-ce que vous avez fait pour les jeunes ? » lançait l’autre soir Jack Lang, cette frétillante endive frisée de la culture en cave, à l’intention de je ne sais plus quelle poire blette de la sénilité parlementaire.
« Qu’est-ce que vous avez fait pour les jeunes ? » Depuis trente ans, la jeunesse, c’est-à-dire la frange la plus totalement parasitaire de la population, bénéficie sous nos climats d’une dévotion frileuse qui confine à la bigoterie. Malheur à celui qui n’a rien fait pour les jeunes, c’est le péché suprême, et la marque satanique de la pédophobie est sur lui. Au fil des décennies, le mot « jeunes » s’est imposé comme le sésame qui ouvre les voies de la bonne conscience universelle. Le mot « vieux » fait honte, au point que les cuistres humanistes qui portent la bonne parole dans les ministères l’ont remplacé par le ridicule « personnes agées » comme si ces ampaffés de cabinet avaient le mépris des rides de leurs père et mère. Mais les jeunes ne sont pas devenus des « personnes non agées ». Les jeunes sont les jeunes. Ah, le joli mot.
« Vous n’avez rien contre les jeunes ? » Version à peine édulcorée du répugnant « T’as pas cent balles ? », c’est la phrase clé que vous balancent de molles gouapes en queue de puberté, pour tenter de vous escroquer d’une revue bidon entièrement peinte avec les genoux par de jeunes infirmes. (Je veux dire « handicapés ». Que les bancals m’excusent.)
- Pardon, monsieur, vous n’avez rien contre les jeunes ?
- Si, j’ai. Et ce n’est pas nouveau. Je n’ai jamais aimé les jeunes. Quand j’étais petit, à la maternelle, les jeunes, c’étaient des vieux poilus, avec des voix graves et de grandes main sales sans courage pour nous casser la gueule en douce à la récré.
Aujourd’hui, à l’âge mûr, les jeunes me sont encore plus odieux. Leurs bubons d’acné me dégoûtent comme jamais.
Leurs chambres puent le pied confiné et l’incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques. Et quand ils baisent bruyamment, c’est à côté des trous.
Leur servilité sans faille aux consternantes musiques mort-nées que leur imposent les marchands de vinyle n’a d’égale que leur soumission béate au port des plus grotesques uniformes auquel les soumettent les maquignons de la fripe. Il faut remonter à l’Allemagne des années 30, pour trouver chez les boutonneux un tel engouement collectif pour la veste à brandebourgs et le rythme des grosses caisses.
Et comment ne pas claquer ces têtes à claques devant l’irréelle sérénité de la nullité intello-culturelle qui les nimbe ? Et s’ils n’étaient que nuls, incultes et creux, par la grâce d’un quart de siècle de crétinisme marxiste scolaire, renforcé par autant de diarrhétique démission parentale, passe encore. Mais le pire est qu’ils sont fiers de leur obscurantisme, ces minables.
Ils sont fiers d’être cons.
« Jean Jaurès ? C’est une rue, quoi », me disait récemment l’étron bachelier d’une voisine, laquelle et son mari, par parenthèse, acceptent de coucher par terre chez eux les soirs où leur crétin souhaite trombiner sa copine de caleçon dans le lit conjugal.
Ceci expliquant cela : il n’y a qu’un « ah » de résignation entre défection et défécation.
J’entends déjà les commentaires de l’adolescentophilie de bonne mise :
« Tu dis ça parce que t’es en colère. En réalité, ta propre jeunesse est morte, et tu jalouses la leur, qui vit, qui vibre et qui a les abdominaux plats, « la peau lisse et même élastique », selon Alain Schifres, jeunologue surdoué au Nouvel Observateur.
Je m’insurge. J’affirme que je haïssais plus encore la jeunesse quand j’étais jeune moi-même. J’ai plus vomi la période yéyé analphabète de mes vingt ans que je ne conchie vos années lamentables de rock abâtardi.
La jeunesse, toutes les jeunesses, sont le temps kafkaïen où la larve humiliée, couchée sur le dos, n’a pas plus de raison de ramener sa fraise que de chances de se remettre toute seule sur ses pattes.
L’humanité est un cafard. La jeunesse est son ver blanc.
Autant que la vôtre, je renie la mienne, depuis que je l’ai vue s’échouer dans la bouffonerie soixante-huitarde où de crapoteux universitaires grisonnants, au péril de leur prostate, grimpaient sur des estrades à théâtreux pour singer les pitreries maoïstes de leurs élèves, dont les plus impétueux sont maintenant chefs de choucroute à Carrefour.
Mais vous, jeunes frais du jour, qui ne rêvez plus que de fric, de carrière et de retraîte anticipée, reconnaissez au moins à ces pisseux d’hier le mérite d’avoir eu la générosité de croire à des lendemains cheguevaresques sur d’irrésistibles chevaux sauvages.

Quant à ces féroces soldats, je le dis, c’est pas pour cafter, mais y font rien qu’à mugir dans nos campagnes !

Dans la série Dimanche Culture, le texte du dimanche, c’était  » Non aux Jeunes  » de Pierre Desproges (Avril 1986).

Merci à Galoune, Bloomdido et Marianne pour leurs propositions étonnantes de textes étonnants !

Vous pouvez proposer le votre pour la semaine prochaine à: atoilhonneur@voila.fr

2212827635_7b7f8e2e11D’accord, pas d’accord: A bon entendeur !

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Le supplicié – Le texte du dimanche (1)

Posté par corto74 le 17 janvier 2010

Le supplicié - Le texte du dimanche (1) dans zOne Dimanche cuLture ! wikio4 Voter !

montsegur_bucher dans zOne Dimanche cuLture !Claude Le Petit, pour « avoir composé, écrit et fait imprimer des textes impies, détestables et abominables contre l’honneur de Dieu et de ses Saints ». fut brulé en place de Grève, à Paris, le 1er septembre 1662. Il avait 23 ans. Il a écrit ce sonnet pour un sodomite qui fut supplicié un an avant lui.

« Amis, on a brûlé le malheureux Chausson,

Ce coquin si fameux, à la tête frisée ;

Sa vertu par sa mort s’est immortalisée :

Jamais on n’expira de plus noble façon.

Il chanta d’un air gai la lugubre chanson

Et vêtit sans pâlir la chemise empesée,

Et du bûcher ardent de la pile embrasée,

Il regarda la mort sans crainte et sans frisson.

En vain son confesseur lui prêchoit dans la flamme,

Le crucifix en main, de songer à son âme :

Couché sous le poteau, quand le feu l’eut vaincu,

L’infâme vers le Ciel tourna sa croupe immonde ;

Et, pour mourir enfin comme il avait vécu,

Il montra, le vilain, son cul à tout le monde. »

Claude Le Petit – 1638 / 1662

Avec l’aimable contribution de Marianne, jamais à court d’idées.

Les textes du dimanches seront les reproductions de poèmes, chansons, textes, discours… qui nous plaisent à faire (re)découvrir. A vous, visiteurs, de commenter, de partager ou de proposer d’autres écrits inspirés…

le-bucher-des-VanitesD’accord, pas d’accord: A toi l’honneur !

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