Ennemi: un mot banni

Posté par corto74 le 18 janvier 2011

Ennemi: un mot banni dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

 dans zOne Le sAc de MarianneForce est de constater que nous sommes attaqués de toute part – on enlève nos ressortissants  qui travaillent pour AREVA au Niger, on tue un jeune homme décidé à faire sa vie en Afrique ainsi que le témoin venu de France pour son mariage avec une Nigérienne, on s’empare par la ruse et l’espionnage de nos secrets industriels -  pour ne donner que des exemples très récents, et nous sommes totalement démunis devant ces situations, parce que depuis des années nous nous sommes persuadés que « la France est l’amie de tous les peuples », ainsi que le proclament nos dirigeants.

Le mot « ennemi » a été banni du vocabulaire français.

Et même lorsqu’il nous arrive encore de « faire la guerre», comme en Afghanistan, on parle plutôt de « participation à des opérations de pacification ».

Cet état de fait a, bien sûr, des avantages : on peut couper allègrement dans les budgets de l’armée. A quoi sert d’entretenir une armée à grands frais, puisque nous n’avons que des amis ?

On peut faire du business avec tout le monde sans se préoccuper de savoir si l’argent ainsi généré ne va pas nourrir des mafias.

On peut aller se prélasser au soleil des dictatures les plus dures, sans le plus petit état d’âme.

Mais il se pourrait bien que les choses ne soient en train de changer, et que les Français ne finissent par comprendre que certains des « amis » de la France, l’ont choisie comme « ennemie».

Or voilà des lustres qu’on avait voulu l’oublier : un ennemi, il faut le combattre ou accepter de disparaître.

C’est semble-t-il le dilemme qui va se poser à nous dans les temps qui viennent. Saurons-nous relever le défi ? Il faut l’espérer mais rien n’est moins sûr. Déjà des voix s’élèvent pour prêcher le remplacement de  ce qu’ils appellent « la guerre à l’ancienne » par des « actions de police », transformant ainsi, les ennemis  en criminels de droit commun.

Mais dix ans après le 11 septembre 2001, chacun sait très bien que le fondamentaliste musulman  considère tous les « autres » comme des sous-hommes qu’il faut exterminer.

Il paraît de plus en plus évident, que c’est cette guerre d’un genre nouveau qui nous attend et qu’il faudra bien mener si on tient encore à notre liberté, si chèrement acquise dans le passé par les générations qui nous ont précédées.

Marianne A., Dans le sac de Marianne (25).

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr 

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 26 Commentaires »

Algérie: Toutes les vérités…

Posté par corto74 le 11 janvier 2011

Algérie: Toutes les vérités... dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

emeute-algerie-243x300 dans zOne Le sAc de Marianne… ne sont pas bonnes à dire !

Le samedi 8 janvier, Slate.fr fait paraître un article signé Chawki Amari, intitulé : « Alger où plus personne ne veut avoir 20 ans », traitant des récentes émeutes de jeunes en Algérie.

« L’Algérie s’embrase, Alger se déchaîne. Dans ce pays habitué aux violences l’Etat commence à paniquer. »

Un seul mot du ministre de la Jeunesse pour expliquer ces émeutes : « manipulation » !

Manipulation de qui ? Pourquoi ? Mystère !

Mais paraît-il qu’il existe « une guerre larvée entre le président Bouteflika, vieux , absent et fatigué, et le général Toufik, vieux et fatigué mais aussi patron indéboulonnable des services secrets… le premier voulant mettre le second à la retraite, le second voulant faire partir le premier. Une guerre de vieux par émeute de jeunes interposée. »

Finalement rien  que du banal dans un pays où le régime se flatte des milliards de dollars qu’il engrange grâce au pétrole  et au gaz, pendant que le peuple qui n’en voit jamais la couleur, crève la faim, se plaint de n’avoir pas de logements décents, et voit son niveau de vie baisser sans cesse.

Un slateur, sous le pseudonyme de Liberteee (avec 3 e), se fend alors d’un commentaire, où il écrit :

« La jeunesse algérienne se réveille enfin, elle exprime un ras-le-bol généralisé d’une société totalement verrouillée, tenue par un pouvoir vieillissant et autoritaire, et où l’ascenseur social est tombé en panne il y a bien longtemps ! On attend une réaction de la France, son silence la rend complice de la dictature algérienne et tunisienne ! Qui ne dit mot consent ! »

Je me crois autorisée à lui répondre : « J’avais cru comprendre que l’Algérie avait gagné son indépendance de haute lutte depuis presque cinquante ans, aidée il est vrai par nombre d’intellectuels français.

Prétendriez-vous que ce n’est pas le cas, et que l’ancien colonisateur honni, devrait avoir son mot à dire dans les affaires algériennes, faute de quoi il se « rend complice de la dictature algérienne ? »

Que croyez-vous qu’il arriva ? Mon commentaire l’on jeta !

Marianne A., Dans le sac de Marianne (24).

untitled.bmpD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Avis !: Nouvelle page en haut, Page spéciale: Le Refuge

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 52 Commentaires »

Liliane Bettencourt, une grande dame!

Posté par corto74 le 4 janvier 2011

Liliane Bettencourt, une grande dame! dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

liliane_bettencourt dans zOne Le sAc de MarianneIl était une fois, dans la France troublée des années 30, une petite fille dont le papa était très riche et dont la maman est morte alors qu’elle n’avait que cinq ans.

Elle s’appelle Liliane. Son papa Eugène Schueller, ancien colporteur, est à la tête de marques aussi prestigieuses que Ambre Solaire, Dop, Monsavon Peinture Valentine et quelques autres réunies sous le nom de L’Oréal qui deviendra une SARL et le premier groupe de cosmétiques au monde. A partir de 1937, Liliane qui a quinze ans, accomplit des stages dans l’entreprise de son papa, pendant que celui-ci non content de brasser des affaires, se mêle aussi de politique. Il est le principal financier d’une organisation terroriste d’extrême droite, tristement célèbre sous le nom de La Cagoule, au service de Marcel Déat, que Léon Blum considéra à un moment comme son dauphin, mais qui néanmoins choisit d’appuyer la politique de Laval et des Allemands, sous la direction d’Eugène Deloncle qui sera assassiné en 1944.

Bien d’autres personnages gravitent dans cette mouvance funeste : André Bettencourt qui dirige l’hebdomadaire collaborationniste « La Terre Française » et qui écrit le 12 avril 1941 : « Les juifs, les pharisiens hypocrites n’espèrent plus. Pour eux l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité de redressement. Pour l’éternité leur race est souillée par le sang du juste. » Pierre Bénouville et François Mitterrand aussi, entre autres, seront d’une grande utilité à Eugène Schueller à la Libération, leurs témoignages non seulement lui permirent d’échapper à l’épuration, mais encore lui mériteront la Croix de Guerre et la Légion d’Honneur. Une partie des dirigeants de La Cagoule seront récompensés en étant intégrés au groupe l’Oréal après la guerre, y compris Fançois Mitterrand.

André Bettencourt, entré à la direction de l’Oréal deviendra le mari de Liliane en 1950, et fera une brillante carrière politique.  En 1953, ils auront une petite fille : Françoise. A la mort de son père en 1957, Liliane, sa fille unique, hérite du groupe L’Oréal et le grand public n’en entendra plus parler jusqu’à la mort de son mari en 2007.

Elle a maintenant 85 ans, elle est connue pour être « la femme la plus riche de France ». Sa fille Françoise a épousé un « discret banquier » né d’une illustre famille juive, en 1948. Deux de ses grands-parents ont péri à Auschwitz. Or, voilà que Françoise traîne sa mère devant les tribunaux au prétexte qu’elle subit l’influence d’un photographe qui était l’ami d’André Bettencourt, et qu’elle accuse de lui extorquer de l’argent. Le but est bien évidemment d’obtenir d’un juge sa mise sous tutelle et ainsi récupérer les droits de vote au conseil d’administration qu’elle avait gardés, bien qu’elle ait fait une donation de toutes ses actions à sa fille et à ses deux petits-fils.

Or Liliane se défendra : elle a toute sa tête, et personne qui ait vu son interview par Claire Chazal ne peut en douter. Le combat de sa fille continuera pourtant. Des enregistrements de conversations privées seront fournis au juge, ainsi qu’un témoignage de sa secrétaire, qui, apprendra-t-on a été payé 400 000 euros par Francoise Bettencourt-Meyers.

Liliane sera alors jetée en pâture à l’opinion publique  par les media qui, entre-temps ont vu aussi un moyen de se débarrasser de Eric Woerth qui doit défendre la réforme de la retraite devant l’Assemblée et dont l’épouse travaille pour Liliane Bettencourt. On crie au scandale, au conflit d’intérêt. Tantôt Liliane est présentée comme une femme entretenant un gigolo de haut vol. Tantôt comme une fraudeuse du fisc qui cache son argent dans des paradis fiscaux. Tantôt enfin, comme une prévaricatrice  qui fournirait des enveloppes d’argent liquide aux hommes politiques et jusqu’à Sarkozy lui-même.

Pendant toute la discussion de la loi sur les retraites à l’Assemblée, Liliane sera traînée dans la boue, et des pancartes à son effigie seront même brandies dans les manifestations anti-réforme.

Puis, contre toute attente, les parties s’étant sûrement rendu compte qu’elles n’auraient rien à gagner dans un procès, elles ont signé un accord de « réconciliation » dont le grand gagnant est Jean-Pierre Meyers qui prend la direction de la holding Téthys qui gère la fortune de sa belle-mère, et le silence médiatique s’est fait sur cette affaire qui, avait duré trois ans et avait coûté son poste à un ministre.

Mais voilà qu’un article de Slate signé Philippe Boggio, nous apprend que « la dame de Neuilly » est la seule de toutes les fortunes françaises à pouvoir rivaliser avec l’altruisme des milliardaires américains, Bill Gates et consorts, donateurs de leur fortune à des oeuvres de bienfaisance. Liliane Bettencourt, écrit-il, discrète philanthrope « celle vers qui devraient converger ces rancoeurs de fin décembre à propos de l’hyper-richesse, puisqu’elle en est devenue la caricature… Cette année encore Liliane Bettencourt a octroyé 552 millions d’euros à la Fondation Bettencourt-Schueller… Sur les dividendes qu’elle perçoit de L’Oréal, 30 millions sont rétrocédés, chaque année à des associations diverses. « La fondation est de loin le fonds familial le plus important du pays . »

« En cela , l’héritière d’Eugène Schueller se distinguait déjà des hyper-riches empressés de faire fructifier leur capital et décidés à rester sourds aux besoins de financement d’associations caritatives ou d’ONG. »

Honte aux requins de notre classe mediatico-politique qui se sont permis sans vergogne, de prendre pour cible de leur hargne politique, une grande dame de 88 ans, qui n’avait pas mérité le traitement inhumain qu’ils lui ont fait subir.

Marianne A., Dans le sac de Marianne (23).

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 37 Commentaires »

Artistes et musiciens de rue

Posté par corto74 le 28 décembre 2010

Artistes et musiciens de rue dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter ! 011 dans zOne Le sAc de Marianne                                     

« J’aimerais contenter les foules, oui, j’aimerais ! Parce qu’elles vivent et qu’elles nous font vivre. Voici nos tréteaux installés, nos planches à peine fixées, et ils sont déjà là, tranquilles, le sourcil dressé, l’oeil écarquillé, tout prêts à s’émerveiller. Et chacun d’eux se promet une fête… Et ce miracle qui touche et réunit tant d’êtres si divers, c’est l’ouvrage du poète. » 

Goethe, extrait du Prélude sur le théâtre qui introduit Faust (traduction Michel Bataillon)

Contenter les foules, tel était le rôle des artistes au temps de l’âge d’or de notre culture européenne ! Mais aujourd’hui, où notre culture est organisée par un ministère, les artistes sont les otages de l’état qui détient le nerf de la guerre : l’argent. La plus grande partie des financements est absorbée par les grandes machines subventionnées : maisons d’opéra, théâtres nationaux, etc., les collectivités locales s’occupant des théâtres et associations artistiques de province.

On peut dire qu’à cet égard c’est le plus grand arbitraire qui prévaut, les projets artistiques étant tributaires des changements politiques. Je n’en veux pour preuve que ce festival des « Musiques de rues » de Besançon qui, après deux ans d’efforts payés par un réel succès populaire dépassant de loin, et les limites de la ville, et les limites de la région, a été obligé d’annoncer à son public, à l’occasion de la troisième performance, que ce serait la dernière, la nouvelle municipalité socialiste ayant décidé d’annuler ce festival de rue, populaire et gratuit.

Ajoutez à cela la modification du statut des intermittents du spectacle, demandée par le MEDEF, négociée et signée de manière déloyale par un syndicat minoritaire, qui, en s’attaquant aux artistes s’en est aussi pris à leurs employeurs : les petits patrons du secteur culturel faisant travailler plus de 80 % des artistes du pays !

Pour faire bonne mesure on a aussi coupé dans les budgets alloués à la culture et les petits propriétaires de salles ont été dans l’incapacité de rémunérer les artistes. Il se sont alors contentés de louer leurs salles à des maisons de production qui  y produisirent leurs propres artistes.

Et c’est ainsi que des milliers d’artistes ont été jetés à la rue, seul espace de liberté qui leur reste, et où ils jouent gratuitement.

Si au détour d’une rue ou d’une place, tu croises la route d’un musicien, passant, arrête-toi et écoute-le : il a besoin de toi, mais toi, tu as peut-être encore plus, besoin de lui. Il te rappellera que, comme l’écrit Cassandre sur son blog, relayé par Didier Goux :

«En Occident et tout particulièrement en France, la rue citadine a toujours été un lieu d’étonnements et de découvertes, un lieu de plaisir et de spectacle, un lieu d’échanges et de mélanges  où hommes et femmes, jeunes et vieux, riches et pauvres, compatriotes et étrangers sont heureux de se côtoyer et le font paisiblement, bref, un lieu civilisateur par excellence.» 

Image de prévisualisation YouTube

Bonne fin d’année à tous !

Marianne A., Dans le sac de Marianne (22)

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 31 Commentaires »

Rumba dans les comités d’entreprise

Posté par corto74 le 21 décembre 2010

Rumba dans les comités d'entreprise dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

DELEGUE+CE+BD dans zOne Le sAc de MarianneQui n’a un jour rêvé, en entendant un parent ou un ami raconter ses séjours au ski, dans les Alpes ou les Pyrénées, ou les colonies de vacances où il envoie ses enfants, dans un château en Bretagne ou en Provence, le tout contre la valeur d’une bouchée de pain, grâce à son comité d’entreprise ?

Eh bien, il se pourrait que les choses changent !

Car, comme dit la chanson :  « Y a d’la rumba dans l’air » au sein des comités d’entreprise !

Déjà en 2007, il y avait eu ce rapport de la Cour des comptes, « au vitriol », concernant la caisse centrale d’activités sociales (CCAS) d’EDF qui concluait : « de profonds changements doivent être apportés à l’organisation et au fonctionnement des institutions sociales… »

Or trois ans plus tard, la Cour des comptes dresse, selon le journal Les Echos, un « tableau surréaliste » de cet organisme géré par la CGT.

Le budget du CCAS d’EDF s’élève à 470 millions d’euros, prélevés à hauteur de 1%, sur les factures de gaz et l’électricité des clients d’EDF. Au cours des dix dernières années, le budget du CCAS s’est accru de 100 millions d’euros ! Malgré cela sa situation financière n’a jamais été aussi fragile, puisqu’il était même prévu que la caisse présente un déficit de 70 millions, fin 2010.

Les magistrats ne peuvent que constater que, malgré leurs préconisations de 2007, les choses sont allées de mal en pis, puisque fin 2009 le CE d’EDF comptait 3 929 collaborateurs permanents, contre 3 800 en 2008 et 3 541 en 2007.

On ne devrait pas être loin de la mise en examen.

Bien d’autres comités d’entreprise sont mis en cause également, ainsi Air France, budget 93 millions, qui subit comme dit Le Figaro : « un naufrage financier sur fond de guerre syndicale ».

France Télécom, budget 160 millions, qui va terminer l’année avec un déficit de 5 millions, ce qui n’empêche pas un délégué syndical CFE-CGC d’affirmer : « En 2009 on a frôlé la catastrophe et en 2010 on va avoir un tel excédent que l’on distribue des chèques-vacances gratuitement aux salariés pour vider les comptes. ». 

Allez y comprendre quelque chose !

A la SNCF, budget 92 millions, et à la RATP, budget 83 millions, la Cour des comptes a découvert des détournements de fonds au profit des syndicats.

Toutes ces institutions ont en commun, d’avoir à gérer des sommes colossales qui sont détournées au bénéfice des syndicats-maison, quelques fois même, pour barrer la route à des syndicats plus radicaux. Ainsi en est-il apparemment à la RATP, où le syndicat SUD-rail a déposé une plainte contre X pour abus de confiance.

Or aucun contrôle par les entreprises n’est possible puisque les accords sociaux sont « inscrits dans le marbre », ces dernières n’ont donc aucun droit de regard sur la gestion des syndicats. On ne peut qu’attendre les enquêtes officielles pour constater l’étendue des dégâts. 

Et puis, nous explique-t-on aussi, trop souvent les entreprises se sont servies des CCE pour acheter la paix sociale, d’autant que les avantages accordés aux salariés représentent une rémunération supplémentaire, non imposable, qui compense un peu le gel des salaires dû aux 35 heures.

Je  souhaite à tous, un joyeux Noël, que ce soit sous le sapin d’un comité d’entreprise, ou pas.

Marianne A., Dans le sac de Marianne (21)

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 33 Commentaires »

Un train peut en cacher un autre !

Posté par corto74 le 14 décembre 2010

Un train peut en cacher un autre ! dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

1315852123 dans zOne Le sAc de MarianneSur tous les media on n’entend parler que de ces contrats annulés, concernant notre avion Rafale.

Depuis des années, chaque fois que le Président français se rend à l’étranger pour signer des accords concernant la vente d’avions Rafale, on apprend dès son retour, que le contrat est annulé.

Que s’est-il donc passé ?

Tout simplement que, pendant que le Président est dans l’avion du retour, Obama passe un petit coup de fil à notre acheteur potentiel, et pfuitt… plus de contrat  !

Il faut reconnaître que c’est une manière pour le moins étrange de remercier « le plus américain des présidents européens », celui qui est rentré dans l’OTAN au grand dam d’une partie de son opinion publique !

Mais pour les Américains, business is business, c’est bien connu.

Cependant c’est une autre histoire de contrats qui a fait beaucoup moins de bruit pour l’instant, qui m’a interpelée aussi.

Il s’agit des contrats pour les trains à grande vitesse des Etats-Unis.

Les Etats-Unis, en effet, s’apprêtent à ouvrir deux lignes à grande vitesse, l’une allant de Tampa à Orlando, en Floride, et l’autre de  Sacramento à Los Angeles en Californie.

Sont sur les rangs : le Français, les Allemands, le Japonais, les Espagnols, les Italiens, et que sais-je encore.

Or quelle n’a pas été la stupéfaction de la SNCF d’apprendre qu’une  des plus anciennes organisations juives des Etats-Unis (AJC), s’attaque sévèrement à la France et s’oppose à sa candidature au motif du rôle de la SNCF dans l’acheminement des Juifs vers les camps, durant l’occupation nazie !

Le président de la SNCF, monsieur Pepy, a dû exprimer « sa profonde peine et son regret pour la conséquence d’actes » réalisés « sous la contrainte ».

Mais cela ne suffit pas à nos amis américains qui eux, en matière de droits de l’Homme, n’ont jamais eu à se reprocher que des broutilles – un génocide d’Indiens par ci, un massacre au napalm, de Vietnamiens par là – exigent  que, soixante-dix ans après les faits, alors qu’elle subissait l’occupation la plus dure de son Histoire, la France se couvre la tête des cendres de la repentance.

Or en France Annette Wieviorka, dans l’Histoire n° 316 de janvier 2007, écrit : « Il est indéniable que la SNCF a été l’un des rouages de la déportation et de la solution finale. (…) Les agents de la SNCF ont-ils eu pour autant le pouvoir de décider des conditions des transferts et des déportations ?(…) la réponse est négative. »

Dans une tribune d’Arno Klarsfeld publiée dans  Le Figaro, daté du 30 novembre 2010, intitulée « Non, la SNCF n’a pas à rougir du rôle qu’elle a joué sous l’Occupation » il conclut en écrivant : « Cette pression américaine sur la SNCF souille la mémoire des 1647 cheminots fusillés ou déportés sans retour. Elle efface le rôle des autorités allemandes et de l’Etat français de Vichy et dilue la responsabilité de ceux qui se sont chargés de la déportation des Juifs de France. La SNCF doit faire face à la pression exercée sur elle aux Etats-Unis en s’appuyant sur la vérité historique… et non en courbant l’échine comme si elle était coupable. »

On n’ose imaginer que tout ceci ne soit organisé que pour favoriser la candidature de l’Allemagne, mais avouez que cela ne manquerait pas de sel !

Marianne A., Dans le sac de Marianne (20).

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 48 Commentaires »

Les Picasso sont dans le garage !

Posté par corto74 le 7 décembre 2010

Les Picasso sont dans le garage ! dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

 dans zOne Le sAc de MariannePoum, poum, poum, pouououm !

Poum, poum, poum, pouououm !

Ici Londres, les Français parlent aux  Français !

Les carottes sont cuites – Le petit chat est mort – Les Picasso sont dans le garage – je répète –

Les Picasso sont dans le garage ! …

Ah oui, c’est bien !  Ne faites pas attention, c’était juste un petit essai pour me faire plaisir !

Revenons en 2010 !

 

Un septuagénaire conservait depuis quarante ans dans son garage, 271 oeuvres de Picasso qui lui auraient été données par Jacqueline Picasso, en personne, du temps où il faisait des travaux d’électricité chez le peintre, à Mougins. 

C’est en tous cas ce qu’il a raconté à Claude Picasso, fils du peintre, chez qui il a débarqué un beau jour avec sa femme, traînant derrière lui une valise à roulettes où il avait placé son trésor.

Tout le monde a d’abord cru à une bonne blague, mais bientôt il fallut se rendre à l’évidence : la valise contenait des « oeuvres majeures » que pourraient se disputer les plus grands musées du monde. Des oeuvres réalisées entre 1900 et 1932 où figurent des portraits, des paysages, des gouaches, des collages, le tout pour une valeur estimée à 60 millions d’euros et sans doute beaucoup plus.

Arrivées à ce stade, les choses se gâtent pour nos septuagénaires car les héritiers du grand peintre qui n’ont eu à se donner que la peine de naître pour devenir immensément riches, grâce à leur père ou grand-père, ne voient pas d’un bon oeil leur échapper ce petit supplément à leur magot. N’écoutant que le sang Picasso qui coule dans leurs veines, et forts de ce qu’ils pensent être leur bon droit, ils déposent une plainte contre le vieil électricien et sa femme, au motif que : « Picasso a toujours été conscient de la valeur et de l’importance de son oeuvre… Il est aberrant d’imaginer qu’il ait pu faire de tels dons à des personnes qui n’ont jamais été identifiées comme ses amis. »

Le couple a beau crier à qui veut les entendre, qu’ils ne sont pas des voleurs, ils sont mis en garde à vue. Finalement ils sont relâchés, sans qu’aucune charge ne soit, pour l’heure, retenue contre eux.

En attendant que la justice puisse se prononcer sur ce mystérieux casse-tête, la collection, elle, a été mise à l’ombre dans un coffre de Nanterre.

Poum, poum, poum, pouououm !

Les blogueurs parlent aux blogueurs !

Les Picasso étaient dans le garage !

Marianne A., Dans le sac de Marianne (19)

D’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 48 Commentaires »

Je blogue démagogue

Posté par corto74 le 30 novembre 2010

Je blogue démagogue dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

reflechir-a-ce-que-lon-va-ecrire dans zOne Le sAc de MarianneJe n’avais pas mesuré toute la responsabilité prise, lorsque j’ai accepté d’occuper la fenêtre du mardi au mercredi, sur le blog de Corto.

Il vaut mieux, en effet, avoir un résultat convenable, c’est-à-dire un nombre de lecteurs appréciable. Pour mardi dernier, le verdict  du « Maître des clés » est tombé : « Peut mieux faire mais c’est pas mal du tout ». Gentil, très gentil, mais de quoi vous déclencher, tout de même, un sacré trac pour le mardi suivant.

Quel sujet aborder aujourd’hui, pour attirer le plus grand nombre de lecteurs ?

Le discours de Fillon à l’Assemblée ? Tous ceux qui en pensaient du bien et tous ceux qui en pensaient du mal, l’ont déjà dit.

L’incroyable pétition de l’Observateur pour obtenir la suppression des notes, à l’école ? Pourquoi  pas ? Mais parler toutes les semaines, d’enfants, sur un blog gay, est-ce une  si bonne idée ?

La suppression du juge d’instruction ? Ce n’est plus d’actualité.

La crise de l’euro, la tension entre les deux Corée ? Ces sujets me dépassent.

Lister tous les candidats du PS, à la primaire de la présidentielle, la « boufonnerie rose » ? Impossible, c’est la chasse gardée de Corto.

Il y aurait bien « l’affaire Karachi », mais quelqu’un a déjà écrit ce qui pouvait se dire de plus drôle sur le sujet : « On ne dit plus, une grosse rétrocommission, on dit, un Kakarachi ! »

Oui, je sais, il y a  ce silence de dix minutes de Villepin, interrogé par le juge Van Ruymbeke. Mais que voulez-vous que je vous dise sur un silence ? Bon ! Villepin a quand même dit au juge qu’il avait des « soupçons » de « financement illicite » de « partis proches » d’Edouard Balladur, mais, a-t-il ajouté, il n’a « aucune preuve formelle ». Bref, il vaut mieux laisser tomber, parce qu’on n’avance pas !

Ah ! Il me vient une idée, mise en pratique par d’éminents blogueurs : citer un paragraphe du livre que je lis en ce moment. Pour l’heure, cela me paraît être une idée merveilleuse ! Alors voilà :

« Quelle bassesse ! Quelle… cochonnitude, quel encochonnaillement… que moi, à la fin de ma vie, dans ma famille, dans mon foyer, je ne sache même pas qui je fréquente, où je suis, que je sois dans ma propre maison comme un chien errant, que je ne puisse me fier à autrui, que ma maison soit une maison de fous… et c’est pour cela que toute mon existence… tous les efforts, les travaux, les soucis, les fatigues, les craintes de toute une vie, que je ne peux ni compter ni me rappeler, des années entières, mon Dieu, des années, avec les mois, les semaines, les journées, les minutes, les secondes, innombrables, ineffaçables, une montagne de secondes arrosée de mes peines… tout ça, pour en venir à ne plus avoir confiance en personne ? Pourquoi ? » 

Merci, monsieur Gombrowicz ! Je crois que cette semaine, grâce à vous, ça va le faire… et si ce n’était pas le cas, ce serait de votre faute !

Marianne A., Dans le sac de Marianne (18)

cosmosD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 14 Commentaires »

Bioéthique et rêves de bébés de rêve

Posté par corto74 le 23 novembre 2010

Bioéthique et rêves de bébés de rêve dans zOne Le sAc de Marianne wikio4 Voter !

2019 dans zOne Le sAc de MarianneNaguère, selon la chanson, les amoureux qui se bécotaient sur les bancs publics, rêvaient aussi au prénom de leur premier bébé. Les bancs publics ont disparu et avec eux ces rêves naïfs qui ont eu tôt fait d’être remplacés par d’autres rêves.

On ne sait plus très bien à quoi rêvent les jeunes hommes, mais les jeunes femmes, elles, nous explique-t-on, rêvent de carrière. Pas question donc de faire des bébés avant d’avoir une place assise et reconnue dans la société.

A cet effet, la pilule du professeur Pincus a fait merveille, et lorsque ce n’était pas suffisant il y avait encore l’IVG de madame Veil pour corriger les embardées intempestives de la nature. Tout cela était bel et bon, grâce à quoi l’âge de faire des bébés n’a cessé de reculer, pour atteindre aujourd’hui la trentaine et même au-delà. Cependant il a fallu se rendre à l’évidence : une femme est moins féconde à trente-cinq ans qu’à vingt-cinq et que, passée la quarantaine, ses chances d’être enceinte sont très amoindries.

Voilà de quoi fracasser bien des rêves. Alors que faire ?

En appeler au professeur Frydmann, le père du premier « bébé-éprouvette » français, dont les travaux ont permis à des milliers de femmes stériles de mettre au monde des bébés par fécondation in vitro (FIV). Or le professeur Frydmann, ainsi que nous l’apprennent les gazettes, vient de « briser un tabou » : il a annoncé qu’il avait été à l’origine de la naissance de jumeaux chez une femme, à partir d’ovocytes congelés, contournant ainsi une législation bioéthique, que lui-même juge « confuse ».

Il va, c’est sûr, ouvrir d’autres perspectives de rêves !

Le professeur est donc invité sur un plateau-télé. Il est coincé entre madame Boutin qui est férocement contre toute intervention médicale quelle qu’elle soit, en matière de procréation; une jeune journaliste bon-chic bon-genre dont on a du mal à saisir la pensée exacte tant sa dialectique est alambiquée; et un homme, la quarantaine, qui se présente comme philosophe.

Le professeur Frydmann aura beau expliquer que ses travaux doivent surtout bénéficier à des femmes malades devant subir un traitement lourd qui risque de les rendre stériles, et à qui il va proposer de prélever des ovocytes et de les « vitrifier », afin qu’elles puissent tout de même avoir des enfants après leur guérison…

Et pourquoi, lui rétorque-t-on,  ne pas accepter aussi que des femmes de vingt-cinq ans puissent faire vitrifier leurs ovocytes, « en attendant de rencontrer le prince charmant » ? (sic). Le « philosophe », lui, veut aller plus loin: pas de discrimination ! Cette avancée de la science doit être étendue à toutes les femmes qui le souhaitent, et, pourquoi pas, jusqu’à celles qui ont soixante ou soixante-dix ans, si elles le désirent. Pour lui le plus important pour un enfant est d’être désiré. Madame Boutin se risque à dire qu’elle n’est pas sûre d’avoir été une enfant désirée, mais qu’elle avait reçu beaucoup d’amour de la part de ses parents, alors qu’il pouvait arriver que…

Elle ne peut pas achever sa phrase, la cause est entendue : le désir, le désir, un point c’est tout.

Le professeur Frydmann est visiblement gêné. Il risque quelques mots sur la dangerosité de la grossesse à partir d’un certain âge. Il affirme que, quant à lui, il ne favorisera jamais une grossesse au-delà de quarante-neuf ans.

On ne l’écoute plus : c’est trop dur à entendre, surtout qu’à l’étranger tout est différent !

Une Indienne de soixante-dix ans a mis au monde des jumeaux. En Espagne existe un « grand supermarché procréatif » où des couples français peuvent s’adresser pour bénéficier d’un don d’ovocytes, en profitant d’une RTT. Il leur en coûtera de 4 000 à 9 000 euros, et tant pis si les donneuses sont toujours des jeunes femmes désargentées à qui un don d’ovocytes ne rapporte que 900 euros.

L’émission se termine et on n’a pas parlé des mères porteuses qui, beaucoup l’espèrent, débarrasseront un jour les femmes de cette anomalie de la nature qui veut que ce soit à elles de porter les enfants !

Une révision de la loi bioéthique va être entreprise bientôt : vitrification d’ovocytes, création de banques d’ovocytes, sélection des meilleurs spermatozoïdes, recherche sur l’embryon, gestation pour autrui, tous les sujets vont être étudiés. L’argument du « cela se fait ailleurs » va  jouer  à plein !

Beaucoup souhaiteront que le législateur ménage leurs rêves, alors que d’autres voudront voir  s’éloigner ce qu’ils considèrent être un cauchemar.

Ah ! J’oubliais, mais peut-être n’est-ce qu’un détail sans importance, à aucun moment il ne fut question de l’intérêt de l’enfant.

Marianne A., Dans le sac de Marianne (17)

468895_AZ8T7UY2FJ5185DJLZHLKQB8HOPFSE_a-special-gift-by-choostar_H180116_LD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

( nb: la vidéo de cet entretien est en lien sur le mot « coincé  » )

Publié dans zOne Le sAc de Marianne | 24 Commentaires »

Le destin de Paul

Posté par corto74 le 16 novembre 2010

Le destin de Paul dans ZoNe GaY wikio4 Voter !

Picasso-Mere-et-son-fils dans ZonE HistOires vRaiesPaul avait quatorze ans l’été où son père décida de les quitter. Eux, c’étaient, outre Paul, son frère, ses trois soeurs et leur mère. Il alla s’installer au premier étage de leur vieille maison, celui qui donnait de plain-pied sur la place du village. Eux continuèrent à habiter le rez-de-chaussée qui donnait sur la rue. Il vécut encore vingt-cinq ans, là, au-dessus de leurs têtes, mais aucun ne le revit jamais que mort.

Paul n’était que le second fils, mais le jour où son père monta à l’étage, sa mère lui dit : « Maintenant ce sera à toi de t’occuper de nous. » Paul baissa la tête. Il avait accepté. Il avait laissé sa mère lui voler son destin. Dès cet instant il sentit sur ses épaules tout le poids du fardeau qu’elle y avait mis. Pourtant il savait qu’il ne se déroberait pas : il avait un nouveau destin, un destin choisi par sa mère. En Octobre, il retourna au lycée de la petite ville où il était en pension. Sa vie continua tranquille et morne. C’était un bon élève doux et rêveur.

Aux vacances il revenait au village. Sa mère était contente de lui. Elle lui disait : « Je suis heureuse de voir que je peux compter sur toi. » Il était fasciné par les jeux étranges de ses petites soeurs. Son frère courait déjà les filles. Les années passèrent. Quand il quitta le lycée, une vieille tante s’offrit à l’héberger pour qu’il puisse suivre les cours de l’Ecole supérieure de commerce. Sa mère aurait préféré qu’il cherche tout de suite du travail : elle avait du mal à élever les petites, mais n’insista pas. Elle lui dit seulement : « Pour l’argent, il faudra que tu te débrouilles tout seul. » Il ne se passionna pas à proprement parler, pour ses études, mais y réussit très bien. De plus il occupait plusieurs petits emplois. Le travail ne lui faisait pas peur, si bien qu’il menait une vie qui ne le distinguait en rien de ses camarades. Il n’avait plus le temps d’aller au village aussi souvent. Quand  cela lui arrivait, ce qui le frappait le plus, c’était le changement de ses soeurs. C’était à peine croyable, ce en quoi ces gamines étaient en train de se transformer, là, pratiquement sous ses yeux ! Son frère avait quitté la maison. Sa mère profitait toujours de sa présence pour demander à Paul de l’emmener au bal. Il était fier de la faire danser. Elle était si mince, si blonde, sa peau était si claire et ses yeux si bleus qu’elle ne ressemblait à aucune des femmes de la région. Quand il la regardait ou l’écoutait parler, il se disait, avec indulgence, mais non sans une pointe de condescendance : « C’est bien une femme ! » Les autres femmes, pourtant, il n’avait jamais songé à les regarder. 

Il partit pour l’armée son diplôme en poche. Il était devenu un grand jeune homme à la silhouette élégante.  Son visage était grave et empreint de douceur et ses yeux gardaient en toute circonstance, un fond de tristesse. Il s’accommoda très bien de la vie de caserne. Il devint vite élève officier, puis sous-lieutenant. En écoutant les conversations de ses camarades, il se dit que, peut-être, il était différent des autres. Cela ne le tourmenta pas outre mesure, mais la première fois qu’il éprouva du désir, ce fut pour un homme, alors, quelque chose  en lui bascula dans la panique. Après le service militaire, il revint à la maison. Ses soeurs étaient maintenant de vraies jeunes filles qui se chamaillaient violemment. Sa mère ne changeait pas. Se pouvait-il qu’une femme si belle demeurât toute seule ? Elle se fit conduire au bal et dansa à perdre haleine. 

Cet été-là, il vit beaucoup un de ses cousins. Il en tomba éperdument amoureux. Un jour, celui-ci  lui offrit un triple anneau d’or. Peu de temps après, il l’invita à son mariage. Paul ne s’y rendit pas et évita longtemps de revoir son cousin.  Paul avait maintenant une bonne situation. Il était responsable financier d’une firme  importante. Il était très apprécié pour son travail où il faisait merveille et ses collègues femmes l’adoraient. Il cachait son visage derrière une moustache très belle et très soignée dont il redressait les bouts effilés vers le haut. Elle lui donnait un air conquérant et toute la douceur de sa physionomie s’en trouvait comme abolie. Le jour, il était un employé modèle. La nuit, il fréquentait, ce qu’il faut bien appeler des bouges. Le dimanche il allait au village. Sa mère l’attendait. Il apportait de l’argent. Ses soeurs parlèrent fiançailles, mariage. Il paya les toilettes, il paya les trousseaux. Quand toutes furent mariées et que sa mère se retrouva seule à la maison, il arriva un dimanche, avec une belle émeraude montée en bague. Elle pleura en la voyant. Elle n’avait jamais eu de bague. Elle lui dit : « Je dirais à tes soeurs qu’elle sera pour toi quand je serai morte. » Il la regardait ému. Il n’avait jamais pensé qu’elle pût mourir. Mais c’était vrai qu’elle vieillissait. Physiquement c’était imperceptible, mais par exemple, il y avait longtemps qu’elle n’avait plus demandé à aller au bal. Ce jour-là elle leva les yeux et, désignant le plafond, lui dit : « Il a passé un mauvais hiver : je l’ai entendu tousser chaque jour ! » Paul abasourdi, comprit qu’elle lui parlait de son père. Ainsi, cet  homme  qui les avait abandonnés depuis tant et tant d’années, elle, elle ne l’avait jamais quitté !

Paul avait près de trente ans quand il connut Manolo, un jeune mécano espagnol qui en avait presque dix de moins. Il décida de vivre avec lui et ce furent des années heureuses. Quatre ans plus tard Manolo quitta le garage. Paul lui avait acheté une belle boutique, en plein centre-ville. Paul garda son emploi et s’occupait de la gestion de la boutique. Manolo, lui, en assurait l’animation. Leur association fut un véritable succès. La boutique prospéra. Tout le monde aimait Manolo, le charmeur, tandis qu’on craignait Paul. Dans le milieu des affaires dont il connaissait toutes les arcanes, il passait pour « un à qui on ne la fait pas. » Physiquement il avait changé. Sa silhouette était devenue plus massive, encore qu’il soit resté très svelte. Il portait toujours un grand trench-coat de cuir noir, resserré à la taille par une ceinture. Il cachait sa calvitie sous un feutre, noir également, dont il prenait la peine de toujours rabattre le large bord sur son visage. Il appelait cette tenue son « uniforme ». Ce n’était qu’habillé ainsi qu’il se sentait à l’aise.  Sa mère supporta mal son amitié pour Manolo. Elle se fit de plus en plus exigente. Si un dimanche il n’allait pas la voir, c’étaient des reproches sans fin. Elle l’accablait de tous les problèmes réels ou imaginaires de ses filles, de ses gendres et de ses petits-enfants. Il n’était pas rare qu’il ne se couche pas de la nuit pour pouvoir la mettre, lui-même au train, ainsi qu’elle le voulait, quand il lui prenait la fantaisie de se faire offrir un voyage ou une cure. Jamais il ne se plaignait et il n’avait même pas l’idée qu’il pût lui refuser quoi que ce soit.  L’usure du temps finit par avoir raison de sa liaison avec Manolo. Ils reprirent chacun sa liberté et se quittèrent bons amis. Néanmoins ils restèrent associés et continuèrent à prospérer, possédant deux, puis trois boutiques. 

Un jour que Paul se trouvait à l’autre bout de la France pour ses affaires, on le prévint que sa famille avait téléphoné. Sa mère était morte subitement. Il prit sa voiture comme un fou et se jeta sur l’autoroute inconscient de tout ce qui n’était pas l’atroce souffrance qui lui broyait le cerveau et lui tordait le ventre. Incapable de la maîtriser, il la subissait comme l’aurait subie un animal mortellement blessé. Combien de temps cela dura-t-il ? Par quel miracle une pensée se constitua-t-elle, émergeant de tout ce malheur, et réussit-t-elle à éclater dans son cerveau endolori comme une bulle d’oxygène ? Peu à peu, la souffrance relâcha son étreinte pour faire place à … – comment dire ? Oui  c’était bien ça – à une sorte d’apaisement. Lui, qui ne se rappelait pas avoir jamais pleuré, pleurait maintenant, sans essayer, ni d’arrêter, ni même d’essuyer ses larmes. Il pleura ainsi très longtemps. Quand il arriva au village, il était épuisé mais presque serein. Il ne ressentait plus qu’un profond chagrin pour cette mère tant aimée qui n’était plus. A partir de ce moment-là, tout se passa pour lui, comme dans un rêve absurde. A peine eut-il ouvert la porte de la cuisine qui donnait sur la rue, que sa mère toute vêtue de noir, se précipita vers lui : « Mon pauvre petit, murmurait-elle, n’avais-je pas senti que ton père était malade ? » « Mon père est donc mort aussi ! » pensait-il en embrassant sa mère. Il assista à l’enterrement comme s’il s’était trouvé là par hasard, comme s’il ne s’agissait pas de son père, comme s’il n’était pas le fils. Qui était-il aujourd’hui ?  Après la cérémonie, tous discutèrent âprement de ce qu’il convenait de faire. Paul n’écouta ni n’entendit rien de ce qui se dit. Cela ne l’intéressait pas. Il était ailleurs. Il se disait : « Le moment est venu pour moi de quitter tous ces gens. » Sa famille ? Il les voyait maintenant comme des étrangers. Alors sa mère lui dit : « Paul, la semaine prochaine, il faudra venir me chercher pour m’accompagner chez le notaire ! » Sortant de sa rêverie et la regardant bien droit dans les yeux, il répondit calmement : « Non maman, cela me sera tout à fait impossible. »

Il allait avoir quarante ans.

Marianne A., Dans le sac de Marianne (16)

835ecd7e-0c90-11de-8430-ac51b310344a dans zOne Le sAc de MarianneD’accord, pas d’accord: atoilhonneur@voila.fr

Marianne, fidèle de ce blog nous livre sa version des faits, sa vision du biniou et du monde. Chaque mardi, elle vide son sac !

( illustration: « Mère et son fils » de Picasso )

Publié dans ZoNe GaY, ZonE HistOires vRaies, zOne Le sAc de Marianne | 35 Commentaires »

1234
 

weekend |
blogprotectionanimale |
NATURALITE SAUVAGE |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | jerome2008
| AHL EL KSAR
| pachasirdarlin